Festival OFF 2022 jour 2 : du fun partout

Bénévole. Photo : Nicolas Padovani

Le soleil et la découverte étaient au rendez-vous en ce deuxième jour de Festival OFF. Pour celleux qui voulaient commencer la journée de bonne heure et de bonne humeur, il était possible de se rendre à la Société des Loisirs déguster un bon café tout en écoutant l’émission spéciale de Chéri.e j’arrive à CHYZ 94.3. Les animatrices de l’émission accueillaient différents artistes de la 19e édition du OFF pour des entrevues et des prestations. Cette émission spéciale, ainsi que celle de la veille, sont encore disponibles en rediffusion.

Au Parvis

Ce fut une belle première journée sur la scène de la Fabrique Culturelle, située sur le parvis de l’Église Saint-Jean-Baptiste. Trois artistes de trois registres bien différents en ont donné pour tous les goûts aux spectateurs ainsi qu’aux passants, le tout dans une formule gratuite et décontractée qui plaît toujours autant. En plus des groupes, on a retrouvé avec plaisir l’animateur officiel du OFF depuis la genèse du festival, Pierre April, qui a présenté les différents projets avec originalité. Soulignons aussi que la DJ Catherine Roussel avait été invitée pour faire danser les festivaliers au son de rythmes new wave après les trois artistes programmés!

Bénévole

Bénévole – Photo : Nicolas Padovani

C’est Bénévole, un nouveau groupe de Québec, qui avait la belle tâche de commencer la 2e journée du OFF sur le parvis. Le rock alternatif engagé du groupe a rapidement trouvé preneur dans une foule attentive et enjouée. Une bulle étanche s’est rapidement formée et nous a fait planer à travers les distorsions et l’énergie accrocheuse de Bénévole. Le groupe est composé de Symon Marcoux (guitare), Jean-François Breton (guitare et voix), Simon Choquette (basse et voix) et Xavier Laprade (batterie). Bénévole, c’est un groupe dont tu dois te souvenir parce qu’ils ne font que commencer à nous surprendre.

Guillaume Lachapelle

Anne Painchaud

Ann Painchaud – Photo : Nicolas Padovani

Fleurie : c’est le mot qui me vient en tête le plus naturellement pour qualifier la prestation d’Anne Painchaud et de ses excellents musiciens sur le Parvis de l’Église Saint-Jean-Baptiste. Fleurs d’hiver, d’automne, de printemps, d’été. Hiver pour les moments intimes, comme sa prestation solo en primeur de Naufrage, morceau qui ne se retrouve pas sur son EP « La solitude des cœurs fanés » (dont le lancement était justement hier!) et qu’elle nous a dit n’avoir jamais joué devant qui que ce soit avant. Automne pour la maturité de ses textes, la beauté orange de ses paroles, la tendresse efficace de ses doigts sur le clavier de son piano. Printemps pour la fraîcheur musicale qui a fait vibrer le Parvis, et été pour la certitude de la lumière et de la chaleur de sa voix. Outre ses propres morceaux, elle nous a également livré une performance solo très touchante de Trente, de Karim Ouellet. Encore une fois, le Festival OFF de Québec m’aura permis de faire une superbe découverte musicale locale.

Florence Bordeleau

Bibi Club

Bibi Club – Photo : Léo Moffet

Le duo montréalais Bibi Club a pris le relais avec leur indie pop de salon. D’un côté, Adèle Trottier-Rivard nimbait l’espace sonore de nappes de synthétiseur sur lesquelles se posait sa voix claire et aérienne. De l’autre, Nicolas Basque y allait par grappes de notes de guitare tantôt délavées, tantôt plus acérées. Le tout était poussé par des rythmes de drum machine répétitifs et changeants, donnant à l’ensemble une touche new wave, dreamy et dansante. Les deux musiciens, qui ont performé sur scène au sein de nombreuses autres formations (plants and animals, Philémon Cimon, Antoine Corriveau, etc.), semblaient pouvoir laisser ici toute la place à l’expérimentation et au plaisir de jouer. « Le soleil et la mer », leur prochain album à paraître le 26 août, aborde le thème du retour à l’été après ce qui a semblé être un hiver de deux ans, ce qui s’accorde bien avec la douce atmosphère festive de leur prestation en fin de soirée sur le Parvis, sous les lumières, les lampes et les sourires attentifs des spectateurs.

