Pour son nouvel album intitulé « Le X du Y », Thierry Larose se définit avec légèreté et énergie. On y retrouve les qualités qu’on connaît bien de Thierry, dont la pop ensoleillée, la douceur et la poésie à laquelle on peut s’identifier, mais il y a aussi une touche plus expérimentale. Des chansons comme Le X du Y, Le X du Y 2 et Monongahela explorent un nouveau territoire musical pour l’artiste, ce dernier étant une sorte de collaboration avec le cher Sylvain Lelièvre.
Le 22 septembre, Thierry Larose était de passage à la boutique Knock-Out pour une journée promo et une session d’écoute avec les fans. « À partir de « Sprint! » j’ai commencé à avoir un peu plus d’intérêt des sites web, de radio pis tout ça. Là, c’est le plus gros que j’ai eu jusqu’à présent » m’a expliqué Thierry. C’est pour ça qu’un après-midi dédié à l’album a été conçu en avance. C’était aussi une belle façon de donner un aperçu de la nouvelle musique, tout en gardant une ambiance communautaire avec les gens dans la salle.
Je me suis assise avec Thierry pour parler davantage de la création de son troisième album, « Le X du Y » sorti le 9 octobre.

Qu’est-ce qui a changé pour toi artistiquement depuis la sortie de « Sprint! » ? En écoutant l’album Le X du Y, j’ai remarqué tout de suite un changement de son plus expérimental.
Je dirais que c’est plus aventureux. J’aime essayer de faire des choses que je n’ai jamais faites, des trucs qui me font peur. Ce sont comme des petits défis pour voir jusqu’où je peux aller. Ça vient avec la confiance. Jusqu’à présent, j’ai toujours eu le privilège de faire les choses que j’aime et d’avoir les gens qui embarquent. Ma musique reste des chansons, mais les couleurs changent un petit peu.
Question cliché, mais pourrais-tu parler du message derrière la chanson Le X du Y? Est-ce que ce message est également le concept derrière l’album?
Kinda.Le X du Y, c’est comme une blague. Il y a beaucoup de titres d’albums québécois qui sont quelque chose de quelque chose. J’ai trouvé ça tellement drôle de les lister. Avant, c’était juste un jeu que j’avais avec ma copine et mes amis. En les listant et en les faisant rimer,je trouvais qu’il y avait une histoire qui se dessinait à travers ça. C’est un peu moqueur, évidemment, mais en même temps le titre de mon album est un commentaire méta sur ce genre de tradition-là de l’album québécois. Je trouvais que c’était aussi approprié parce que le X du Y représente deux tensions, deux choses qui sont opposées. Dans les chansons de l’album, il y a souvent ça, un conflit dans les paroles pis dans les émotions que je décris. Au final, la chanson est une de mes préférées. Je n’ai jamais fait une chanson spoken word comme ça avant.
J’ai toujours associé ta musique à la douceur. Plusieurs chansons sur cet album possèdent encore cette douceur, surtout L’affaire que c’est et Dernier métro, mais il y a aussi une variété de vibes. Est-ce que tu avais écrit les paroles avant de créer la musique ou c’était un peu les deux en même temps? Comment as-tu décidé dans quelle direction tu voulais amener les chansons?
C’était les deux séparées, comme toujours. Je joue les mêmes 30 secondes de piano toute la journée puis j’écris des paroles dans le vide, comme un genre de poème. À un moment donné, je les mets toutes ensemble selon si ça fonctionne ou non. Cette fois-ci, je me suis dit que je ferais un album où l’énergie serait plus audible, parce que j’ai tendance à être plus animé sur scène.
Adèle écoute possède une touche rétro, que j’adore. Peux-tu parler un peu d’Adèle? Est-ce que c’est une vraie personne ou une représentation de quelqu’un d’autre?
Le narrateur, c’est clairement moi, ce sont les émotions que j’ai vécues. Après ça, pour Adèle, j’ai fait un bon truc de songwriting en combinant plusieurs personnes que je connais. C’est une chanson plus fictionnelle, je dirais. J’écrivais beaucoup de chansons de fiction dans le temps et vraiment moins sur cet album-là. C’est plus personnel et transparent. Adèle est quelqu’un que je déçois dans la chanson, faque j’aurais trouvé ça trop difficile pour moi de carrément nommer quelqu’un que je connais. Ça aurait été inconfortable!
Pour la chanson Monongahela, il y a les paroles et la musique de Sylvain Lelièvre. Comment cette chanson est-elle née?
C’est une chanson inachevée de Sylvain Lelièvre. Je faisais des reprises de Sylvain Lelièvre pis son fils m’a dit qu’il les aimait. Il m’a dit qu’il avait une chanson inachevée qu’il pouvait me confier. C’était juste la démo pis des paroles qui avaient des trous.
Ahh, c’est pour ça que tu avais ajouté tes paroles!
Exact. C’était un grand honneur pour moi. Ce n’est pas une reprise. J’aime dire que c’est comme une collaboration.
Quelle est la chose qui t’a le plus surpris pendant la création de l’album? Peut-être une approche que tu ne pensais pas avoir avant.
Il y a beaucoup de choses qui me font rire sur cet album, beaucoup de blagues. Je ne sais pas si c’est tout le monde qui va les entendre, mais il y a surprenamment beaucoup d’humour. Je ne m’attendais pas à ça. C’est assez nouveau pour moi.
As-tu des exemples?
La chanson titre me fait rire. Après ça, dans Dernier métro, il y a un genre de solo de drum complètement fou qui sort de nulle part. Il y a aussi certaines paroles et jeux de mots, comme « if only I had a clue / Si j’avais un clou ». Je n’avais pas le choix, c’était irrésistible. Faque j’étais un peu surpris, particulièrement par les paroles mais par la musique aussi. Tu disais que c’était expérimental, mais ce n’est pas tout le monde qui dit ça. Je pense que la plupart du monde vont trouver l’album pop, mais j’ai l’impression que c’est un peu expérimental aussi.
Tu as travaillé avec tes amis et des musiciens dont tu es très proche. Donc, quel était le moment le plus amusant pendant la création de l’album?
Vite de même, c’est de faire les back vocals. Être tous les trois autour d’un micro, c’était difficile de faire une chanson parce qu’on riait beaucoup. Quand la vibe est bonne, c’est vraiment un plaisir d’enregistrer.
J’imagine que toutes les chansons te touchent, sinon elles ne seraient pas sur l’album, mais y en a-t-il une qui a plus de signification pour toi?
La dernière chanson, Brille encore, est très autobiographique. Elle parle d’un ami d’enfance qui est décédé pis j’essayais d’écrire très simplement. Je ne voulais pas me cacher derrière les métaphores et le langage trop fleuri. Ça a été très difficile d’écrire et d’enregistrer, faque je suis fier de celle-là.
Finalement, pour la tournée qui viendra, y a-t-il des choses que tu vas faire de manière différente? À quoi as-tu le plus hâte?
Plusieurs nouveaux instruments, par exemple, je joue de l’accordéon. Ça va être un spectacle plus dynamique, je crois, plus physique aussi. Il y a aura plusieurs surprises, on travaille fort pour monter le meilleur show positif. C’est la première fois que j’ai autant de dates de tournée, même avant que l’album sorte! Je ne veux pas décevoir les gens.









