Le Phoque OFF 2021 : Portraits d’artistes (2/4)

Le Phoque OFF commence ce week-end, et on a bien hâte de voir tous ces beaux projets que les programmateurs du festival vont nous présenter.

Au cours des prochains jours, on vous présentera brièvement quelques-un.e.s des artistes à l’affiche cette année. Les fans de la scène locale en reconnaîtront sûrement, après tout, on ne se tanne pas de vous parler de ces fabuleuses personnes. Cependant, l’édition de cette année promet également de nombreuses découvertes même pour les mélomanes les plus curieux et chevronnés, comme le veut la tradition. Pas pour rien qu’on aime autant Le Phoque OFF!

Comme nous sommes aussi en mode COVID-19, nous avons réalisé nos entrevues à distance au moyen d’un questionnaire auquel les artistes ont dû répondre. Le principe était simple : il fallait répondre à cinq questions, dont deux obligatoires. Pour les trois autres, les artistes pouvaient piger dans une banque de questions.

Pour ce deuxième article d’une série de quatre, nous vous présentons GawbéBleu KérosèneKanen et l i l a.

Gawbé

Gawbé – Photo : Philippe Durand

En cinq mots, comment décrirais-tu le champ lexical de ton univers artistique?

Spontané – Confortable – Appartement – Hasard – Mélodie

À ton avis, qu’est-ce qui rend la scène musicale de Québec si vivante?

Les quartiers centraux de Québec sont juste tellement bouillonnants de projets : c’est fucken inspirant et entrainant.

Ton meme préféré de 2020

Quelle est ta découverte musicale de 2020?

Gaspard Eden, le meilleur accompagnateur de rides de vélo matinales.

Si tu n’étais pas Gawbé, quel artiste aimerais-tu être et pourquoi?

Si j’étais pas Gawbé j’aimerais bien être Good Morning. Ces gars-là se cassent pas la tête et sortent de la nouvelle musique vraiment souvent. Leurs chansons ont toujours des mélodies plaisantes et ultra « catchy » et je trippe ben gros sur leur son lo-fi crunchy.

Bleu Kérosène

Bleu Kérosène – Photo : Noémie Rocque

En cinq mots, comment décrirais-tu le champ lexical de ton univers artistique?

poétique, coloré, liquide, chaleureux, libre

À ton avis, qu’est-ce qui rend la scène musicale de Québec si vivante?

Il y a plusieurs artistes et bands aux identités sonores très distinctes et assumées à Québec, avec des projets de tous azimuts. Ça donne un milieu foisonnant et hétérogène et c’est beau à voir! Il y a aussi une belle solidarité, une communauté qui se tient. Plusieurs musiciens·es jouent dans plusieurs projets, il y a beaucoup d’entraide. On le sent aussi avec les initiatives de soutien à la relève et les artistes émergents locaux. Première Ovation et le Pantoum sont des organismes qui font un travail vraiment formidable à ce niveau-là.

Quel.le artiste aimerais-tu être et pourquoi?

On aimerait être le bébé du ménage à quatre de Patrick Watson, Klô Pelgag, Daniel Bélanger et Nai Palm. 

Patrick Watson et Daniel Bélanger ont des univers musicaux qui nous parlent beaucoup, avec beaucoup de richesse dans les timbres et de recherche sonore. We love. Klo Pelgag est ambitieuse et unique, tant dans ses textes que dans sa musique et ses mélodies décomplexées. On adore et on admire! Et Nai Palm, tant dans son projet solo qu’avec Hiatus Kaiyote, est libre, virtuose, avec toute la chaleur de sa voix, les nuances de son interprétation et sa prise de risque.

Toustes ces artistes ont des signatures sonores distinctes. Ça nous inspire à cultiver nous aussi les particularités de notre musique et les porter fièrement.

D’où vient le nom de ton projet?

Jérémie et moi sommes arrivés à ce nom-là un peu par hasard. Je me souviens on était assis sur la banquette arrière d’un char en route vers je ne sais où, et on essayait de trouver notre nom de band. On est arrivé à ça, Bleu kérosène, on aimait la sonorité. En y réfléchissant plus, on a aussi trouvé que l’image du petit halo bleu autour des flammes qui brûlent, où les flammes bleues sur un rond de four à gaz (qui carbure des fois au kérosène) avaient quelque chose de poétique, d’intriguant. Ça a juste collé.

Quel art, autre que la musique, t’inspire le plus ?

Je peux juste parler en mon nom, mais au niveau de la composition et l’écriture de chansons, c’est la poésie orale et écrite qui m’influence et m’inspire le plus : sa cadence, son pouvoir d’évocation, ses possibles.

