On a relevé le défi 24 heures au Festif!

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Je vais au Festif! de Baie-Saint-Paul tous les ans depuis 2015. J’ai raté une seule édition, soit le mini-Festif de 2020. Arrivé juste au moment où ce festival a commencé son explosion, je l’ai vu gonfler, gonfler et gonfler encore jusqu’à ce qu’il devienne un des festivals incontournables de toute personne qui aime voir et entendre de la musique dehors en été.

Depuis l’année dernière, je laisse ma gang couvrir le festival et moi, j’en profite comme le petit vieux que je suis. Pas facile à couvrir, cette bête-là : tu vois le show de ta vie, mais t’es conscient qu’au même moment, y’a un show peut-être encore plus fou qui se déroule à quelques mètres. T’as le choix : tu laisses le FOMO te guider et t’essaies de tout voir, quitte à être mort de fatigue le dimanche, ou bedon tu vis avec le fait que tu peux pas tout voir pis tu profites pleinement de la magie qui se passe drette sous tes yeux. Mon courageux camarade Guillaume, qui assure seul la couverture officielle du Festif pour nous, l’a heureusement bien compris.

Sachant que je n’ai plus 20 ans (ni 30 ou 40 ans), j’ai décidé dès cet hiver que j’allais prendre ça mollo au Festif cette année. Mollo, mais quand même un peu fou. Ma blonde pis moi, on s’est donné un petit défi : voir des shows pendant 24 heures sans dormir. On y est *presque* arrivé.es, mais on va quand même crier victoire.

Les seuls billets qu’on s’est acheté, ce sont ceux du spectacle de Safia Nolin à l’aube. Pour le reste, on s’était promis beaucoup de shows gratuits, un peu de rue festive et un oeil bien ouvert pour voir au moins un des spectacles imprévisibles qui allait certainement se produire pendant qu’on était là.

Descendant avec Isabelle, ma fidèle partner de barricade au FEQ, nous sommes arrivés assez tôt pour que mesdames puissent se sacrer à l’avant au quai pour voir Gawbé et Jean-Michel Blais. D’ailleurs, ça avait l’air bin beau, voici ce que Marie-Laure Tremblay m’a écrit à propos de cette belle séance de coups de soleil :

Gawbé

C’est en pastel sur fond de ciel bleu que s’est présenté Gawbé pour ouvrir ce samedi festif. Gabrielle Côté et ses acolytes se sont présentés sur scène armés de poivrons, en clin d’œil à une de leurs pièces, m’ont expliqué certains de leurs fidèles. Gawbé a adapté son répertoire (le microalbum « Sul’side ») en version douce pour bercer la foule ouverte et attentive. Quelques fans murmuraient des paroles et plusieurs nouveaux se sont laissés convaincre. Et j’ai récolté un coup de cœur en plus de mon coup de soleil habituel.

Jean-Michel Blais

Le quai s’est rempli au bouchon pour accueillir le chouchou de l’heure. En quatuor (violoncelle, violon et multi-vents), Blais nous a présenté plusieurs pièces de son album « Aubades », particulièrement bien choisies pour un concert de début de journée. Avec humour, il nous a présenté son répertoire et ses inspirations sur un piano à queue déplacé pour l’occasion. La foule muette était à l’écoute et contemplative, conquise par le charme et la douceur de l’artiste.

Cecile Lacharme

Découverte en Islande par le programmateur du Festif, l’artiste nantaise armée de son violoncelle a fusionné avec le fleuve. Ses looooongues pièces instrumentales (elle nous avait prévenu.es) s’apparentent aux chants des baleines et aux haubans gémissants. Un beau complément à notre début de journée moelleux.

De mon côté, j’ai assisté à mon premier BBQ de CHYZ 94,3, qui est pourtant une tradition. Installée derrière la boutique Le pot aux roses, la petite bande de la radio universitaire où j’ai fait mes débuts médiatiques à la fin du dernier millénaire proposait aux passants de venir manger des bons roteux tout en écoutant deux beaux petits projets musicaux :

Le premier, Marie Céleste, est une joyeuse bande de beleuets originaires d’Alma. Une proposition pop-rock aux accents folk vintage qui a chassé les derniers nuages de l’avant-midi pour nous amener le soleil. C’est la deuxième fois en un peu plus d’un mois qu’ils font le coup, la même chose s’était passée à la FMQ en juin. Marie a vraisemblablement de bons contacts au ciel. On pourrait penser que le monde est débarqué en grand nombre pour les hot-dogs, mais si ceux-ci étaient fort populaires, ils semblaient davantage un gros bonus pour les fans du groupe établi à Montréal. Ça dansait joyeusement dans les moments les plus entraînants (fort nombreux – fiez-vous pas juste sur leur petite toune tranquille sur Bandcamp), et ça écoutait attentivement.

Si on se fie aux réactions de la foule, m’est d’avis que c’est pas la dernière fois qu’on voit le groupe à Baie-Saint-Paul (je vous invite à postuler pour venir faire un petit tour cet hiver…).

Après une très courte pause, le temps de ramasser des instruments et d’en installer d’autres pendant que la gang de CHYZ servait des hot-dogs comme on sert des shooters de fort à un party étudiant, c’était au tour de LAVANDE de donner son premier spectacle.

Le trio a pourtant l’air expérimenté, pis la personne qui chante me rappelle quelqu’un. Ah ben ga donc, c’est Meilo, l’ancien.ne leader de Mélodie Spear, qui est là, bien assis.e avec sa guitare pour nous chanter ses tounes de sa voix douce. Iel a l’air ben, là, sous le soleil, protégé.e par la petite tente, devant un paquet d’ami.es!

Bon, si vous suivez cette sympathique personne depuis un certain temps, vous avez reconnu la plupart des chansons, mais c’était vraiment cool de les entendre dans un cadre plus calme que ce qu’on avait entendu à la FMQ (coudonc, est-ce que CHYZ recrute ses bands au parvis de l’église St-Jean-Baptiste en juin?).

Vraiment, c’était un beau p’tit BBQ, je pense que je vais inviter Gabriel Tremblay pis sa gang à venir en organiser un dans ma cour (pas mal plus petite – j’pense pas qu’on puisse accueillir tous les fans de Marie Céleste).

On traverse la rue pour aller dire un petit bonjour à Homebrew Remedy, qu’on reverra un peu plus tard, et on flâne un peu sur la rue St-Jean-Baptiste (la rue festive), qui est noire de monde. D’habitude, à cette heure, je suis au quai en train de pleurer ma vie. Je suis content d’avoir délégué cette partie-là de la journée, mais je m’en veux un peu d’avoir manqué Gabrielle Shonk qui jouait dans mon barrage de castor préféré au parc de la Virevolte (pas grave, on va se reprendre à la maison en octobre).

La vibe était bonne. Je me souviens que souvent, le samedi en début d’après-midi, le monde commençait à être pas mal chaudaille. Là, malgré la multiplication des bars, le monde en sirotait une petite frette sagement tout en calant des litres d’eau.

Apparté : il y a des stations d’eau partout à Baie-Saint-Paul pendant le Festif. Vraiment partout. Non, elles ne sont pas hyper high-tech comme au Festival d’été, mais elles font exactement la job qu’elles sont supposées faire : nous hydrater comme du monde quand on en a besoin. Pas de files interminables. Pourquoi? Parce qu’il y en a fucking partout. Je sais que c’est facile parce qu’elles sont situées direct sur le réseau d’aqueduc, mais merci au Festif d’avoir pensé à presque tout (ça en prendrait peut-être juste une ou deux de plus sur le chemin vers le quai).

Bon, de retour à la scène de la Microbrasserie Charlevoix (merci d’être là, j’avais besoin d’une cure pour faire disparaître la seule Coors Light bue pendant mon FEQ de mon système) pour voir les gagnant.es du prix du public du Cabaret Festif 2022 (aussi gagnant.es d’un beau shooting photo qu’on a hâte d’aller faire), Homebrew Remedy, de retour après un petit hiatus. On s’entend que l’ensemble de la population de Forainville est débarquée sur le parterre le plus ensoleillé du Festif, question de danser sur le folk-bluegrass déjanté de la formation. Si on l’avait pas encore compris, cette bande de joyeux drilles met le party dans la place grâce à ses pièces qui prennent le temps de respirer, de s’installer et de donner au public de nombreux moments explosifs où on se met à danser rageusement. On les verrait bien en triple plateau avec Margaret Tracteur et Quebec Redneck Bluegrass Project.

Quel plaisir d’aller faire un tour dans mon deuxième salon, le Pantoum, qui a déménagé presque tout son stock derrière l’auberge La Muse! D’habitude, je les néglige pendant le Festif parce que bon, ils doivent être tannés de voir ma face à l’année longue, mais là, avec la si belle brochette d’invité.es, le lieu était incontournable.

Tout d’abord, il y a eu Anatole et ses ami.es bien assis.es sur leurs chaises. On nous avertit, on joue pas fort, va falloir écouter attentivement. S’il n’avait pas plu (juste un peu) au début du set, Alexandre Martel nous aurait sûrement invité.es à nous asseoir, mais bon, même debout, le public s’est plié au jeu et a fermé sa gueule (merci merci merci merci merci!).

À travers les tounes de l’album qui porte son nom, Martel a montré qu’on était pas obligé de se scrapper les tympans pour apprécier la musique. On pouvait entendre clairement tous les petits trucs subtils qu’Alex aime cacher dans ses chansons, que ce soit le jeu de guitare de Jean-Michel Letendre-Veilleux (Pure Carrière), les savoureuses harmonies vocales de Lou-Adriane Cassidy (Lou-Adriane Cassidy), la basse mollo de Cédric Martel (Apophis), la batterie très feutrée de Jean-Étienne Collin Marcoux (Beat Sexü) ou le piano pianissimo d’Antoine Bourque (Les Lunatiques).

Jouer pas fort, ça permet aussi d’apprécier les textes fichtrement bien écrits d’Alex. Y’avait beaucoup d’yeux plissés (tsé, le genre d’yeux qu’on fait quand on est bien concentré). En tout cas, c’est pas Anatole qui a dérangé la fanfare qui jouait en même temps sur la rue festive!

Enfants Sauvages a suivi. J’ai demandé à ma blonde de prendre des notes parce que bin… as-tu déjà essayé de suivre Rox Arcand pis sa gang avec un appareil photo (pis juste un objectif fixe) au milieu d’un moshpit quand tout ce beau monde-là joue? Pas facile, mettons que je regardais plus que j’écoutais. À toi Marie-Laure!

Ambiance punk à la scène Pantoum, cette année déménagée dans un espace un poil plus spacieux. Rox Arcand et sa gang ont sorti leurs peintures de guerre et leur distorsion pour nous brasser comme il faut. Les parents ont répliqué avec les coquilles pour enfants. Ça prend dans les trippes et enchaîne les courtes compositions. D’Autoroute à Sexposition en passant par Jésus et Arythmie et finir par Crève. Un format concentré très efficace!

On se sentait comme au vrai Pantoum un samedi soir tellement y’avait de visages connus! Croisé mes Deuxluxes préférés. On a jasé de cette magnifique soirée entre ami.es au FEQ, puis parlé de nos plans pour le reste de la soirée. On a croisé plein d’autres belles personnes aussi. Par exemple, y’avait Gabriel « La Controverse » Desjardins, le claviériste de Philippe Brach (entre autres). Mon cerveau se met en alerte. Avec qui jouait-il aujourd’hui ou demain déjà? Un Imprévisible se trame-t-il?

