Les Hôtesses d’Hilaire – Pas l’temps d’niaiser

Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Jacques Boivin

I think it’s safe to say we had some fun that night!

L’album

Les Hôtesses d’Hilaire
Pas l’temps d’niaiser
Duprince

Après l’incroyable opéra rock et une pandémie mondiale, Les Hôtesses d’Hilaire frappent de nouveau avec un album réalisé par Pierre-Guy Blanchard.

«Pas l’temps d’niaiser» est un album savoureux dans une continuité intelligente, on y retrouve l’énergie de « Party de ruisseau », le politisé de « Touche​-​moi pas là » et l’humour de « Viens avec moi ».

La magie de cet album réside dans la musique rock pleine d’énergie où les textures psychédéliques se mêlent aux talents de conteur de Serge Brideau. Le groupe acadien n’a pas la langue dans sa poche et, bien souvent, les paroles à l’humour grivois cachent une intelligence émotionnelle décrissante. C’est cette conscience du monde par la lucidité, une intégrité sans concessions qui fait de leur groupe un hook immédiat. Beauté et laideur sont étalés à la face du monde sans compromis. Cette démarche artistique se déroule dans leurs mots, célébrant avec nous victoires comme défaites.

Les chansons plus ironiques et politiques du début sont balancées par des chansons instrumentales comme Étude No 2, Canoë Camping et Zötessës. Les passages audio vaporeux sont la signature des Hôtesses, un équilibre toujours aussi ahurissant pour ceux qui l’écoutent. L’album se conclue par un magnifique adieu au paternel. La chanson Hilaire à Joe Brideau nous fend un peu le coeur, hommage à cette muse coriace des Hôtesses, emblème qui orne leurs albums et leur poésie.

Complet, apaisant et révoltant, Les Hôtesses ne nous niaisent jamais quand il s’agit de musique.

Le spectacle

C’est au Pantoum le 16 mai que nous avions rendez-vous avec les Hôtesses d’Hilaire qui nous attendaient couvert de talque doré comme des statues d’adoration pour leur lancement à Québec de leur album « Pas l’temps d’niaiser ».

Bouchez vos oreilles pis ouvrez vos culs.

Serge Brideau, philosophe acadien.
Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Jacques Boivin

Serge Brideau (voix, shaker et nurse), sa barbe de nouveau revenue à une consistance délectable, nous a accueillis à bras ouverts accompagné de Mico Roy (guitare, voix), de Léandre Bourgeois (claviers, voix), de Maxence Cormier (batterie, voix) et de Rémi Arsenault (tout nouveau, tout frais, basse et voix).

Ça a pris longtemps pour les paroles.

Serge Brideau au public avant l’époustouflante chanson instrumental Canoë Camping.

Débutant par les audios de Autour du trou dans une mise en scène visuelle très onirique et théâtrale, le groupe toujours aussi communicatif nous a brassés comme il se doit. Celui qui a développer des skills de shakeur pendant la pandémie avait prévu le coup, en rendant disponible l’écoute de l’album quelques jours avant et invitant chaleureusement les spectateurs à apprendre les paroles. J’étais pour ma part fin prête, boobtape ready, pour la chanson Inconfortable.

Entre pancarte de roadtrip pour nous faire chanter, blagues et confidences, les Hôtesses n’ont pas perdu leur charisme sur scène et c’est avec plaisir qu’ils ont joué avec nous dans cette tempête d’émotions qu’est l’album « Pas l’temps d’niaiser ». Si les plaines les boudent, les spectateurs et Le Pantoum étaient, eux, complètement hypnotisés par le groupe et Serge Brideau, grand conteur qui nous immerge à chaque fois dans sa lumière et sa noirceur tout en laissant place à la musique de ses musiciens talentueux.

Prochaine toune, c’est la meilleure!

Serge Brideau au public tandis qu’il quitte la scène.

Lundi, c’était un vrai moment de partage dans une bienveillance apaisante, c’était aussi des riffs qui prennent aux corps et font danser. Le spectacle a été un moment humain dans ce qui a de plus confrontant et de joyeux de nos humanités. Un moment de fête comme de recueillement, marqué par la transmission générationnelle et l’incompréhension de la société actuelle dans sa brutalité.

Le spectacle comme l’album sont des anti-abrutissement qui, par la musique, se posent des questions, presqu’en aparté, comme pour prendre le temps avec nous de déconstruire la violence du monde comme celle qui nous a été léguée.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.