La festive révérence de Kirouac et Kodakludo

Kirouac et Kodakludo – Photo : Llamaryon

Le 27 juillet dernier, un communiqué de presse tombait dans nos boîtes à courriels pour nous annoncer que Kirouac et Kodakludo, c’était GAME OVER, que les deux spectacles prévus à Montréal et à Québec seraient officiellement les derniers du duo. J’ai versé une petite larme intérieure, pour la fin de l’union de ces deux rappeurs que j’adore, mais aussi pour le projet qui méritait tellement plus de succès et de visibilité. Nostalgique avant même que cela ne se termine, j’ai donc assisté à leur toute dernière prestation le 7 septembre dernier à l’Impérial Bell.

Pour leur récent album, « Les Gradins », Kirouac et Kodakludo avaient fait preuve de génie et d’innovation. Les deux artistes avaient décidé de lancer un album triple proposant une bande dessinée de Kirouac, un album photo de Kodakludo et, bien entendu, l’album musical. Une application web permettant aux amateurs de découvrir la totalité de leur œuvre avait d’ailleurs été rendue disponible. Si la création de ce projet se faisait dans un contexte pandémique, pas question d’être chiche sur la créativité. Malheureusement, le tsunami covidien aura été le plus fort. Ce qui est certain, c’est que ce n’est certainement pas le talent qui a fait défaut à cette formation, c’est le timing qui n’était pas au rendez-vous.

On ne se laisse pas abattre sans rien dire quand on s’appelle Kirouac et Kodakludo. Ainsi, c’était une sortie en grand qui nous attendait. Dès l’entrée en salle, un énorme code QR nous amenait à choisir quatre facteurs qui influenceraient la prestation. Les spectateurs ont ainsi pu enregistrer leurs choix le temps que Steve Beezy, artiste de la ville de Québec, réchauffe le parterre. Si sa proposition est bien différente de l’univers de nos deux rappeurs en tête d’affiche, son flow fluide et entraînant répond aux attentes d’une première partie : mettre l’ambiance pour ce qui va suivre.

Un coup rendus à notre programme principal, l’ouverture du rideau nous a dévoilé un décor évoluant au courant des 2 heures et 20 minutes du spectacle. Si, en entrant dans la salle, j’ai été attristée de constater une salle qu’à demi-remplie, rapidement le public de convaincus m’a fait oublier l’espace inoccupé à l’arrière. Pour ceux qui connaissent le duo, l’amour a fait son œuvre. Ainsi, dès le début, le public était gorgé de passionnés sautillants. Il y avait un bouillonnement perceptible dans la foule, chacun chantait, arrachant presque les mots aux lèvres des deux rappeurs.

Au programme, c’était la totalité des titres du duo, dont une pièce qui avait été présentée sur scène en 2018 uniquement. On avait annoncé sur les médias sociaux qu’il y aurait des invités, sans toutefois en dévoiler les noms. Ceux-ci différaient de ceux du spectacle de Montréal ; on y retrouvait notamment KALLITECHNIS, qui figure sur la plus récente pièce, PNJ. C’est donc entourés d’une équipe de collaborateurs que Kirouac et Kodakludo ont tiré leur festive révérence.

Ce n’est pas terminé avant d’être terminé

Pendant le spectacle, puis par la suite sur leurs médias sociaux, les deux rappeurs ont annoncé la sortie d’une version deluxe de leur album, « Les gradins [DLC] ». Douze nouvelles pièces le composeront : quatre interludes, quatre nouvelles chansons et quatre remixes.

Mais encore, qu’en est-il pour la suite? Si on se fie au communiqué de presse, pour Kodakludo, « c’est le début d’une nouvelle ère, d’une nouvelle vision, d’un nouveau son. Créer une nouvelle identité me trottait dans la tête. J’avais envie de me donner à fond et d’explorer une nouvelle approche musicale. » Pour Kirouac, « c’est le début d’une pause indéterminable ou d’une retraite indéterminée. J’arrive toujours pas à mettre les mots sur ce dont j’ai besoin : je sais pourquoi, mais je sais pas comment » déclare-t-il en exprimant son désir de ne pas s’étendre sur le sujet.

Dans tous les cas, on souhaite un avenir prometteur aux deux hommes, que ce soit en musique ou non. Par leur créativité débordante et leur audace, ils auront marqué les amateurs par leurs histoires, et marqué notre histoire musicale.

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