Saratoga au Grand Théâtre : une embellie qui fait du bien

Saratoga – Photo : Jacques Boivin

Du beau et du doux. C’est en plein ce dont j’avais besoin en ce jeudi soir de novembre, veille et lendemain de gros show rock. Et c’est exactement ce que nous ont donné Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse, de Saratoga avec ce « grand » spectacle à la fois rempli de mouvement et de lenteur.

Selon mes souvenirs Facebook du jour, ça faisait deux ans que j’attendais la venue du duo à Québec. J’avais même emmené ma blonde avec moi à Saint-Hyacinthe, question de voir un des premiers shows de leur tournée Ceci est une espèce aimée. Mais on avait donc hâte de les voir à la maison. Ça devait se passer le 22 mai… 2020.

Pas besoin de vous raconter ce qui s’est passé.

Et là, tant qu’à reporter et reporter, aussi bien offrir quelque chose de spécial aux mélomanes de Québec (et de Montréal) : plutôt qu’un petit show à deux, pourquoi pas élargir nos horizons? On pourrait inviter Éveline Grégoire-Rousseau à la harpe. On pourrait se payer la totale et faire appel à DEUX multi-instrumentistes nommés Guillaume Bourque. Pis tant qu’à être là, on pourrait demander à des danseurs contemporains (Claudia Chan Tak et Philippe Dandonneau) de se laisser aller sur les douces mélodies d’Archambault et Gasse.

Saratoga – Photo : Jacques Boivin

Si vous avez déjà assisté à un récital de Saratoga, vous étiez dans votre élément. On a commencé le show avec Amour de passage, le genre de pièce qui t’ouvre le coeur ben grand, question d’être en mesure de recevoir une belle dose d’amour pendant la prochaine heure. Mais là, contrairement à la version toute nue à laquelle on est habitué (du moins en show), les deux Guillaume et Éveline ajoutent leur petit grain de sel. Ça ressemble (un peu) à ce qu’on peut entendre sur l’album, mais en même temps, les musiciens invités n’ont pas tant tenté de reproduire les arrangements originaux que d’y aller au feeling, avec ce qui semblait le plus approprié pour les instruments qu’ils avaient à leur portée.

Pendant que les musiciens s’exécutaient, les danseurs traduisaient à coups de mouvements les émotions transmises par le duo. Il fallait les voir y aller avec intensité sur les doux « dam dam dam dam dam » de Morceaux. Un contraste magnifique, où les gestes rapides des danseurs fittaient parfaitement avec la lenteur des pièces de Saratoga.

Claudia Chan Tak et Philippe Dandonneau – Photo : Jacques Boivin

Et puis, il y avait la harpe sur Passer l’âge, le piano ou la lap steel du Guillaume de gauche, et la clarinette et l’égoïne (!!!) du Guillaume de droite, exactement là où on s’y attendait. On avait beau passer d’un duo à un quintette, il n’y avait rien de superflu, rien qui pouvait déranger.

Après avoir vu toutes sortes de shows en mode pandémie sur la scène de la salle Louis-Fréchette, je pense que je peux dire que j’y ai vu toutes sortes d’éclairages. Il y en avait des plus funky que d’autres. Certains se servaient de la salle comme toile de fond (Valence), d’autres y sont allés plus sobrement (Fuudge). Pour L’embellie, on y est allés de manière super feutrée en isolant totalement la petite scène. On ne voyait plus les 1 800 sièges derrière, on ne voyait que le duo, les musiciens et les danseurs. C’était pas une soirée pour photographes, je vous en passe un papier. Mais pour les yeux (tsé, ceux qui payent les billets), c’était du bonbon.

Pour le reste, tous les ingrédients d’un bon show présenté par nos deux doux y étaient. Les longues interventions à la fois comiques et poétiques (avec juste assez de différence dans le texte pour qu’on n’ait pas l’impression de se faire dire la même affaire pour la quatrième fois), la complicité palpable entre Chantal et Gasse, la douceur, la lenteur, la façon sans appel de nous rappeler qu’il n’y aura pas de rappel.

Une soirée qu’il faudrait répéter, de temps en temps. Juste pour le plaisir.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *