Pipi, caca, miel – L’hilarant lancement de Larynx

Larynx – Photo: Llamaryon

Initialement prévu le 26 mars, le lancement de Larynx avait rapidement été déplacé au 8 avril dernier. C’est en pieds de bas dans notre mythique Pantoum qu’on pouvait assister à la prestation des pièces de son deuxième album « Applaudissez, bande de chameaux ».

Dès son entrée sur scène, le personnage de Larynx était déjà bien ancré. Marqué d’un humour qu’il décrit lui-même comme étant parfois « pipi, caca, poils », il l’utilisait avec intelligence pour manier le malaise humoristique et l’autodérision. Et c’est exactement dans cet état d’esprit qu’il faut accueillir le projet d’Alexandre Larin. Il y a une sorte de lâcher-prise qui se manifeste dans les paroles qui ne cherchent pas assidûment à faire du sens et c’est tout simplement libérateur.

« On a décidé de vous faire les tounes dans l’ordre de l’album. Y’a des changements de guitares pis toute, vous avez pas fini de m’entendre entre les tounes. » Pour bien se figurer la chose, l’album compte dix-sept pistes. Les interactions de Larynx avec la salle étaient donc des plus nombreuses au grand plaisir de nos rates en dilatation. On pourrait presque dire que la prestation était un spectacle d’humour musical. C’est ce genre d’expérience qui rend l’art vivant aussi complet et indispensable. D’un point de vue des pièces, si les airs ont le potentiel d’être aussi accrocheurs que le premier album, leur courte durée nous laissent à peine le temps de vivre pleinement les chansons qu’elles se terminent déjà. Variant entre 1:27 et 3:18, les dix-sept pièces totalisent une somme de 42 minutes. « Short and sweet. C’toute des tounes courtes. On pourrait jammer, mais on ne le fera pas » nous a d’ailleurs lancé Larynx en assumant totalement la chose.

Larynx – Photo: Llamaryon

D’un point de vue performance, le travail d’Alexandre Larin et de ses cinq musiciens était irréprochable. Le vocal de ce style musical laisse trop souvent place aux fausses notes en version spectacle, mais la voix d’Alexandre était mielleuse. Peut-être était-ce l’abus du sucre jaune avant de rentrer sur scène? « J’avais un petit mal de gorge. Je me suis endormi avec trop de pop-corn dans bouche, tout le monde fait ça tsé. Faque j’ai tchogé du miel, genre vraiment beaucoup. Normalement on est cheap, ça coûte cher du miel, mais là on m’a donné du miel faque j’ai pris genre six scoops dans de l’eau. J’ai mal au cœur. Même mon micro goûte le miel! »

L’ambiance dans le public témoignait bien de l’appréciation du spectacle. Les pieds de bas piétinaient le plancher de bois alors que les corps rebondissaient sur la musique parfois plus folk, parfois psychédélique. Fortes en corde avec deux guitares et une basse, les ajouts du Pedal Steel par Patrick Gosselin sur quelques chansons venaient bonifier les trames sans les saturer.

Une fois le deuxième album présenté, Larynx est revenu pour un rappel avec deux pièces de « Ruche de mouches », Lubie puis Lumière D’espoir. Ces chansons m’ont rappelé à quel point j’aime ce premier album. « Applaudissez, bande de chameaux » a définitivement ses pièces marquantes telles que Demain, je parle à personne ou Tu as tellement changé avec nul autres que Les Deuxluxes. Le mélange des deux albums dans le futur programme de tournée de Larynx s’annonce donc des plus prometteurs. Je vous souhaite toutefois quelques bons changements de guitares pour apprécier au maximum la folie du personnage!

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