Cabaret festif, soir 3 : Quand le relève dépasse bien des pros

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Encore malade et à son grand désespoir, le boss n’a pas pu se déplacer pour la dernière soirée des qualifications du Cabaret Festif. Comme on ne pouvait pas manquer la chance de découvrir les quatre derniers artistes de la 13e édition de ce concours, Maxime et moi avons affronté la tempête du 9 mars dernier pour vous faire un petit topo de cette soirée plus que jouissive pour nos oreilles.

Coco Rose

C’est dans une ambiance décontractée et festive que les premiers candidats sont montés sur la petite scène du Cabaret de la Maison Otis. Effectivement, la scène semble bien petite lorsque les huit musiciens et musiciennes de la formation au style R&B-funk sont en place. Malgré leur fébrilité palpable, tous prennent vite leur aise et la chaleur monte d’un cran dans la salle aussitôt que la chanteuse, Marie-Neiges Harvey, entame les premières notes. Sa voix chaude, légère et groovy, accompagnée de talentueux compatriotes aux instruments cuivrés, nous amène directement dans les rues de La Nouvelle-Orléans. Leur complicité et leur joie contagieuse nous ont fortement donné envie de nous lever pour se faire aller le bassin. Solos de trombone, de saxophone plus que maitrisés et paroles chantées en cœur avec le public nous ont été présentés. Ce fut l’un des 20 minutes musical le plus court que j’ai vécus. En entendant les acclamations du public, on en aurait décidément pris encore plus. Ils ont d’ailleurs reçu les fleurs de l’auditoire en remportant le coup de cœur de celui-ci. J’ai bien hâte d’entendre leur nouveau EP qui sortira prochainement.

Madame Autruche

Dans un tout autre registre, Madame Autruche, alias Mélisande Archambault, s’est installée devant le micro pour s’adresser directement à l’assistance et lui faire chantonner quelques notes qui serviront de refrain pour sa première chanson. Inspirée par ces moments où elle buskait dans les rues, elle a commencé sa prestation A cappella, seule avec son violon. Ce fut un moment intimiste et personnel qui nous a tout de suite plongé dans son univers coloré et rempli de vérité. Accompagnée de son guitariste et de sa claviériste, elle a enchainé les titres de son plus récent album « Réveille-moi quand il fera beau ». Ces derniers ont d’ailleurs ajouté de la profondeur avec leurs douces harmonies lorsque la chanteuse a entonné La douceur. Cette chanson a été écrite au conditionnel, le temps de verbe qui, selon elle, nous laisse l’opportunité de rêver. Difficile d’être en désaccord avec elle, car les paroles et les jeux de son violon nous donnaient effectivement l’impression de s’envoler dans les nuages en rêvassant. Pour conclure, Mélisande nous a surpris en invitant Valérie « Saxyval » Lachance-Guillemette, saxophoniste de haut talent, nous pousser quelques notes de son instrument. Quel beau moment de complicité entre virtuoses!

Olivier Lessard

Alliant la poésie, les scénarios de cinéma, la littérature et la musique, l’auteur-compositeur et interprète Olivier Lessard nous a fait voyager entre Saint-Georges de Beauce et Montréal le temps de quelques chansons. Dès les premières notes de Bloc appartement, le chanteur nous berce avec ses paroles finement tissées et ses mélodies réconfortantes. En plus de nous chanter ses compositions sensibles et personnelles, c’est avec sa voix chaude, les mains un peu chevrotantes que l’artiste a réussi à capter soudainement l’attention de tout l’auditoire. Il nous offre avec émotion et tendresse la lecture de son Carnet de tournage, texte qu’il a scénarisé, mais qu’il n’a jamais tourné. Ce petit interlude poétique fut comme une pause dans le temps qui a parfaitement introduit la dernière chanson de sa prestation. Il était beau et bon de voir le Beauceron heureux de jouer avec la complicité de ses musiciens les chansons de son dernier album au titre rocambolesque : « On s’était arrêtés pisser sur la route Cumberland, le vent soufflait doucement ». Décidément, je peux affirmer qu’en cette veille de tempête hivernale, Olivier a su réchauffer nos cœurs avec ses mots plus qu’enveloppants.

Cure-Pipe

C’est avec sa casquette jaune pimpante de Supérieur Propane que Thomas Dakin Perron a foulé les planches entouré de cinq musicien.ne.s. Le Jonquiérois nous a offert en exclusivité de nouvelles chansons. Plus qu’éclatées les unes les autres, on a droit à des sonorités psycho-rock des années 70 avec des inspirations garage punk. Sous ses airs musicaux distordus, Thomas nous livre des textes autobiographiques à la fois vrais et touchants. Pour le dernier band, la cadence est très rapide, on peine à se remettre de la première chanson que les musicien.ne.s entament leur deuxième chanson tout aussi fracassante. C’est avec humour que le chanteur nous propose la troisième chanson Je vous déteste tous en spécifiant que ce soir, ça ne s’applique pas, car ils nous aiment tous. Malgré une petite pause forcée par un problème technique, la formation musicale aux apparences de désinvolture n’a semblé aucunement déstabilisée. Ils reprennent assez rapidement leur rythme déjanté avec la chanson Tous mes amis sont bipolaires. Cette chanson entièrement instrumentale aux tempos changeants et un peu déstabilisants nous donne le ton du prochain album qui sortira sous peu. Elle nous a définitivement donné une envie pressante de découvrir les 13 prochaines chansons de ce groupe qui se mérite, une place en finale en remportant le prix du jury de cette troisième soirée du Cabaret festif.

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