Une Pomme pleine de vers charme l’Impérial Bell

Pomme – Photo : Charline Clavier

Ça faisait longtemps qu’on attendait le grand retour de Pomme dans la Vieille Capitale. Encore méconnue lors de son dernier passage au Théâtre Petit-Champlain il y a près de trois ans, Claire Pommet a depuis lancé Les Failles, qui a cartonné outre-Atlantique, et elle s’est imposée à l’avant de la scène musicale française, devenant même la plus jeune artiste féminine de l’année de l’histoire des Victoires de la musique cette année.

Ouais, il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis ma première rencontre avec l’autrice-compositrice-interprète originaire de Lyon… en 2015!

« Bienvenue à l’Impérial Bell. » La rumeur des gens qui papotaient en attendant le lever de rideau se dissipe en un demi-instant. S’installe alors une écoute parfaitement attentive qui durera pendant tout le spectacle.

Habillée sobrement d’un jean noir et d’un blouson blanc, Pomme s’installe seule et entame Je sais pas danser. Sa voix est triturée par plein d’effets, ce qui exige une attention particulière que le public lui accorde sans se faire prier. Puis le band (Clem aux claviers et à la basse, Caro à la batterie et aux percussions) entre en scène. Moi, qui n’avais jamais vu Pomme autrement qu’en solo, je pogne le motton.

Pomme – Photo : Charline Clavier

Les petits moments magiques se sont succédés. La douce Les cours d’eau, la charmante Les oiseaux, où Pomme s’accompagne à l’autoharpe, la rigolote Pauline, l’incroyable Saphir, toutes livrées avec aplomb, en solo ou avec Clem et Caro, qui complètent la jeune artiste à la perfection. Ou une minute, une pièce au doux crescendo qui nous enveloppe comme une grosse doudou.

Pomme prend le temps d’échanger avec son public, blaguant sur la finale d’Occupation double (qu’elle devait écouter dans la loge avec son équipe…), racontant la genèse de ses chansons, toujours avec humour et finesse, ou soulignant la propension des Québécois.es à acheter nos calendriers de l’Avent des semaines à l’avance.

C’est d’ailleurs à ce moment que Pomme nous révèle qu’elle a une « surprise » pour nous, et voilà Safia Nolin qui débarque, le sourire aux lèvres, pour interpréter en duo une bonne toune du temps des fêtes, Le sentier de neige. Les entendre les deux s’amuser, en parfaite harmonie, tout en nous laissant vivre ce beau moment avec elles, c’était ben ben ben le fun.

Tout au long du spectacle, Pomme a su envoûter le public, le tenir ultra-attentif jusqu’à ce qu’il éclate en applaudissements nourris après chaque chanson. C’est pas juste parce que la crowd était polie. Avec sa générosité, son talent et sa présence scénique, Claire Pommet ne nous laisse pas le choix. On l’écoute, on savoure et on repart de l’Impérial la tête pleine de beaux souvenirs.

Eh boy… la jeune femme un peu timide, mais déjà talentueuse que j’ai vue au Vieux Bureau de poste il y a six ans est devenue une autrice-compositrice-interprète accomplie, capable de faire manger un public jeune et moins jeune dans sa main. Tout ça en gardant sa candeur et sa simplicité des débuts.

Québec a été conquise. Une victoire fort méritée.

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