Festif! 2022 – Entre mosh pit et orage

Les Hay Babies – Photo : David Sanchez

Un samedi pas pour les doux

Les enfants, on ferme les yeux et on reste à l’école ! 

Un circassien pendant un effeuillage comique. 

La rue Saint-Jean Baptiste fermée aujourd’hui en ce samedi qui nous réservait de magnifiques activités. Entre cirque, marionnettes, prestations musicales et pur plaisir, c’était une journée radieuse et électrique! 

Emma Jean Thackray

Emma Jean Thackray – Photo : David Sanchez

Un spectacle de jazz, ça complète magnifiquement l’ambiance d’à peu près n’importe quel festival et le Festif! n’a pas laissé au hasard son choix d’artiste. Emma Jean Thackray et ses trois complices ont fait fi du décalage horaire entre le sud de Londres et Baie Sain-Paul pour nous jouer un jazz fusion parfois teinté de trip-hop, parfois d’électro et toujours formidablement dansant. La multi-instrumentaliste, chanteuse, DJ et productrice et son groupe de musiciens tous aussi talentueux nous ont emmené.e.s dans les confins du système solaire en nous invitant à reconnecter avec tout ce qui nous entoure, parce qu’on est tous fait.e.s de poussière d’étoile, nous a-t-on rappelé.

Si c’est probablement ma découverte préférée du festival, le groupe va tout de même gagner à faire d’avantage confiance en leur talent et leur chimie pour pousser l’audace et l’intensité de leurs performances déjà électrisantes.

(Vincent Thibault)

Les Lunatiques 

Les Lunatiques – Photo : David Sanchez

C’est dans la lourdeur caniculaire et du rock que la journée s’est poursuivie. 

Les Lunatiques, avec humour et complicité (en plus de pièces techno comme intermèdes techniques), nous ont brassé.e.s solide avec des chansons à la fois romantiques et violentes. Un mix qui a comblé beaucoup de spectat.rice.eur.s. Pour les avoir vu uniquement virtuellement, il y avait un plaisir particulier de pouvoir enfin lâcher son fou avec eux en chair et en or.

Les musicien.ne.s au grand charisme ont ce quelque chose d’attachant et de communicatif qui donne envie de redonner par la danse et la sueur. 

(Mona Déry-Jacquemin)

Le Couleur

Le Couleur – Photo : David Sanchez

Sextuor bien connu sur la scène underground du Québec, Le Couleur avait comme ferme intention de faire dépenser tout ce qu’il restait d’énergie aux festivaliers et festivalières qui en étaient déjà à leur troisième jour de célébration. Armée d’un énorme fusil à l’eau et vêtue d’un costume de cheerleader, Laurence Giroux-Do nous a donné chaud pour ensuite nous rafraîchir gentiment.

Entre l’interprétation de leurs pièces les plus dansantes et l’invitation à former un train humain, le groupe qui mixe rock psyché rétro, disco et yéyé a chauffé la chaudière de nos cœurs à grands coups de congas, de cloche à vache et d’amour.

(Vincent Thibault)

DijahSB

DijahSB – Photo : David Sanchez

Du hip-hop de qualité ? Une ruelle un peu cachée ?

C’était l’incroyable combo qui nous attendait pour le spectacle de DijahSB à la ruelle Otis. Originaire de Toronto, iel nous a partagé ses textes aux paroles sensibles et percutantes sur des beats particulièrement brûlants. Entre parcours de l’artiste, pure énergie créatrice et un hip-hop qui retourne aux sources, c’était un vrai bonheur à découvrir! Une manière de parler au public avec ce quelque chose de décontracté qui nous donne envie de t’chiller des heures durant.

(Mona Déry-Jacquemin)

Zouz

Zouz – Photo : Samuel Gaudreault

Oh la la ! Zouz était dans la place ! 

Pendant que ça fan girlait solide sur les musiciens (oui, je parle de moi), la foule s’entassait devant la double scène Pantoum/Chyz, qui fêtaient respectivement leur 10 et 25 ans d’existence.

Entre des moments de douceur presque pop droppait des montés à saveur métal stoner aux rythmes accrocheurs qui entraînaient la foule dans un mosh pit joyeux. Zouz, c’est synonyme de qualité (musique comme merch) et avec les titres de l’album Vertige, personne n’est à l’abris de se faire happer par leurs sonorités folles. La présence des musiciens était viscérale et libératrice. 

Petite marche vers la plage pour une pause bien méritée, mais bien vite interrompue par un orage d’une violence divine qui force l’annulation des spectacles de Lisa Leblanc et des Salebarbes, mais qui nous laisse avec un ciel nuageux diaboliquement beau.

(Mona Déry-Jacquemin)

Les Hay Babies

Les Hay Babies – Photo : David Sanchez

Le trio le plus éclaté du Nouveau-Brunzwick était sur la grosse scène du Festif! en fin de journée pour mettre un peu de lumière et de rock-folk-country dans nos tympans un peu fripés. Les trois filles qui étaient présentes à la toute première édition du Festif! (en 2010!) ont démontré habilement l’expérience qu’elles ont acquis au long des années et des tournées en livrant des interprétations punchées, comiques et invitantes.

« On a eu de la pluie à tous nos spectacles cet été, mais regardez, on apporte aussi les arcs-en-ciel! » s’est écriée Katrine Noël alors qu’une petite averse a rafraîchi la foule, présage malheureusement omineux du reste de la soirée. Le groupe de fashionistas aux capes colorées, one-pieces extravagants et bottes hautes a redoublé de luminosité pour les quelques dernières pièces, nous lançant des feux d’artifice musicaux sous la forme de Limonade et Boîte aux Lettres.

Est-ce que ça vous a plu? Je viens de l’inventer, you heard it here first!

– Katrine Noël, après l’ondée

(Vincent Thibault)

Frankie and the witch fingers

Frankie and the Witch Fingers – Photo : David Sanchez

Les sorcières étaient sorties de leurs États-Unis d’origine pour venir décalisser – en bon français – le restant de nos forces.

Des mosh pit d’une violence jamais égalée, une colère incroyable envers des spectateurs qui ne relevaient parfois pas les festivali.er.ère.s tombé.e.s au combat au début du spectacle (faut-il Hubert Lenoir pour réexpliquer le fonctionnement d’un mosh pit?) et des Wall of death percutants se sont empris de nous.

Les musicien.ne.s nous ont partagé une dose de férocité et de garage rock psychédélique qui a tout décrissé sur son passage. Les body surfers déferlaient constamment et j’ai moi-même pété un plomb, deux fils se sont touchés et je suis allée défouler ma propre agressivité en fessant dans le monde.

(Mona Déry-Jacquemin)

Pas de Vincent errant, ni de famille retrouvée pour ce samedi! Nous rentrons à minuit alors que les spectacles continue, nous n’avons plus qu’un but ultime, survivre pour Saratoga à l’aube.

Pour la dernière journée ne manquez pas Laura Niquay, Martha Wainwright, Malaimé Soleil, King Hannah, Belle grand fille, Elliot Maginot, Diane Tell, Emma Beko, Sarahmée, Koriass et finalement Loud et ses invités.

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