Étant artiste multi, je pense que je suis aussi influencée par le cirque, la danse et le théâtre dans ce que je fais musicalement. Je ne sais pas comment exactement toutes ces inspirations interviennent dans l’écriture des chansons, mais c’est certain que ces autres arts m’apportent des réflexions et des procédés créatifs qui crée un terrain fertile pour explorer des dynamiques d’écriture et de composition variées.

l i l a

l i l a – Photo : Charline Clavier

En cinq mots, comment décrirais-tu le champ lexical de ton univers artistique?

Rêverie, nostalgie, réconfort, tristesse, intrigue

À ton avis, qu’est-ce qui rend la scène musicale de Québec si vivante?

Je crois qu’il y a une certaine exclusivité qui s’est créée autour de la scène musicale à Québec (dans le bon sens du terme) depuis 2-3 ans. J’ai l’impression que les gens/groupes prennent vraiment leur temps avant de sortir de la musique ou même d’annoncer la naissance de leur projet et ça, ça ajoute à l’engouement de tous et toutes. Les gens veulent de la nouvelle musique, des nouveaux visages, des nouvelles énergies et je crois que Québec leur offre cette belle diversité de genres musicaux, d’énergies, d’ambiances et de couleurs. Il y a aussi le phénomène de spectacles-multis (musique, danse, arts visuels, théâtre) qui est très présent et fait en sorte que beaucoup de spectacles sont totalement uniques et très appréhendés… et rendent la scène musicale pas juste musicale et de ce fait, très vivante (vite vite je pense entre autre au spectacle carte-blanche du Festival OFF auquel j’ai personnellement participé en juillet 2019).

Quelle est ta découverte musicale de 2020?

Je dois avouer que tout au long de 2020 j’ai écouté et été obsédée par les mêmes 10-15
artistes. Certain.es sont des nouveautés 2020, d’autres non. en voici quelques-un.es: JFDR,
Helena Deland, Black Belt Eagle Scout, Jessica Pratt, Alice Boman, Julia Jacklin, Land of Talk,
Matt Holubowski, Gaspard Eden, Big Thief, Lana Del Rey, Ana Roxanne.

Quel art, autre que la musique, t’inspire le plus ?

Les arts visuels, la danse et le patinage artistique. Je suis beaucoup inspirée par le mouvement, le corps et les manières dont celui-ci [corps] se déplace, se place, se mouve.

Si tu n’étais pas l i l a, quel artiste aimerais-tu être et pourquoi ?

J’ai longtemps « voulu être » Elena Tonra du groupe Daughter et de son projet solo Ex:Re.
Encore aujourd’hui chaque fois que j’écoute sa musique je me dis ça. Elle dégage tout ce que j’aspire à être en tant qu’artiste et elle écrit et compose les chansons de mes rêves haha. Chacune de ses chansons est une chanson que j’aurais voulu avoir composée/écrite. Aussi, plus récemment j’aimerais bien me transporter dans l’âme et la tête de JFDR. C’est une artiste islandaise qui m’inspire beaucoup depuis 2 ans et je me demande tellement comment les idées se bousculent et se mettent en place dans sa tête pour en arriver à créer des chansons aussi uniques et touchantes.

Kanen

Kanen – Photo : Alexandre Croussette

En cinq mots, comment décrirais-tu le champ lexical de ton univers artistique?

Folk-pop, Identité, intime, bilingue, ukulélé

À ton avis, qu’est-ce qui rend la scène musicale de Québec si vivante?

Je dirais la curiosité du public. C’est beau de voir des gens qui veulent tout le temps découvrir de nouveaux artistes.

Quel.le artiste aimerais-tu être et pourquoi?

Matiu à cause de sa présence sur scène inouïe. C’est fou à quel point il est vraiment bon à parler avec le public. Si tu vois Matiu dans une programmation, tu sais que tu vas passer un bon moment.

D’où vient le nom de ton projet?

J’ai commencé mon projet de musique avec mon nom au complet, Karen Pinette Fontaine. J’étais tanné de voir un trait d’union entre mes deux noms de famille alors je voulais changer juste pour cette raison. Un jour, j’avais suivi des cours d’Innu-aimun à Québec et la professeure voulait qu’on change nos noms en français par nos noms en Innu-aimun. Dans mon prénom, il fallait changer le r parce que la lettre n’existe pas dans l’alphabet innu alors il fallait le remplacer par n. C’est à ce moment-là, dans des cours d’innu-aimun à Québec, que je me suis nommé Kanen.

Quel art, autre que la musique, t’inspire le plus ?

La poésie m’inspire beaucoup, j’ai commencé dans ça justement. J’en écris encore mais moins qu’avant à cause de la musique mais c’est toujours en moi. Quand j’ai des passes où je m’ennuie de ma communauté, je lis les poèmes de Joséphine Bacon.

On vous rappelle que Le Phoque OFF se déroulera sur vos écrans du 12 au 20 février prochains. Pour en savoir davantage, ou tout simplement pour acheter votre passe (12 $ pour 30 bands… LE DEAL DU SIÈCLE), visitez le phoqueoff.com.

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