De retour à l’avant de la scène pour Ping Pong Go. Notre quatuor de champion.nes (PE Beaudoin à la batterie, Vincent Gagnon au truckload de claviers, Cédric Martel à la basse et Lysandre Ménard à l’autre truckload de claviers (et aux percus cools) n’avait peut-être pas apporté son arme la plus redoutable (la harpe laser), mais il avait sorti ses plus belles tenues de sport pour nous faire danser sur son gamer jazz coloré et déjanté. À l’avant, on se croyait VRAIMENT au Pantoum, y’avait même Renaud qui était à son spot habituel, à l’avant, devant Lysandre, qui s’étirait avec le groupe et le public prêt à se dépenser joyeusement.

On a eu exactement ce à quoi on peut s’attendre d’une prestation gamer jazz : du fun, de l’énergie à revendre, des tounes maximalistes où les couches se superposent live entre nos oreilles, un quatuor qui a beaucoup trop de fun à jouer et un public qui se réchauffe pour un restant de veillée plein de pep.

Bon, on a pris beaucoup trop de photos, la batterie toffera pas la soirée et j’ai oublié mon fil. Courons au Couche-Tard (pas pire loin) pour ramasser le précieux sésame et revenons rapidement, y’a un groupe que je veux aller voir à la Micro!

On arrive juste à temps pour voir L’Éclair, une formation suisse qui offait un pas pire complément à la musique de Ping Pong Go. Avec sa musique instrumentale aux accents très jazz, le groupe nous a offert une prestation groovy, rythmée et énergique, pigeant dans les pièces les plus entraînantes de son répertoire pour nous faire danser une fois de plus. C’est à se demander s’il va rester des jambes à ce monde-là (on vous rassure, à 2 h du matin, ça dansait encore joyeusement partout). Pas nécessairement le genre de musique que j’écouterais un vendredi matin en traduisant mes textes plates, mais sous un ciel rosé de soleil qui se couche, c’était tout simplement parfait.

Même si, officiellement, les activités de la journée sont terminées, on retourne prendre un petit break à la scène du Pantoum. Mon intuition (et mes espions) ne m’avait pas trompé, la scène n’était pas démontée, bien au contraire, on avait installé le panneau « LES IMPRÉVISIBLES » et y’avait un band qui s’installait. J’y reconnais justement Gabriel Desjardins… et y’a un dude barbu qui me rappelle vaguement quelqu’un… HEY, C’EST PHILIPPE BRACH! Le soundcheck commence tranquillement, on se tient en retrait pour ne pas déranger… après tout, ça sera vraiment pas pour tout de suite (il est 21 h, le show est prévu à 22 h 45). Mon feeling me dit toutefois de rester là parce que ça risque d’être ben plein. Et comme de fait, alors que Phil s’essaie sur Crystel, quelques curieux.ses débarquent et SE GARROCHENT À L’AVANT DE LA SCÈNE, CELLULAIRE À LA MAIN, POUR AVERTIR TOUSTES LEURS AMI.ES!

M’en vais directement à l’avant pour m’assurer une place (pas tant comme photographe supposé être en vacances, mais plutôt comme fan qui montait au FME en septembre en grande partie pour voir un des premiers shows de la tournée de Brach). Tant qu’à faire, on va en mener large pour garder une petite place pour le ou la photographe du Festif (faites que ça soit Caro, faites que ça soit Caro, faites que ça soit Caro – YESSSSSSSS c’est Caro!). Une chance, parce qu’à la fin des tests de son, on était déjà plus d’une centaine et il devait y avoir aussi peu d’espace sur le bord de la scène que dans le chapiteau pour Lydia Képinski un peu plus tard : c’est-à-dire AUCUN.

Notre chum Isabelle arrive à la course, elle qui était déjà dans son auto pour repartir à Québec. Oh que le Festif vient de faire sa soirée à elle, et le show est même pas commencé!

Lorsque le spectacle a été annoncé sur les réseaux sociaux 15 minutes avant le show, l’arrière-cour de l’auberge La Muse était déjà jam packed. Ça prenait des allures de Klô Pelgag sur St-Jean-Baptiste cette affaire-là.

