Nuits psychédéliques de Québec, soir 1 : Crash météorite dans ma chambre avec Phil Bourg et Meggie Lennon

Phil Bourg – Photo : Jacques Boivin

Ce n’est rien de moins qu’un voyage galactique que nous a proposé Phil Bourg ce jeudi au Pantoum pour l’ouverture des Nuits psychédéliques de Québec.

Une explication de sa démarche et de ses intentions artistiques nous a été proposée avant même que les deux musiciens entrent en scène : « Cadencée par une succession de pièces éthériques, l’œuvre vise à brosser un tableau inspiré de la chute d’une météorite sur Terre. Débutant par des sonorités cosmiques, la musique évolue vers une ambiance qui figure les derniers instants de l’astre agonisant, rappelant l’implacable destin du corps céleste dont la course aléatoire à travers l’immensité de l’espace aura conduit vers l’atmosphère terrestre », pouvions-nous lire dans un cadre affiché dans la salle.

J’ai malgré tout tenté de me laisser porter naïvement par le récit de cette prestation spécialement créée pour les Nuits. Exercice difficile et à demi-réussi : assise sur le bois franc usé du Pantoum, je n’ai pu résister à la tentation de me transformer en comète, métamorphose intérieure certainement influencée par ma lecture du texte explicatif, mais sans aucun doute aussi par l’efficacité musicale et narrative de l’œuvre. Accompagné de Benoît Fortier au cor français, Phil Bourg nous a fait vivre des moments hors du temps. Voûté sur son piano à cause d’un banc étonnamment haut, les genoux pratiquement fondus dans le clavier, il ressemblait presque à un extraterrestre parvenu des confins de la galaxie pour nous livrer un récit. Tandis que Benoît Fortier nous ramenait sans cesse à l’éther grandiose et tranquille avec des sons de basse fréquence, Phil Bourg faisait dégringoler vers la Terre l’astre captif de son inévitable destin – celui du crash – avec une énergie extraordinaire, nous faisant passer d’une joyeuse promenade astrale à une course frénétique, puis à un chaos, pour finalement retrouver une force tranquille; c’est ce que l’artiste désigne comme un « appel collectif pour un grand éveil qui nous mènera à quelque chose de plus beau, de plus uni et de plus libre à la fois. » Bref, un plaisir pour les oreilles, pour l’intelligence, pour le cœur qui se laissait porter par une histoire merveilleusement bien rapportée.

Meggie Lennon – Photo : Jacques Boivin

La soirée s’est poursuivie avec la prestation de Meggie Lennon et de ses comparses, prestation que j’aurais envie d’intituler « Bienvenue dans ma chambre », ou quelque chose du genre. Car c’était un spectacle intime, enveloppant, d’une intimité paisible, qui s’est ouvert avec un morceau inédit, Vicious Cycle. Meggie partageait le devant de la scène avec Virginie B aux chœurs et Jules Henry (Super Plage) à la guitare dans de superbes habits bleu pastel satinés rappelant étrangement à la fois des pyjamas ésotériques et des vêtements de soirée dansante, bref, des habits dignes de la diva du Cinquième élément. Les trois autres membres du groupe, vêtus sobrement et relégués au fond de la scène, passaient plus inaperçus. Choix scénographique particulier, qui ne m’a pas laissée sans interrogations ; pourquoi cette division si franche, qui nous faisait par moments oublier la présence des trois musiciens d’arrière-scène qui avaient la malheureuse tendance à se fondre dans les rideaux ? Peut-être parce que le talent indéniable de Maxime Hébert (Uubbuurruu), David Palumbo (Atsuko Chiba) et Shaun Pouliot (Wonderboat) suffisait à les faire remarquer.

Et le sourire tendre et la danse heureuse de Meggie habitaient la scène entière, éclipsant parfois, par leur simplicité déstabilisante, le reste du monde. Sa générosité était tournée tout entière vers la salle, qu’elle semblait aimer du plus profond de son cœur; de nombreuses dédicaces ont été lancée au public, notamment un doux hommage à Jacques Boivin, qui était avec moi pour prendre les photos du spectacle.

Jardin (dont le tout nouveau vidéoclip vient de sortir, voir ici) a clairement été l’un de mes moments préférés du spectacle. Exécution impeccable, superbes harmonies de Virginie. Vraiment, la mélodieuse voix de Meggie a su s’entourer d’autres musicien.nes extrêmement talentueux.ses. Nous avons également eu droit à une seconde primeur, My Best Self, qui laisse présager, de pair avec Vicious Cycle, un excellent prochain album.

On a hâte de vous entendre!

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