Texte : Laurence Guillemette – Photos : Charline Clavier

The Blaze Velluto Collection

21 heures
La semaine achève, les feuilles tombent, il fait frette.
Les gens s’énervent, L’Anti est bondé de monde, la salle est prête.

The Blaze Velluto Collection – Photo : Charline Clavier

C’était ma première rencontre avec The Blaze Velluto Collection. Autant vous dire que j’ai eu droit à un assez beau baptême merci! Ils m’ont fait voyager à une autre époque. Si vous n’avez jamais assisté à leur show mais que vous appréciez l’album Weatherman, attendez-vous à planer à un tout autre niveau et à vous faire soulever par la puissance des harmonies vocales des musiciens, c’est magnifique. Jusqu’où peut-on voyager avec The Blaze Velluto Collection? À les entendre, on se sent en escapade dans une belle décapotable, cheveux au vent. On roule à travers les chemins sablonneux du Grand Canyon. La voix de Nick Jenkins dégage une sorte de chaleur qui, mélangée à leur musique, fouette le visage à la façon d’un vent sec et torride. Coup de cœur pour la chanteuse Kathleen, tout droit sortie des années 60 avec son timbre de voix unique, presque cartoonesque, qui, combinée à ce rock ludique m’a fait danser avec candeur. Avant de quitter la scène, la formation a invité Daphné et Alice (Canailles) à faire vibrer leurs cordes vocales pour M. Coyote et Marjoram. Conclusion

de cette solide première partie : On en veut plus!

 

Canailles

Canailles – Photo : Charline Clavier

Samedi soir, c’était la j’aiarrêtédecompterième fois que je vivais l’expérience Canailles. Pas question de manquer leur dernière présence dans la ville de Québec avant… une petite pause. Ça n’a pris que quelques instants à ces beaux gaillards pour s’installer sur la scène et déballer tout ce qu’il faut pour brasser leur folk bien assaisonné. Instruments en main, fébrilité palpable au pied carré, ils commencent en force avec Rendez-vous galant, où Daphné, toute pimpante, nous donne le goût de laisser de côté nos responsabilités (c’est la mi-session pour plusieurs!).

Quand ben même qu’on se péterait les dents
Faut faire sortir le méchant
On est perdus pis on aime ça
Demain c’est pas importantRendez-vous galant, Backflips

Canailles – Photo : Charline Clavier

Avoir entre les mains un billet pour assister à un show de Canailles, c’est détenir l’achat d’une promesse. Une sorte de pacte qui te garantit que t’es sur le point de vivre une maudite de belle soirée. Suite à l’effet blazing de la première partie, les spectateurs sont prêts à grouiller à coups de banjo, de planche à laver, de gazou, et tout ce qui vient avec! Entre deux tounes pas très reposantes, on a pu entendre Benjamin lancer: « J’suis nostalgique… Ça me fait penser à nos premiers shows. Ostie que c’t’ait l’bordel! ». En effet, la gang d’en avant a pu goûter à l’engouement des plus malcommodes. Plus la soirée avançait, plus la marée humaine se déchaînait, entraînant avec elle les autres au passage. Le public de Canailles, c’est un peu comme Big Beach, à Hawaii. Les fortes vagues qui se cassent à l’avant de la scène sont impressionnantes. Plusieurs de leurs succès, tel que Texas, avec son refrain qui swingue, provoquent d’échevelants remous. Mais, ayez en tête que si vous décidez de vous placer aux premières loges, possible que la marée vous emporte; chose certaine, vous serez éclaboussé (de bière!). Enfin, on a pu entendre des classiques de leurs trois albums. Pour introduire Ramone-moi, Erik nous a parlé de sa fête préférée où un dodu barbu vêtu de rouge doit passer par notre cheminée pour déposer des cadeaux sous notre sapin… Parlant de cadeaux, je crois que nombreux sont ceux qui rêvent d’un quatrième album!

Facile de comprendre pourquoi nos Canailles favorites ont choisi The Blaze Velluto Collection pour réchauffer les planches. Une paire de performances toutes deux impeccables, dégageant une chimie folle sur scène du début jusqu’à la toute fin. L’énergie effervescente des musiciens a débordé sur la foule déjà bouillante d’enthousiasme. À votre prochaine visite à L’Anti, remarquez l’expérience VIP que vous vivrez. La qualité du son, la proximité avec des artistes passionnés et la bonne gestion de l’endroit favorisent le tout. Je suis certaine que cette soirée a eu des effets thérapeutiques sur plusieurs. Une sacrée dose de plaisir injectée directement dans l’canal auditif. Pour reprendre les mots chantés par Alice, on a pu :

tout donner / ne pas lâcher / se garrocher / s’époumoner / se maganer / s’abandonner / sans arrêterMachine à jus, Backflips

Mon constat: Le fun, c’est contagieux. Ces deux groupes nous l’ont bien démontré. Chaque note représentait une raison de plus de se dandiner, se laisser aller.