Gus Englehorn + worry : Lancement de « Dungeon Master »

Gus Englehorn – Photo : Jacques Boivin

Un lancement onirique au cœur de la nuit

C’est tard dans la nuit, au Scanner Bistro, que nous avions rendez-vous pour un lancement très particulier. De nombreux spectateurs s’étaient déplacés, fébriles, voguant sur une écume de bière, ne voulant rien manquer. Une bonne partie venant même des nuits psychédéliques Pantoumiennes! Imaginez!

À minuit, aucune citrouille en vue, il ne fallait pas jouer aux Cendrillons.

worry

worry – Photo : Jacques Boivin


Première partie avec worry et ses membres Kerry Samuels (lead vocal et guitare), Joey Proteau (guitare), Laurence Gauthier-Brown (basse), Simon Choquette (batterie) et l i l a (choeurs). Entre dissonance rock indie avec une pointe punk, emo et grunge, le groupe a ouvert avec brio la soirée.

Les musiciens au look casual et leur EP en anglais « after something » ne sont pas ensemble depuis très longtemps et pourtant ils tiennent promesse en se rendant mémorable. Le look quelque peu Kurt Cobain et la musique entre The Smashing Pumpkins et les Sex Pistols dégageait une certaine mélancolie viscérale. Ce délicat côté sadness n’empêchait en rien les spectateurs de sourire et danser par petits bonds joyeux. Cette mélancolie était entrecoupée de riffs d’énergie pure, de grandes montées en puissance où soudain le rythme s’accélérait. Les deux guitares électriques et la basse donnaient une texture métallique intense à laquelle la batterie venait ajouter ce je-ne-sais-quoi de sec et de brut satisfaisant. Au côté de la voix plus grave du chanteur, la voix éthérée de l i la venait ajouter une belle élévation aux choeurs, l’artiste amenait une agréable présence scénique presque vaporeuse. Le groupe a joué une nouvelle chanson (Cold Weather Hard Conversation), promesse, celle-ci future, des bonnes tracks à venir.

worry nous a vraiment livré un intéressant jeu entre douceur et brutalité où, cerise sur le funday, Kerry Samuels venait y mettre une touche impressionnante par ses finales à la guitare.

Gus Englehorn

Gus Englehorn – Photo : Jacques Boivin


Deuxième partie et lancement tant attendu de « Dungeon Master » par les mélomanes. Gus Englehorn a été un coup de cœur et une découverte bouleversante avec cet album pour plusieurs d’entre nous.

Tout d’abord, l’album.

Gus Englehorn
Dungeon Master
(Secret City)

Avec un onirisme poétique obsédant et un côté naïf, voire enfantin drapé dans une nuée psychédélique, la musique est pimpante et entraînante. Tout a du sens et rien n’en a sur cet album et c’est un vrai délice! Enregistré à Québec au Magnétophone celui qui a beaucoup voyagé a réussi à créer un univers à son image, doux et loufoque. La pochette et l’esthétisme de l’album a ce petit côté figé dans le temps, très joueur lui aussi. Les paroles en anglais sont livrées à la manière d’une comptine avec une répétition obsessive.

C’est cette cassure avec le côté bon enfant qui est délectable, sous le doux il y a quelque chose d’aliénant, de cru. Il y a la folie de la glace et la solitude du sel.

Estée Preda qui l’accompagne aussi bien en musique que dans la vie amène son grain de sel par la batterie et les choeurs et à deux, ils portent fièrement cet album. Et fièrement ils peuvent, puisque je qualifierai de véritable bijou ce projet. Vraiment un album de qualité qui selon moi se démarque. La voix du chanteur unique et la maîtrise des deux musiciens donnent à « Dungeon Master » une originalité attachante qui donne envie de hurler TARANTULA à toute heure de la journée.

Ensuite le lancement (Oh Well).

You’re so quiet

Gus Englehorn au public attentif

Kit de jeans, cravate texane, petit toupet court et pantalon plaid, ce sont les merveilleux ingrédients donnant vie aux rayonnants Gus Englehorn et Estée Preda. Enjoués et fabuleux, il y avait quelque chose de si simple et de si franc dans leur prestation qu’il était bien difficile de ne pas être complètement charmé par le duo dans l’immédiat de leur apparition. Entre les titres de « Dungeon Master » et quelque uns de « Death & Transfiguration », Gus Englehorn nous a transportés dans son univers, véritable hydride de Monty Python rencontre Bob Dylan. Entre rock à la texture psychédélique, moments folk country et surréalisme, ce lancement s’est vécu à la manière d’un doux rêve.

Le public, lui, était ravi, dansant sur les titres tels que Exercise Your Demons, Lips et Run Rabbit Run et riant de bon cœur de la renaissance spirituelle de sa belle-sœur avec la chanson Patty Sees Her Soul.

Bien entendu, c’est sur la très obsédante, creepy et entêtante chanson Tarantula que la soirée a pris fin dans une vibe très auberge du Poney Fringant.

Mais était-ce bien la fin ?

Le rêve peut-il réellement finir? Alors que de toute évidence, il vient de commencer pour Gus Englehorn qui n’a pas fini de faire planer nos corps et conscience au-delà du sommeil. Au-delà des frontières même puisque le duo s’envole en tournée pour l’Europe!

Bref, d’ici à leur retour, je vous conseille vivement de dévorer l’album et de surveiller attentivement les dates futures en sol provincial.

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