Ahh, Ping Pong Go. C’est difficile de mettre en mots la joie que leur musique apporte. La combinaison de jazz et d’ambiances de jeux vidéo est à la fois technique et ludique. Vincent Gagnon et P-E Beaudoin sont très connus sur la scène musicale québécoise et, avec Ping Pong Go, on sent leur compétence et leur enthousiasme. C’est un projet avant tout pour le plaisir, pour expérimenter avec l’instrumentation et pour s’éloigner du quotidien. Cette approche divertissante est donc très contagieuse, que ce soit en écoutant les albums ou en voyant le groupe sur scène.
« Pour commencer le projet, ça prend du temps libre », m’explique Vincent Gagnon par rapport à la création du nouvel album. « Souvent dans un hôtel le matin entre deux villes, on met nos écouteurs pis on travaille sur les petits trucs. » Comme P-E ajoute : « chaque endroit nous inspire. On a toujours notre petit studio portable. »

Ce qui distingue « Smash Combat », c’est qu’il y a plus d’expérimentation avec les sons organiques que sur leur premier album, « Ping Pong Go ». Par exemple, ce n’est pas toujours évident à la première écoute, mais les harmonies sont intégrées aux notes d’autres instruments, ce qui ajoute de l’émotion à leur musique instrumentale.
Lors du lancement au Pantoum le 22 avril, Vincent Gagnon et P-E Beaudoin étaient accompagnés de Lysandre (aux claviers) et Carl Mayotte (à la basse). Les éléments vocaux étaient reproduits sur scène par Lysandre et Vincent, notamment dans Sam Bozen, PPG Blues et Espoir. Le morceau Sam Bozen a ouvert la soirée et son énergie est encore plus forte en spectacle. Pour présenter Espoir, Vincent a essayé de nous transporter dans une séance de yoga, en guidant de grandes respirations, mais le côté niaiseux était trop pour lui.

Quand on pense à Ping Pong Go, on pense également aux lasers, et les spectacles entourant « Smash Combat » en contiennent encore plus. Pendant plusieurs chansons, des lasers sortaient des yeux de la mante religieuse qui décorait le fond de la scène. Il y avait aussi du ruban fluorescent sur la scène et sur les instruments — une touche qui complétait bien la vibe rétro.
Ceux et celles qui sont venus au Pantoum ce soir-là y étaient pour avoir du fun, ce qui se ressentait tout au long du spectacle. Un mini moshpit s’est formé pendant « Smash Combat » et la dernière chanson, Ave Mario (alias « ECCO »), a été accueillie chaleureusement.
On a parlé avec P-E Beaudoin et Vincent Gagnon avant le spectacle pour en savoir plus sur l’univers de « Smash Combat. »

La musique de Ping Pong Go est assez technique. Je sais que vous êtes passionnés par les instruments et qu’il y a un côté geek dans votre approche. Est-ce que des choses ont changé depuis le premier album? Est-ce qu’il y a eu une évolution technique?
Vincent : Oui, vraiment. Pour le premier album, on a utilisé davantage des synthétiseurs analogiques des années 70 et 80. Dans le nouvel album, c’est 50% analogue – digital, avec plus de sampling. Pas de sampling comme dans le hip hop, mais sampling les notes.
P-E : Le but de cet album était de créer notre propre son. Il y a déjà beaucoup de sons dans les synthétiseurs, faque on a enregistré des voix — notamment d’Ariane Roy, Lou-Adriane Cassidy, Odile Marmet-Rochefort et Lysandre. Ce qu’on a fait, c’est qu’on a enregistré des notes et on les a mis dans les synthétiseurs pour créer notre propre son. Ça donne une particularité à l’album.

Oui, il y a aussi vos enfants, non?
P-E : Mes deux enfants sont dans la pièce Pharaon, pis dans Shrala on entend vraiment les petites voix d’enfants. On a aussi samplé beaucoup de percussions. Ce qu’on entend est souvent un coup de cymbale qu’on a mixé en électro-acoustique.
À quoi ressemblait le processus de création? Je trouve cette intégration des voix fascinante!
P-E : On voulait rendre l’album plus organique. En enregistrant les voix, on a fait chanter les chanteurs par-dessous des synthétiseurs.
Vincent : Ouais, des fois, il y avait une ligne de synthétiseur, on les a fait chanter la même mélodie pis on a mélangé les deux. On entend la voix, mais avec plus d’irrégularités et d’émotions.
P-E : Il y a aussi des chansons où on a doublé le son du synthétiseur avec le sax.
Vincent : On les a parfois mélangés avec le faux sax : une note de sax enregistrée et jouée sur les synthés versus la mélodie jouée par un vrai sax.
P-E : Tout est un mélange de sons créés et organiques.

Votre musique a un côté gamer mais j’ai entendu que vous n’êtes pas vraiment des gamers. Qu’est-ce qui, dans la musique de jeux vidéo, vous intéresse? Quels sont les éléments musicaux qui vous fascinent?
P-E : J’ai joué à des jeux Nintendo et à Playstation quand j’étais jeune, donc peut-être que c’est entré dans mon inconscient. Je pense que la mélodie des jeux vidéo crée de la nostalgie.
Vincent : Ben quand c’est des vieux, ouais. Souvent il y a des mélodies très marquantes et des ambiances très claires qui sont faites pour donner le feeling d’être dans un univers pis un autre. C’est quelque chose qu’on aime explorer dans notre musique. C’est-à-dire, on crée différents univers musicaux.
P-E : C’est comme la musique des films. C’est juste qu’on est devenus plus musique de jeu vidéo, peut-être à cause des synthétiseurs japonais.
Quel est le genre d’univers que vous aimeriez créer avec le spectacle de ce soir? Qu’est-ce que vous aimeriez que le public ressente?
Vincent : Du plaisir.
P-E : Ça va être un spectacle très dansant et un peu déroutant. Il y aura beaucoup d’improvisation et de lumière. On a un super éclairagiste avec nous, Raoul Beaudain. C’est un mélange de mini-golf fluo et un trip de LSD, ou je ne sais pas quoi.
Vincent : Un peu laser tag!
Finalement, qui est Sam Bozen?
P-E : Tellement bonne question! Chaque album va avoir le nom d’une personne. Sam Bozen, c’est parti de « samba », comme la musique brésilienne. La première partie de la chanson est très latino. J’étais comme: « eh, c’est un sambazen. C’est donc ben zen. » Puis j’ai fait un jeu de mot pour le nom!
Galerie photos













