Pulsart Trio : Lancement de « Élévation », District Saint-Joseph, 24 octobre 2019

Pulsart Trio – Photo : Marie-Ève Fortier

Le groupe local Pulsart Trio nous a offert le meilleur exemple d’oeuvre d’art totale (Gesamtkunswerk) qu’il m’a été donné de voir en musique contemporaine jeudi le 24 octobre dernier à l’occasion du lancement de leur premier long-jeu, « Élévation », au District Saint-Joseph. Avec leur Space Jazz aussi groovy qu’élaboré, le groupe nous a embarqué avec lui dans son épopée interstellaire qui rend hommage aux 50 ans d’exploration spatiale depuis la mission Apollo 11. 

Dès les premières notes de Turbulence, le groupe a assuré notre décollage en installant une ambiance immersive unique en son genre. En effet, autant du côté de la scène locale que du paysage jazz de la ville, Pulsart Trio sait se démarquer. Leur instrumentation sort de l’ordinaire en réunissant vibraphone (Jérémie Carrier), orgue (Olivier Madore-Millette) et batterie (Simon Beauséjour Boudreault), sans compter les quelques autres instruments qui bonifient ce noyau de temps à autre (comme un GONG!). Le concept spatial se ressent autant dans la musique que dans les bandes sonores historiques et les effets qui sont ajoutés aux instruments. Finalement, l’artiste visuel Nicole E. Schlosser venait compléter ce portrait sonore de ses projections créées en temps réel à la manière des light shows psychédéliques des années 1960. Pas pire immersif. 

Pulsart Trio – Photo : Marie-Ève Fortier

Une fois arrivés dans l’espace, on a navigué d’une pièce à l’autre, en suivant la progression de l’album. Chaque titre était comme un nouvel écosystème à explorer, sur lequel se posait les improvisations des musiciens et de la projectionniste. On pouvait passer du groove le plus smooth à la complexité trépidante du prog en un instant, en faisant un détour par la salsa ou par d’autres rythmes plus dansants encore. Le groupe prenait d’ailleurs le temps d’agrémenter ce voyage d’anecdotes complétant le portrait des compositions. La Danse de la tortue se présentait donc comme une lettre d’amour à notre planète, tandis que nous attendions impatiemment la fin surprise de Catch 22. Cette première partie de la soirée s’est clôt sur Prélude, dernière pièce de l’album qui nous a permis d’entrevoir une suite haute en couleurs pour cette formation de la Ville de Québec! 

Après une brève pause le groupe était de retour pour ceux qui en redemandaient. Ils ont pigé entre autres dans leur ancien tout comme dans leur plus récent répertoire pour le plaisir des oreilles. Un deuxième set où Monk était prédominant dans son influence – c’était chose avouée – mais où tout semblait nimbé de funk. En rappel, le groupe a donné tout ce qu’il avait sur Freedom Jazz Dance, un standard jazz composé par Eddie Harris.

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