Marie-Ève Fortier

À la Charpente

À la Charpente des Fauves, c’est plutôt Erika Zarya de CHYZ 94.3 qui a présenté les deux artistes, tout en soulignant le fait que la radio universitaire fêtait cette année ses 25 ans! La station rediffusait d’ailleurs les prestations de Gus Englehorn et de SEULEMENT sur leurs ondes, un beau cadeau pour leurs auditeurs qui auraient manqué l’action en vrai.

Gus Englehorn

Gus Englehorn – Photo : Léo Moffet

Ma découverte de l’année ne se hisse pas pour rien dans le cœur de ceux qui l’écoutent ! Sous les lampes parsemées de la scène, le duo nous a fait danser sur ses rythmes rock, indie, folk, country et psychédélique. Gus Englehorn nous happe par le surréalisme de sa musique et de ses paroles, avec cette touche de candeur et de cuteness overload qui désarment quiconque assiste à la prestation. Lui et sa comparse Estée Preda avaient revêtu leurs plus beaux atours pour nous gâter avec The Flea et Transform, deux chansons qu’ils font rarement en spectacle.

Ils sont tellement cutes, j’aimerais ça chiller avec ces deux-là.

Un spectateur conquis par la prestation

Mona Déry-Jacquemin

SEULEMENT

Seulement – Photo : Léo Moffet

Seul sur une scène pourtant immense, SEULEMENT était en feu pour nous screamer la douceur de ses mots. Sa musique expérimentale, planante, onirique et électronique combinée à sa présence sur scène et à la scénographie des néons flashant directement vers le public donnait cet effet d’être down the rabbit hole. La musique et la lumière étaient percutantes, nous nous laissions absorber, dansant lentement comme bercés, les yeux clos, pour mieux digérer sa force brutale et sa poésie organique. Un spectacle qui n’a semblé durer qu’un instant, avec ce sentiment de revenir à la réalité après une vertigineuse immersion.

Je pense que si j’avais été épileptique, c’est à soir que je l’aurais découvert !

Une spectatrice en sueur après le spectacle

Mona Déry-Jacquemin

Au Muotnap

À la fin de la soirée à la Scène 25e anniversaire de CHYZ, on s’est dirigé.e.s à nouveau vers l’antre du Muotnap, dont l’accès se fait via le stationnement du Pantoum. Encore une fois, plusieurs personnes attendaient déjà à la porte, visiblement fébriles de découvrir ou de redécouvrir le groupe qui venait clore la journée.

Population II

Population II – Photo : Léo Moffet

Nous étions déjà rendus à la grande finale de la soirée avec Population II, un groupe qui navigue sur une eau à la fois psychédélique, blues, rock et soft metal. Ça déchire ! Il fallait bien attacher son chapeau parce dès les premières notes nous avons été propulsés entre ciel et terre. Pierre-Luc Gratton était placé au centre de la scène avec sa batterie et son micro. Sa voix planante donnait un liant à chaque chanson. La chaleur et le plaisir ne pouvaient qu’être exponentiels dans cette soirée grandiose. Le son de la guitare de Tristan Lacombe et de la basse de Sébastien Provençal propulsaient un fuzz et une énergie sans pareil. C’est durant la piste La Danse que la soirée a pris un second envol, comme si la foule avait reçu une vague de sonorités avec une fréquence juste à point pour chatouiller la dopamine. L’extase ! Mais la crème de la crème, c’est ce qui est venu clôturer le jour 2 du OFF : c’est-à-dire une version allongée de la piste Introspection. Quinze minutes de brouillard, d’éclaircies et d’ondées musicales. Pascal Larose, artiste invité de Québec, est même venu ajouter son épingle au jeu avec une session de synthé Moog qui a ajouté un magnifique effet psychédélique à cette finale en or. Population II c’est un bonbon psychédélique à prendre sans modération.

Guillaume Lachapelle

À voir les étoiles dans les yeux un peu ou beaucoup fatigués des festivaliers qui sont sorti du Muotnap, on peut dire que cette deuxième journée de Festival OFF était réussie et que chacun.e a pu y trouver son compte. Et le fun continue aujourd’hui, avec un Parvis plus hip-hop, une charpente bigarrée et un Muotnap complètement fou avec son Grand karaoké!

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