Reno McCarthy : Drôle, sensible et attachant

Reno McCarthy. Photo : Noémie Rocque

« Run Up River » en était à quelques jours de son premier mois d’anniversaire lors de la venue de Reno McCarthy au StudioTelus du Grand Théâtre. Les rideaux rouges qui couvraient le mur derrière le bar étaient tout aussi feutrés que les nouvelles chansons. Cette petite salle intimiste se révélait des plus opportunes pour lancer dans la Vieille-Capitale ce deuxième album de l’autodidacte.

Si l’artiste joue une grande majorité des instruments sur l’album, sur scène, il se retrouve plutôt bien entouré. Arthur Bourdon-Durocher assure la batterie. Mariève Harel-Michon enjolive les pièces de sa voix, de percussions et de synthé, mais elle laisse toutefois Alexis Elina pianoter les trames principales. Les basses sont quant à elles laissées à Zachary Boileau. Malgré cette belle brochette musicale, les oreilles ayant le plus étudié « Run Up River » ont assurément noté une légère épuration des pièces. Pour ma part, c’est l’absence de Wurlitzer qui m’a le plus manqué. J’étais curieuse de découvrir le rendu de cet instrument sur scène. Descendu discuter avec la foule suite au spectacle, Reno m’a informé que l’instrument, en plus d’être évalué aux environs des 3000 $, est très lourd et que cela complique son transport en tournée.

En contrepartie à cette légère épuration des textures, Reno s’est révélé être un vrai sac à blagues. En début de spectacle, celui-ci s’était pourtant excusé d’être un peu rouillé après plus de deux ans sans spectacle. « Je suis encore dans la pandémie, je suis poche. Non, pas poche, j’ai mon propre style ». Visiblement, son propre style fait son effet, décrochant régulièrement les rires du public.

En plus de son dernier album, Reno a inclus au programme de son lancement quelques pièces d’« Angels Watching Us Dance », un microalbum personnel écrit en début de pandémie. « C’est un peu aussi un lancement pour ces chansons-là puisque je n’ai pas eu la chance de les jouer avec la pandémie » nous explique Reno pendant que Zachary laisse la basse à Alexis pour s’installer au lap steel pour ce segment un peu plus folk de la prestation.

Après un doux jeu de cordes aux textures organiques, on nous ramène directement au cœur du pop-rock avec Nightout. La chanson met en évidence la voix de falsetto de McCarthy. Si c’est dans ces aiguës que trop souvent s’affirment les failles, sa performance était juste et énergique.

Du début à la fin de ce trop court moment (une heure et quatre minutes plus précisément) la foule est restée attentive, captivée. Le naturel de l’auteur-compositeur-interprète se savourait autant pendant qu’entre ses pièces et concédait un caractère plus intimiste au spectacle. « Counterglow » était excellent, « Angels Watching Us Dance » était sensible et « Run Up River » est le parfait équilibre entre les deux. Maintenant l’album lancé, l’intégration des pièces précédentes de l’œuvre de Reno McCarthy aux nouvelles se révélera assurément en un programme encore plus riche et complet. C’est ce que nous saurons lors de sa prochaine visite, qui, espérons-le, ne se fera pas trop attendre!

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