Antoine Corriveau au Grand Théâtre : à fond la Corolla!

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

C’est un secret pour personne, je suis fan d’Antoine Corriveau. Y’a un petit quelque chose chez ce dude-là qui m’attire. Je sais pas si ce sont ses textes bien ficelés ou sa musique capable de te faire planer même dans les profondeurs de l’enfer, mais j’embarque à tout coup, même quand il se montre plus léger (ce qui arrive de plus en plus).

L’année dernière, Antoine a sorti « Pissenlit », un quatrième album pas mal plus entraînant que les précédents, avec le genre de tounes qui te donnent parfois envie de partir un moshpit. C’est plutôt bien assis dans l’atmosphère apaisante de la scène de la salle Louis-Fréchette, où on était pour une dernière fois avant un petit bout (du moins dans mon cas), qu’on a pu apprécier ce show qui donnait des fourmis dans les jambes.

Accompagné de son équipe toute-étoile (Marc-André Landry à la basse, Stéphane Bergeron à la batterie, Sheenah Ko aux claviers et Simon Angell à la guitare), Corriveau a livré une prestation dynamique, pleine de couleurs aussi saturées que le rouge pétant de sa robe de chambre. Dès les premières notes de Quelqu’un, le voilà en train de faire de grands gestes amples avec sa guitare et s’élancer en mode pogo d’un bord à l’autre de la scène. Et ça sonne comme une tonne de briques. Pas étonnant quand il y a autant de magicien.nes sur scène (et à la console)!

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

Composé en grande majorité de pièces de « Pissenlit », le programme de la soirée était solide, et on aurait aimé voir le monde faire fi des consignes et se lever pour danser. Tsé, y’a de quoi se pitcher d’un bord pis de l’autre sur des pièces comme Albany et Ils parlent. Et on voyait que les popotins étaient très légers sur les chaises pendant Maison après maison, un peu moins heavy que les deux chansons susmentionnées, mais quand même propice au headbanging. Et que dire de ce jam chronométré sur Croix blanche, sinon qu’on avait envie nous aussi de s’abandonner!

Pour les fans de la première heure, habitués à un Antoine Corriveau un peu plus lent, il y avait également de beaux moments. Des morceaux comme Peut-être et Feu de forêt, où l’artiste se montre plus doux et vulnérable, auront toujours leur place dans nos coeurs. Mais fallait absolument être là pour saisir toute la beauté d’une chanson comme Les sangs mélangés, lente, atmosphérique, qui laisse la place à ce texte magnifique et à une envolée lyrique incroyable de la part de Sheenah Ko, qui fait siennes les paroles d’Erika Angell (qui chante sur l’album) tout en faisant des clins d’oeil complices à Simon.

Homme de peu de mots, Corriveau se concentre davantage sur sa musique, mais il est vraiment comique de constater que sa plus longue intervention était pour sa chanson la plus courte. Une longue anecdote rigolote sur le prénom que ses parents auraient pu lui donner (enchanté Luc, je m’appelle Yves, on s’en sort ben finalement), se demandant si Luc aurait fait les choses différemment d’Antoine. Tout ça pour finalement dire que Kenny-U-Pull, ça aurait été une chanson de Luc.

Pacing impeccable, sans qu’il n’y ait vraiment de temps morts. Juste quelques instants de douceur entre les tounes rock pour nous permettre de reprendre notre souffle. Une sono digne du Grand Théâtre, gracieuseté de Guyaume Robitaille. Un voyage en Corolla sur des routes sinueuses, où les paysages changent au gré des chansons. Une christie de belle soirée.

Je rêve encore de faire du body surfing sur une toune d’Antoine. Ça peut encore attendre un peu. Mais watch out au prochain show!

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