Et le show commence. Brach regarde la foule et fait la même face que Peanut Butter Sunday quand ils sont montés sur la grosse scène des Plaines il y a une semaine : SURPRISE, LA PLACE EST BIN PLEINE! Oh que le bonheur a kické in là, pas vrai mon Phil?

Entouré de ses fidèles acolytes (dont Étienne Dupré, le pilier de ce show, sans aucun doute), Brach nous a surtout présenté les pièces les plus le fun de son p’tit dernier, « Les gens qu’on aime ». Oh que ça faisait du bien de retrouver l’électron le plus libre de notre scène musicale sur scène, de le regarder se promener d’un bord à l’autre de cet espace plutôt exigu, de nous chanter ses réflexions sur tout ce qui l’entoure de près ou de loin avec une désinvolture rafraîchissante! Évidemment, tout le monde chantait avec Phil, surtout sur les plus vieux morceaux comme Crystel, Né pour être sauvage, Mes mains blanches (toujours aussi savoureuse) et Alice, mais les nouvelles avaient également de nombreux fans si je me fie aux gens qui criaient les paroles de Last Call et Tic-Tac.

Bon, heureusement, on n’a pas eu de scène de waterboarding à la fin de Révolution (la chanson), mais on a senti le poids de chaque mot de cette pièce pas aussi innocente qu’elle en a l’air (c’t’une toune de Brach, chose!). Le programme principal se termine sur Un peu de magie, mais on pouvait pas finir ça de même et la foule a demandé un rappel en criant « ÉTIENNE! ÉTIENNE! ÉTIENNE! ». Avoir été Phil, j’aurais envoyé Dupré chanter Bonne journée à sa place.

Sérieux, quand ça va être la fin du monde, Phil Brach va être ma trame sonore.

Bon, les shows de fin de soirée ont commencé dans les chapiteaux. On passe à côté de VioleTT Pi, ça joue très fort, mais nous autres, on s’en va se reposer un peu au Parvis. On approche de la moitié de notre parcours, on a besoin de se ménager, mais ça n’empêche pas votre serviteur d’aller se chercher une petite frette (on a été sage, mais ça va prendre un peu de fioul pour toffer la run).

D’habitude, en fin de soirée, j’évite le secteur comme la peste. Je vais voir un des afters, pis après je rentre sagement à ma chambre ou à ma tente. Mais là, on n’a pas d’endroit où se réfugier, alors on doit « endurer » le monde sur le party. À ma grande surprise, la vibe est bonne. Oui, y’a du monde passablement éméché, mais au Parvis, y’a surtout du monde qui prend une petite pause ben relax avant de terminer la soirée au garage du curé. Ça sourit, ça échange, ça change le monde bien écrasé dans un hamac, c’est vraiment beau à voir.

C’est d’ailleurs là qu’on se dirige pour voir Baby Shakes, un quatuor nouillorquais power-pop (ou pop-punk, c’est pas mal à votre goût) qui a une énergie qui me rappelle Les Shirley (y’a juste le dude à la batterie qui détonne un peu). Juste devant nous, y’a Jean-Michel Blais pis sa gang qui trippent leurs vies et qui dansent collés collés. C’est aussi ça, Le Festif. Au FEQ, les artistes vont s’installer dans le VIP pour écouter les autres shows, ils restent dans leurs bulles. Ici, tout le monde est dans le même bateau – et je trouve ça beau, surtout que ça correspond pas mal plus à ma vision des artistes : des gens qui font une maudite belle job sur scène (et sur disque), mais qui ont envie de tripper comme moi une fois leur shift fini. Et Le Festif, c’est la meilleure place pour vivre ce genre de moment.

Après près d’une heure de gros rock à 100 milles à l’heure, on retourne s’écraser quelques instants : il est presque trois heures, on a un autre show dans 90 minutes, et il est temps d’ajuster nos horloges biologiques. Tout ce qui s’est passé jusqu’à maintenant, c’était « hier ».

