« Boats », d’Alexandra Lost : à voile et à vapeur

ALEXANDRA LOST
Boats
Pantoum Records

Après avoir tangué vers la synth-pop aux accents à la fois eighties et contemporains, le duo Alexandra Lost lance une deuxième bonne salve avec « Boats », un deuxième album bien gréé influencé par le trip-hop de la fin du dernier millénaire. Un disque smooth et groovy qui dérive tout droit vers le yacht rock.

Oubliez toutefois les gros grains froids et mélodramatiques de Portishead, c’est plutôt dans la mer d’huile des Morcheeba de ce monde que le duo a décidé de jeter l’ancre, comme on peut le constater dès les premières notes d’Alexandra’s Dream, une pièce accrocheuse parfaite pour les tours en catamaran un dimanche ensoleillé.

Jane Ehrhardt et Simon Paradis ont manoeuvré avec brio le gouvernail de cet esquif fort sympathique comme en témoignent les dix maudites belles chansons de l’album. Plus feutré que l’album homonyme, « Boats » s’écoute comme une croisière sur le bord de l’océan, et chaque pièce est comme une escale qui a ses propres couleurs.

Si le groove est présent sur plusieurs chansons, notamment la tropicale Closing Down the Weekend et l’envoûtante Santa Monica (I’m Going Home), on y trouve aussi quelques trucs qui me rappellent la pop new age super éthérée qui flottait partout à la fin des années 1980 (Land of Plenty et les voix superposées de Jane qui rappellent Enya et Dream Angus, un chant traditionnel qui s’est vu recevoir un traitement à la Vangelis), de la pop langoureuse et atmosphérique à souhait (Pays perdu et Mother’s Dauther), de quoi s’amuser dans votre love boat.

Quelques collaborateurs sont venus hisser les voiles avec le duo : Kim Drouin-Radcliffe au violoncelle (Alexandra’s Dream), Isabeau Valoix aux choeurs et Luke Dawson à la contrebasse (Closing Down the Weekend) et Jean-Étienne Collin Marcoux au vibraphone (Pays perdu). Ces trois pièces font partie de mes préférées, et l’apport de ces invité.es y est pour quelque chose.

En somme, Boats, c’est comme sortir de la marina et aller se faire bronzer la couenne au beau milieu de la mer en écoutant de la musique loungy. C’est le fun, ça permet de laisser tous ses tracas sur la terre ferme.

Ça devrait tout le temps être ça, la navigation de plaisance!

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