La « Vie d’ange » de Marilyne Léonard

Marilyne Léonard
Vie d’ange
Audiogram

Festif 2021. Dimanche après-midi. Je suis au QG des médias avec quelques collègues en attendant l’heure du retour. On met des tounes à tour de rôle. Des trucs récents, d’autres plus vieux (genre des classiques de 2020). Beaucoup de rap et de hip-hop. J’ai dû proposer un truc des Hôtesses d’Hilaire, c’est mon genre de casser le beat. Juste avant que je parte, Olivier Robillard-Laveaux met Bateaux, d’une certaine Marilyne Léonard. « Écoutez ça, y’a du groove! » EN EFFET! Même pas dix secondes plus tard, une dizaine de têtes vont de haut en bas à l’unisson. On se regarde, ça sourit allègrement. Merci, ORL!

Tu sais que t’as un hit quand une gang de médias blasés trippe solide. On note son nom au Sharpie, on se dit qu’on va la surveiller attentivement, et chacun des nouveaux simples est une occasion de faire plus ample connaissance avec l’univers in-your-face de la jeune autrice-compositrice-interprète.

La voilà, dix mois plus tard, avec une première mixtape intitulée « Vie d’ange », une collection de huit chansons où se mélangent sans aucune gêne pop, rock et hip-hop. Dès les premières mesures de Mirage, on se rend compte qu’on a affaire à un beau mélange des genres. Et Léonard débite son texte avec un groove rare en français et une bonne dose de nonchalance.

Il y a beaucoup de chaleur dans les chansons de l’artiste, même lorsque la mélancolie prend beaucoup de place. Le rythme est souvent langoureux (même si le phrasé, lui, est vachement entraînant). Les textes, joliment travaillés, sont d’une belle maturité si on tient compte du jeune âge de Léonard. Des chansons d’amour qui s’adressent à une elle. D’autres pièces très personnelles qui parlent de son passage à l’âge adulte. Personnelles, certes, mais on pense que beaucoup de jeunes femmes se reconnaîtront dans la poésie moderne de l’artiste.

Ce passage à l’âge adulte, Léonard le vit en tenant de plus en plus le gouvernail. Les quatre premières pièces ont été réalisées par Emmanuel Éthier, mais pour les quatre autres (Mirage, Dans la foule, Quand tu parles et Vie de rêve), c’est elle qui mène la barque. Et elle le fait très bien, que ce soit avec l’aide de Marc Bell ou complètement seule. Il y a une ligne directrice dans le son malgré le nombre de collaborateurs qui sont passés au studio, et si on ne vous l’avait pas dit, vous n’auriez pas remarqué que plusieurs personnes se sont occupées de la réalisation.

En somme, « Vie d’ange » est une magnifique carte de visite aux grooves irrésistibles et aux pièces qui remplissent déjà toutes les promesses que Léonard pourrait nous faire. Qu’on écoute des trucs doux comme Seule ou des pièces dansantes comme Quand tu parles, on remarque dans la subtilité des lignes mélodiques et dans l’urbaine modernité des textes le grand talent de cette autrice-compositrice-interprète. Elle est déjà redoutable. Comme Cardin, Moffatt ou Képinski.

Et sur scène, elle a déjà une aisance à rendre jaloux de nombreux artistes. On l’a constaté à l’Impérial Bell le mois dernier, et vous aurez la chance de faire de même cet été (au Festival de la chanson de Tadoussac, au Festivoix de Trois-Rivières et au Festival d’été de Québec). Allez la voir!

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