Le soft power de Gaspard Eden

Gaspard Eden
Soft Power
(Coyote Records)

Le 13 novembre dernier est sorti le premier album de Gaspard Eden. L’hiver s’en vient, y commence à faire froid, mais Soft Power est là pour nous réchauffer le cœur.

Eden a pris beaucoup d’importance sur la scène musicale québécoise au cours de la dernière année. Avec déjà cinq singles et cinq vidéoclips, Gaspard semble être déjà bien établi. Il a un son, une touche personnelle et une certaine reconnaissance du public. C’est presque étonnant qu’il ait eu aucun autre album de sorti avant. Maintenant que Soft Power est disponible sur toutes les plateformes, Eden est enfin installé, confortable, avec un projet digne de son talent.

L’album part fort avec Bathroom Mirror. Une piste douce au départ, mais rapidement explosive. Eden marie avec justesse le synthétiseur et la guitare, créant ainsi un ton dream pop tout en gardant une sonorité bien acoustique. Les back vocals qui arrivent au climax, les accords et le chant de Gaspard dans l’intro sont tous des éléments musicaux qui me rappellent Connan Mockasin. Toutefois, Eden est bien distinct et garde une belle authenticité musicale.

L’album se poursuit avec Nothing, qui est de loin ma piste préférée de l’album. Sortie comme single ce printemps, elle avait déjà connu un petit succès aidant bien évidemment le momentum précédent la sortie de l’album. Gaspard utilise la guitare à son maximum, créant différents sons avec le même instrument. Le chorus crée un ton rêveur alors que la distorsion amène la piste dans une impressionnante extase musicale. Eden sait exactement ce qu’il fait et Nothing est bien haute dans le top des singles québécois cette année.

Pancakes prend le relais ensuite, amenant le chant de Gaspard complètement ailleurs. La piste commence avec un riff guitare/synthé classiquement Eden, mais est accompagnée d’une voix à la Bowie beaucoup plus aiguë, donnant presque l’impression que deux interprètes différents chantent sur la piste. Pancakes est belle, joyeuse et pop à souhait. J’aimerais aussi faire un spécial shoutout au synthé à la fin de la toune qui est bien satisfaisant et mélancolique comme j’aime.

Eden poursuit ensuite avec deux nouvelles pistes. Little Death me rappelle un peu Mac Demarco et Khruangbin. Le ton, le chorus sur la guitare et le rythme me donnent bien le goût d’écouter ça avec mes amis sur les Plaines d’Abraham. La basse est exemplaire et unit parfaitement tous les instruments dans la piste. Quant à Heavy Burden, on se retrouve dans une ambiance complètement différente. Bien plus adjacent à la mélancolie, Eden nous offre une piste sensible et délicate. Une piste qui évolue constamment, rappelant ainsi un doux souvenir en mutation. Heavy Burden est clairement un point fort de l’album. Malheureusement, le glitch à la fin de la toune ne m’a pas trop plu. J’ai senti une genre de gimmick un peu superficielle. Désolé Gaspard. Je suis tout de même prêt à me faire convaincre du contraire.

Gaspard semble avoir choisi l’ordre des pistes astucieusement, alternant constamment entre les singles et les nouvelles tounes. Après Little Death et Heavy Burden, Eden suit avec Automatic Dreams et Baby Black Hole. Deux hits bien importants dans l’album. Baby Black Hole est définitivement un autre point fort du projet. J’aime le vidéoclip, j’aime la sensualité de la piste, j’aime la constante note de synthé qui joue pendant la deuxième moitié des deux couplets et les clarinettes à la fin de la piste ont une place spéciale dans mon cœur.

On est plus rock avec Dry Drunk. Bien qu’elle soit relativement différente des autres pistes, elle fitte absolument. Gaspard chante merveilleusement sur la piste et les instruments sont admirablement mariés entre eux.

La piste Soft Power est un petit gâteau. C’est pas un banger, c’est juste une excellente toune. La guitare distordue qui arrive après le premier refrain est tout simplement géniale et j’aimerai la garder juste pour moi.

Finalement, l’album est clos par Password.  Une piste relaxante, douce et bien parfaite pour fermer la porte de l’album.

Le premier album de Gaspard Eden est complet. Soft Power a définitivement un son précis et fonctionne du début à la fin. Aucune piste n’est de trop et il ne semble rien manquer à l’album. Eden vient de sortir du gros stock et j’ai déjà hâte d’entendre la suite. J’aurais cependant voulu avoir un peu moins de singles avant la sortie de l’album. J’ai l’impression que les meilleures tounes du projet ont été publiées en single et j’aurais peut-être aimé davantage de surprises. Mais sinon, je ne peux que lever mon chapeau à Eden et lui dire : on se voit aux palmarès de l’année!

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