La Noce de Cire : L’amour au Sag

Alex Burger – Photo : Adrien Le Toux

Étant originaire du Saguenay, j’ai traversé souvent le parc des Laurentides pour aller en visite chez mes grands-parents. C’était toutefois la première fois que je faisais la route pour me rendre au festival La Noce qui en était à sa quatrième édition, aka La Noce de Cire, du 30 juin au 2 juillet dernier. Travail oblige, j’ai dû manquer l’avant Noce, mais je me suis jointe à la fête juste à temps pour que les petits minous de Valence représentent fièrement ma terre d’accueil devant le monde d’ouste j’suis née. Au courant de la soirée, l’équipe du blogue était complète avec l’arrivée d’Adrien Le Toux, notre Kid Kodak officiel du week-end.

La gang de la Noce s’était donnée pour faire une tabarouette de belle programmation et, soulignons-le, avec beaucoup de diversité! On avait autant des découvertes à faire que des noms plus connus tels que Daniel Bélanger et Louis-Jean Cormier. Dans le cas de Bélanger, c’était son premier spectacle en quatre ans, et ce fut un honneur que celui-ci ait lieu à la Pulperie de Chicoutimi. La présence de ces deux hommes dans une programmation émergente tient la route, car l’un comme l’autre, ils ont inspiré de nombreux artistes de la scène actuelle. C’était beau de voir, même les plus jeunes, chanter les paroles de Bélanger, de voir ses mots traverser les générations.

En plus des scènes principales et des bars accueillant les artistes de fin de soirée, deux lieux féeriques ont également accueilli des musiciens. Le premier, la ferme Aux Fleurs Maltais, a accueilli le Mixbus dans son champ fleuri et délicieusement odorant. Les places étant toutefois très limitées, les plus rapides ont pu entrer y voir Mon Doux Saigneur et Étienne Coppée. Le lendemain, au coeur des ruines derrière la pulperie, Jean-Michel Blais nous a offert un spectacle surprise, un remplacement de dernière minute.

Et qui dit Noce, dit épousailles! Je me suis moi-même prêtée au jeu, question de vivre l’expérience complète. Au cœur des vestiges du décor de la tournée de Séduire pour Survivre, on retrouvait lui-même Gab Paquet accompagné d’Alexis Goulet Bouchard pour nous chanter la pomme. Alternant entre ses pièces originales et des reprises de grands classiques romantiques, ils ont assuré plus d’une cinquantaine de mariages avec brio! Au micro du célébrant, on retrouvait la répartie de Patrick Guérard, humoriste récemment gradué de l’École nationale de l’humour. Le trio était parfait qu’on désire pousser l’absurde de l’union ou se faire la grande déclaration émotive (et parfois un peu malaisante) devant la foule rassemblée sous la tente de l’union.

Et la musique? Et les spectacles? Il y avait beaucoup de merveilleux artistes, des noms encore méconnus comme des futurs Hubert Lenoir. J’ai toutefois décidé de vous présenter celles et ceux qui m’ont le plus impressionné.

Formule découverte

Q052

D’origine Micmac, Q052 offre une performance scénique énergique. Un rap assumé de rock a envahi la scène Hydro-Québec. Accompagné fièrement de son fils à la guitare, il nous livre des pièces parsemées de sonorités autochtones. Dans ses textes, il aborde des thématiques telles que la bataille entre le soleil et la lune et dénonce les récents féminicides de sa communauté. Il a fait également participer la foule dans un chant issu du pow-wow telle une initiation culturelle. 

Sarahmée

Sarahmée – Photo : Adrien Le Toux

La force culturelle de l’afro-beat à son apogée, la représentation de la puissance féminine, l’humanité brute et libre, c’est ce qui émane de Sarahmée et de ses deux danseuses. La chanteuse nous témoigne sur scène sa sensibilité vulnérable tout comme ça force. En clamant sur le rythme « mon frère c’est le meilleur » elle profite de la tribune pour rendre un hommage subtil et léger à son frère, Karim Ouellet. On ne peut qu’être d’accord. Définitivement, la rappeuse mérite l’attention et la reconnaissance du public pour sa personnification de l’indépendance moderne. 

