Quand Élégie et Anne et le Tigre s’adonnent aux plaisirs virtuels…

Élégie – Photo : Jacques Boivin

C’est samedi soir, un trente sous lancé dans les airs. Mais contrairement à la chanson de Beau Dommage, en ce samedi 15 août, que tu tombes sur pile ou face, c’est sûr que t’avais du fun, pis t’avais pas besoin de t’habiller comme si c’était dimanche matin (ou de t’habiller comme tu veux pis descendre dans l’vieux), parce que ce samedi soir-là, il se vivait du confort de ton foyer.

Vois-tu, y’avait un beau plateau double à L’Anti Bar & Spectacles. Le genre de plateau double qui aurait rempli à craquer la place avec une gang de belles jeunes personnes. C’est pas tous les soirs qu’on te propose, coup sur coup, un p’tit set d’Élégie et d’Anne et le Tigre!

Mais bon, COVID oblige, il est difficile d’organiser un show dans une aussi petite salle que L’Anti devant public quand tout le monde doit techniquement être à deux mètres sur scène, c’est pourquoi Karl-Emmanuel Picard, copropriétaire de la place, a opté pour la présentation de shows virtuels.

Il commence à s’y connaître là-dedans, ce show est le 21e qu’il présente sous cette formule, et à mon arrivée dans le temple du rock de la rue Dorchester, ça paraît! La scène est deux fois plus grande, y’a de l’éclairage partout (une bénédiction pour votre humble photographe), faut juste faire attention de ne pas se placer devant les caméras ou devant le gros moniteur (sorry, Soufiane!).

« On commence dans 15 minutes! »

Y’a personne de trop stressé. La gang d’Élégie, qui monte sur scène en premier, est presque prête. Lawrence se promène avec des coeurs sur les joues pendant que Maxence, vêtu d’une robe qui lui va comme un gant, se fait dessiner des petites fleurs. Les techniciens de son révisent les derniers détails pendant qu’on s’assure que tout va être ben sharp à la vidéo.

Élégie – Photo : Jacques Boivin

20 heures pile, Élégie monte sur scène. Ça fait weird de voir le band monter sur scène à l’heure, surtout dans une salle où 20 heures veut plutôt dire 20 h 30 quand y’a pas de pandémie mondiale… Ça commence fort, comme on pouvait s’y attendre, avec une Affects déchaînée où Lawrence et Maxence se font de beaux tête à têtes comme des boucs en rut pendant qu’Alex, Antoine et Ann-Lydia s’amusent un peu plus tranquillement à l’arrière.

Pendant une grosse demi-heure, Élégie nous balance ses chansons, la plupart tirées de l’excellent Nuances de pourpre. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’a pas droit à du nouveau matériel, aussi disco que punk, juste assez déjanté, toujours sur le 220. Bien sûr qu’on en aurait pris davantage, surtout que dans cette demi-heure, on a senti toute l’évolution qui a mené le projet là où il est aujourd’hui, un projet à l’apparence toujours aussi brouillonne, mais qui est de plus en plus clairement défini, comme un OVNI qui a la soucoupe volante en carton la plus badass de la galaxie.

Ça promet pour le successeur de Nuances de pourpre.

Anne et le Tigre – Photo : Jacques Boivin

Parlant de successeurs, c’est maintenant au tour d’Anne et le Tigre de monter sur scène. La formation menée par Ann-Lydia Plourde et Jérémy Dufour avait également du nouveau à proposer. Encore là, rien pour faire un virage à 180 degrés, mais les morceaux qu’on a entendus marquent un magnifique pas en avant par rapport à Les échos n’existent pas. À l’indie rock s’ajoutent des teintes de pop fort agréables à l’oreille, beaucoup plus douces, où les synthés se mélangent à la guitare de Raphaël Laliberté-Desgagné. À l’arrière-plan, la section rythmique de Xavier Gaudreault et Antoine Boily-Duguay marquent le rythme, nous faisant tantôt bouger les hanches, parfois hocher la tête.

En passant, va falloir qu’on parle de la voix d’Ann-Lydia un moment donné, parce que sérieux, c’est une des belles voix de Québec, une ville qui en compte déjà un grand nombre de pas pires. Avec Jérémy, qui a de pas pires cordes vocales lui itou, ce groupe-là peut vous faire vivre toute la gamme des émotions en 4-5 chansons.

Encore là, un set beaucoup trop court, on en aurait pris bien davantage, mais en même temps, ce show-là était destiné aux gens qui écoutaient ça tranquilles à la maison, et ils en ont eu pour leur argent avant de pouvoir retourner boire leur bière tranquille dans leur cour arrière.

Cette soirée n’aurait pas été possible sans le soutien financier de Première Ovation, qui a donné la chance à un diffuseur de Québec d’ajouter à sa programmation des groupes prometteurs d’ici qui ont besoin d’un peu de visibilité en cette période trouble.

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