Mon Doux Saigneur au Studio du Grand Théâtre : que du beau à l’horizon

Mon Doux Saigneur – Photo : Jacques Boivin

Il y a quelques semaines, le Grand Théâtre de Québec a lancé une série de petits spectacles intimes intitulée Scène d’ici. Une chance de voir quelques artistes locaux (de Québec et du reste de la belle province) au Studio, ce petit resto-bar sympathique qui accueille généralement les spectateurs avant un show dans une des grandes salles, mais où on peut aussi voir des événements à l’échelle plus humaine.

Le 30 juillet dernier, c’était justement l’humanité qui était en vedette avec la formation Mon Doux Saigneur, venue nous présenter quelques jolis morceaux tirés notamment de l’excellentissime album « Horizon ». Pour la petite histoire, rappelons que le dernier show du quintuor remontait au lancement de l’album en mars dernier… au D’Auteuil.

J’entre dans le temple, on me dirige vers la mezzanine, où on m’a installé une petite table juste pour moi. On m’avise que je devrai rester assis pendant toute la prestation. Voilà qui ne me facilitera pas la tâche derrière l’objectif, mais bon, les consignes sont les mêmes pour tout le monde, elles sont là pour une bonne raison, et puis, avouons-le, J’ai vraiment LA meilleure place dans toute la salle, pis j’aurai pas l’air fou si je trippe trop en haut, contrairement à mon habitude où je prends beaucoup de place à l’avant…

Mon Doux Saigneur – Photo : Jacques Boivin

Vingt heures pile, le groupe monte sur scène pour son petit tour de chant-rock-country-folk-doux. Sans perdre une maudite seconde, le groupe lance les hostilités avec Maudit. Emerik est en forme, il se tourne vers ses musiciens (David Marchand qui fait l’amour à sa pedal steel, Mandela Coupal Dalgleish qui sourit ben trop en jouant de la batterie, Étienne Dupré, en retrait, avec sa petite basse et puis Eliott Durocher-Bundock, tout aussi tendre avec sa guitare que Marchand avec sa pedal steel), leur sourit à pleines dents, regarde les spectateurs (qui lui semblent quand même un peu plus loin qu’à l’habitude) et chante avec deux ou trois rayons de bonheur dans la voix.

Applaudissements nourris, puis on enchaîne immédiatement avec L’eau et Tempérance, deux autres morceaux plutôt entraînants du dernier album. Pour un groupe qui n’avait pas joué depuis quatre mois et demi (alors qu’on aurait dû les voir partout ce printemps et cet été), Mon Doux Saigneur montre un applomb et une cohésion assez incroyables jusqu’à Traîne Marie, où Emerik a un petit blanc de mémoire, ce qui nous donne une version pas mal prolongée de la toune (sérieux, s’il en avait pas parlé, les néophytes n’y auraient vu qu’un p’tit jam bien sympathique).

Tout au long du show, je me dis que c’est de cette manière que Mon Doux Saigneur s’apprécie le mieux. « Horizon », c’est un maudit bon album, mais c’est surtout de l’excellent matériel pour un p’tit show avec ses amis (ou sa fraterie). Ces tounes-là sont carrément faites pour être jouées en spectacle, même en l’absence du Wurlitzer. Emerik n’a pas besoin de nous parler pendant des heures, il n’a même pas besoin de lever les yeux pour nous regarder intensément, ses chansons parlent pour lui, le groove de ses tounes nous rapprochent en nous faisant danser (assis sur nos chaises), ses textes se savourent encore mieux quand on les récite avec lui.

Mon Doux Saigneur – Photo : Jacques Boivin

Le groupe s’est permis une légère incursion dans le vieux stock (jouissive Primitif) et nous en a même offert une petite nouvelle, avant de nous offrir une Content à faire pleurer tellement c’était beau tout nu (avec les maudites méduses du Studio qui pouvaient danser comme elles le voulaient, elles). Ça s’est terminé (du moins pour votre humble serviteur) avec une Hook II qui s’est transformée en incroyable jam d’une quinzaine de minutes… les gars jouaient encore quand j’ai dû quitter le Grand Théâtre à 21 h 30!

Ces retrouvailles avec un groupe que j’aime beaucoup m’ont personnellement fait le plus grand bien. Parce que j’avais raté le lancement, parce que c’était mon premier VRAI show en quatre mois et demi, parce que même si j’aurais préféré être debout quelque part entre Emerik et David, vaut mieux être assis dans la même salle que le band que debout dans sa cuisine à regarder un Facebook live. On comprend que pour la plupart des diffuseurs, présenter des shows du genre s’avère difficile et peu rentable, et c’est pourquoi on salue l’initiative du Grand Théâtre qui fait d’une pierre deux coups avec cette série : se réapproprier ce temple et renouer avec la scène locale.

Prochains spectacles :
– 6 et 7 août : Emilie Clepper (COMPLET)
– 13 août : Juste Robert
– 14 août : Ariane Roy
– 21 août : Renard Blanc
– 27 et 28 août : François Rioux Quartet

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