Soirée Métal Noir à la Source de la Martinière

Malebranche-Photo: Marie-Raphaëlle LeBlond

Ce sont les fruits du hasard et une part de curiosité qui m’ont conduit samedi dernier à la Source de la Martinière pour assister à une soirée de métal noir où j’ai pu initier mes oreilles profanes à un genre musical qui m’était pratiquement inconnu. La scène métal de Québec existe et prospère depuis plusieurs années, je me devais d’aller y jeter un coup d’œil, c’est pourquoi je n’ai pas beaucoup hésité quand l’occasion s’est présentée. Loin de moi l’idée de m’improviser expert en métal noir. J’aimerais plutôt, de façon honnête, rendre compte d’une expérience nouvelle, documenter brièvement ma plongée dans un univers musical complètement différent de celui que je côtoie habituellement.

Givre

C’est Givre qui ouvre le bal en noir devant une salle déjà assez pleine qui regroupe un public étrangement stoïque. Oui, le métal s’écoute calmement : première surprise de la soirée. Une surprise dont je suis rapidement revenue parce qu’effectivement, au-delà des roulements de double pédale de la batterie et des sons de guitares lourds, le groupe présente une musique qui se veut presque atmosphérique. La construction des morceaux est assez dense. Plusieurs couches mélodiques portées par trois guitaristes se superposent et offrent un rendu chargé, mais qui reste tout de même lisible. Fait intéressant, Givre est d’abord un projet studio qui a vu le jour il y a plus de dix ans et qui vient de joindre les rangs de la maison de disque allemande Eseinwald. Le groupe commence tout juste à se produire en spectacle et la sortie de leur deuxième album, « Destin messianique », est prévue pour la fin du mois de septembre. Comme quoi les chemins qui mènent à l’émergence d’un projet sont multiples.

Givre-Photo: Marie-Raphaëlle LeBlond

Conifère

Deuxième surprise de la soirée : le métal s’écoute fort. Armé de bouchons qu’une âme charitable m’a gentiment tendu, je me sens d’attaque pour la prestation de Conifère. Vêtu d’une cape à capuchon noir, le chanteur prend place sur scène, les bras en l’air, tête baissée. Le ton est donné et ça me plait. Musicalement, les structures sont un peu plus minimalistes, plus crues. L’absence de fioritures laisse toute la place aux riffs de guitare accrocheurs et entrainants.

Conifère-Photo: Marie-Raphaëlle LeBlond

Malebranche

C’est Malebranche qui prend ensuite le relais et nous fait entrer dans un univers presque mélancolique. On se sent transporté par les mélodies de guitare dans de lentes progressions et plusieurs variations d’intensité. J’aime particulièrement ce sentiment d’immersion et de mouvement que propose le groupe. On se sent projeté dans toutes sortes de directions. Des tensions se créent et se résolvent à travers des montées en puissance et des retours au calme. Le batteur, solide et agile, sait s’effacer par moment pour laisser plus de place aux autres instruments et revenir en force dans des moments d’intensité plus soutenue. Il en résulte un équilibre qui me semble très abouti.

Malebranche-Photo: Marie-Raphaëlle LeBlond

Cantique Lépreux

Originaires de Québec, les membres de Cantique Lépreux sont chaleureusement accueillis par le public de la Source. Visiblement content de revenir sur scène après plusieurs mois d’absence, le groupe prend plaisir à partager ses chansons et déborde d’une énergie contagieuse. Leur musique franche, soutenue et engageante délie les jambes des spectateurs. Les morceaux ont un son plus rock ponctué de passages mélodiques et de solos de guitares maitrisés. Doom, bassiste invité pour remplacer Matraque le temps de quelques spectacles et également membre des groupes Crépuscule et Hiverna, mène habilement la section rythmique. Avare de parole, le chanteur, Blanc Feu, présente brièvement les morceaux sans allonger inutilement les interactions avec le public. Cette attitude, partagée par les membres des groupes ayant performé précédemment, me plait particulièrement. Le partage et l’échange avec le public passe exclusivement par la musique qui prime sur toute autre chose.

Cantique Lépreux- Photo: Marie Raphaëlle LeBlond

Je suis somme toute très content de ma soirée. Je ne peux pas dire que je suis maintenant un fervent adepte de métal noir, c’est un genre musical qui reste plutôt difficile d’approche, mais je suis satisfait de m’y être frotté et d’avoir découvert de nouveaux artistes. Dernière leçon de la soirée : ça fait du bien de sortir de ses pantoufles de temps en temps.

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