C’est dans le cadre de l’événement Kwatriho’tat! – « Écoutons, nous tous! » du Palais Montcalm que j’ai pu voir pour la première fois l’artiste inuuk Beatrice Deer. Moi qui suis d’une oreille la scène autochtone au Québec, j’ai donc sauté sur l’occasion!
C’est dans l’intimité de la salle Youville, avec un public nombreux et attentif, que j’ai découvert sa musique unique, un mélange d’indie rock avec envolées lyrique et chants de gorge. Dès les premières notes, on s’est fait transporter au village de Quartaq sur le bord de la baie d’Ungava, avec sa brume, ses bélugas, ses habitants, ses drames et ses légendes. C’est avec beaucoup d’humour et sous le regard attentif de sa prof de français au secondaire que l’auteure-compositrice a expliqué brièvement chaque chanson, interprétées majoritairement en inuktitut et en anglais. Scintillante sur scène, elle les livrait ensuite avec conviction, accompagnée au piano à queue (woohooo!) et aux claviers par Jérôme Beaulieu et à la guitare électrique par Jordey Tucker, scintillante sur scène.
Elle a généreusement partagé plusieurs pièces de ses différents albums, dont le dernier « Inuit Legend », ce qui nous a permis de faire connaissance avec une déesse, des géants et des animaux magiques.
Elle a aussi fait une légère incursion dans le country, avec la chanson de son père, l’hymne de Quartaq, après un hommage touchant à la résilience de sa mère, Mother. Artiste et artisane accomplie (elle a elle-même confectionné sa tenue de scène), on a eu la joie de la rejoindre après le spectacle où une table remplie de ses créations (illustrations, amauti, autocollants, sacs…) nous attendait.
Je suis ressortie la tête remplie d’images et de mélodies, heureuse d’avoir finalement pu voir cette artiste accomplie, qui est en nomination au gala de l’ADISQ pour Artiste autochtone de l’année et Album de l’année, langues autochtones, ainsi qu’au GAMIQ dans la catégorie Album ou EP indie-rock.