Fidèle à ma tradition, je m’en vais partir la file derrière le Germain Charlevoix. Fidèles à leur tradition, les maringouins m’attendaient, les maudits. On est tout seuls une bonne demi-heure jusqu’à ce qu’une deuxième petite paire vienne nous rejoindre. Et ainsi de suite, jusqu’à l’arrivée de Safia Nolin dans la Corolla à Antoine Corriveau (y’a Communauto, et y’a aussi Corrivauto). JE SUIS STARSTRUCK (pas pour toi Safia, mais pour le char à Antoine, sorry).

Le site s’ouvre, on s’installe sur un beanbag au beau milieu du tas. Les yeux sont petits, y’a une gang sur le party derrière nous, une autre vraiment mollo à l’avant. Y’a Sandra Contour avec ses yeux emo de fille qui a pas de visite et ses oreilles tendues bien grand. Safia s’installe avec Marc-André Labelle, et on a droit à une heure de doux triste au lever du soleil. Comme toujours, Safia est habilement maladroite dans ses interventions, dégageant une candeur qu’on trouve trop rarement chez nos artistes.

Quelle que soit la provenance de la pièce, celle-ci était parfaite pour le décor féérique qu’on avait devant nous. Le lever du soleil, les moutons, les poules, les vaches, les maringouins (stie), tout le monde les yeux bouffis, c’était vraiment beau. Et cette candeur qui venait alléger la mélancolie des chansons de Safia… Ah pis maudit que la guitoune de Labelle sonnait bien dans ce champ!

Cinq heures trente. En attendant l’ouverture des premiers cafés, on va se promener dans les rues désertes de Baie-Saint-Paul. Le calme, la tranquillité. C’est tellement zen! Si, autour des sites principaux, on s’affaire déjà à tout ramasser (gang, vous avez pas respecté votre promesse du festivalier, y’avait pas mal de cochonneries qui traînaient), un peu plus loin sur St-Jean-Baptiste, tout était si calme, dur de croire qu’on était au beau milieu d’un des festivals les plus colorés au Québec.

On s’installe dans un café dès son ouverture. On aurait pu aller aux Bonyeuses, là où se donnaient quelques shows dès 8 h, mais la 138 nous semblait loin, alors on est resté.es au centre-ville pour prendre un long déjeuner et recharger nos batteries.

On n’a plus de jambes, on chille au Parvis qui vient de rouvrir et on se demande si on va au quai. Finalement, c’est là que notre lift de retour nous attendait, alors on prend notre courage à deux mains et on arrive à temps pour attraper quelques tounes de Thierry Larose, qui terminait le Festif en beauté (Guillaume vous en parle dans son compte rendu).

Ça me faisait tout drôle de ne passer qu’un tour d’horloge au Festif cette année. Mais ça a été suffisant pour m’imprégner de l’atmosphère unique de ce festival qui est toujours à échelle humaine même s’il est devenu beaucoup plus gros que le village qui l’accueille. Cette année surtout, après les tragédies qui ont frappé ce spot bucolique plus tôt cette année, il y avait une vague d’amour (et de respect) incroyable. Les festivaliers se sont montrés encore plus bienveillants que d’habitude, y’avait un respect des autres que je ne croyait plus voir en 2023.

Comme le dit si bien un collègue d’Exclaim qui débarquait ici pour la première fois, Le Festif, c’est un travail fait avec amour par une bande de passionné.es qui trippent autant que nous. Que Clément, Anne-Marie, Guillaume, Stéphanie et les dizaines d’employés temporaires et bénévoles aient encore du brillant dans les yeux à la veille de leur 15e édition, c’est touchant. Non, je n’ai plus l’énergie pour couvrir cet événement comme je le faisais à mes débuts, mais tant que je respirerai, je compte venir faire mon petit tour.

Et vivre Le Festif différemment, encore une fois. J’me demande ce que je n’ai pas encore fait.. ça vous tenterait d’avoir le point de vue d’un bénévole, l’an prochain?

Ça va se passer du 18 au 21 juillet 2024. On va être là. C’est sûr que je vais être là, même si c’est juste pour un moment.

#jaihâteaufestif

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