Magi Merlin 

Magi Merlin – Photo : Adrien Le Toux

Si le soul est la manifestation de l’âme, Magi Merlin habite le soul de tout son être. Sa musique, sous les influences du R&B de la génération l’ayant précédée, déborde de groove bien gras, de sonorités bien ancrées dans l’intemporel. Sur scène un naturel simple et authentique habite la jeune femme. Accompagnée de son batteur et de son bassiste sur cinq cordes, elle est à la fois une manifestation de retenue et de laisser-aller exprimant l’émotion, contenue comme explosive, qui découle de ses pièces. 


Adi Oasis 

Adi Oasis – Photo : Adrien Le Toux

D’origine française et caribéenne, Adi Oasis s’exprime dans un soul anglophone. Excellente chanteuse, Adi maîtrise simultanément la basse entre ses mains sans en perdre sa justesse et sa puissance vocale. Beau à entendre, son charisme est tout aussi agréable à regarder. Il émane une chaleur sensuelle et chaleureuse de sa musique, une bulle qui nous berce et nous apaise. L’artiste a d’ailleurs produit de nombreuses pièces au caractère réconfortant au courant des deux dernières années chaotiques.

Les reines du trouble

Les deux prochaines, non seulement je les connais, mais je les aime d’amour : Lydia Képinski et Lou-Adriane Cassidy. C’est grâce à Képi que vous lisez ces lignes, car c’est en tombant sur sa musique que j’ai eu mon premier coup de foudre émergent. Par la suite j’ai exploré et je suis tombée dedans et pas juste un peu. Merci Képi! <3

Lydia Képinski 

Lydia Kepinski – Photo : Adrien Le Toux

Il y avait une frénésie avant même que le spectacle commence et c’est l’hystérie qui s’est installée lorsque Lydia est apparue sur scène. C’est avec une fougueuse mise en scène que l’artiste a conquis le public. La foule chantait fort, dansait et moshpitait en tout sens. En avant-scène, une barrière humaine s’est naturellement formée pour protéger deux jeunes enfants. Parmi eux, la plus grande fan de Lydia âgée de 10 ans, Béatrice. Vers la fin de son programme, Képinski est descendu prendre un bain de foule et la fillette et l’artiste se sont retrouvées à sauter main dans la main. Vous auriez dû voir les étoiles dans les yeux de la petite. C’était émouvant. J’avais pas mal d’attente pour mon premier spectacle de Lydia! Sa performance était toute en intensité, méticuleusement travaillée. Sa formule, plus proche du nightlife, fonctionne tellement que l’artiste n’a même pas eu besoin d’interpréter ses plus grosses pièces.

Lou-Adriane Cassidy

Lou-Adriane Cassidy – Photo : Adrien Le Toux

Mais qu’est-ce qui s’est passé entre Ça va, ça va et Réponds?! La jeune femme se dévergonde et c’est pour notre plus grand plaisir! On savait Lou enthousiaste et énergique tant comme interprète de ses propres pièces que comme musicienne pour Alex Burger ou Thierry Larose, mais elle atteint de nouveaux sommets. Si l’album Lou-Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir présente un rock assez groundé, sur scène tout explose! Une surprise n’attend pas l’autre et on en beurre épais et ça paye. La foule était en extase et le communiquait si allégrement qu’elle en a même déboussolé Lou-Adriane prise d’un fou rire d’émotions. La jeune femme nous remerciait régulièrement et soulignait à coup de « voyons la Noce, ça se passe! ». Bien que le spectacle fût copieux, il laisse un sentiment insatiable tellement c’était bon!

Voilà! Aussi vite passé que le festival en lui-même! J’offre une fois de plus mes félicitations pour le travail exceptionnel de l’équipe à l’organisation et à la programmation. Je n’ai parlé que quelques-uns des artistes présents, mais chacun d’entre eux aurait été digne de mention. La sélection a été faite avec soin et il en résulte un festival des plus agréables du début à la fin! Je suis maintenant en amour avec la Noce.

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