PRIMEUR : Pure Carrière et la seconde chance

Boléro
Pure Carrière
(Pantoum Records)

Le groupe slacker jazz impressionniste de Québec Pure Carrière annonce aujourd’hui sa résurrection avec la sortie de Boléro, un single de leur ancien EP auquel le duo, composé de Laurence Gauthier-Brown (Victime) et de Jean-Michel Letendre-Veilleux (Beat Sexü, Anatole), a voulu redonner un peu (beaucoup) d’amour.

La première Boléro avait été enregistrée en 2017 en formule « une take pas d’edit », tout comme le reste du E.P.1. « Le one take c’était comme un outil de création et pas une finalité en soi », explique Jean-Michel a.k.a. Jim. « La première fois qu’on a fait le EP on s’est comme un peu trompés avec ça », ajoute-t-il, précisant que le groupe jugeait alors que l’exploration des chansons s’arrêtait à la limite de ce qui pouvait être enregistré d’une traite. 

Si le résultat était somme toute intéressant, les deux membres de Pure Carrière concluent aujourd’hui que ces chansons auraient pu aller beaucoup plus loin: « Dans le fond, nos tounes on les aimait, explique Laurence, mais elles n’ont jamais existées comme il faut ». 

Et dans un univers où tout devient trop rapidement désuet, le duo a entendu une complainte résonner dans les confins de leurs cœurs: 
« Donnez-moi une seconde chance » – Boléro, E.P. 1 (2017)

Pure Carrière – Boléro

Qu’à cela ne tienne, Pure Carrière a repris du service pour créer la version 2 de Boléro dans toute sa splendeur. Sur la piste principale, encore enregistrée d’une traite, on peut entendre Jean-Etienne Molin-Carcoux battre les tambours (versus Samuel Gougoux en 2017) tandis que Jim et Laurence s’en donnent à cœur joie à la voix, à la guitare et à la basse. 

Ensuite, la piste principale a été bonifiée d’une quantité impressionnante d’overdubs les plus éclectiques les uns que les autres, sur lesquels on peut notamment entendre trois guitares acoustiques, des cordes (Jean-Michel Marois et Rachelle Baillargeon), des ultrasons (je répète, des ULTRASONS), un triangle (je répète, un TRIANGLE) et même « un vieux akai ax80 que Prov [Simon Provencher] a abandonné au Pantoum ». Provencher est aussi présent indirectement, entre autres parce qu’il a confectionné une des patchs de pédales du guitariste. Et finalement, le tout a été co-réalisé et mixé en compagnie de Simon Paradis (Alexandra Lost, Anatole). 

Le résultat est des plus intéressants : on se balance encore sur les mêmes « ben oui, ben non »  – à l’image de l’oscillation entre l’idée que nous devons nous laisser porter par le courant et celle de changer ce qui se passe autour de nous – mais cette fois toutes sortes des sonorités se mélangent pour venir éclairer l’ensemble de leurs reflets changeants, mordorés et un brin fuckés. 

« Ça clash vraiment avec l’idée du premier geste créatif, mais en même temps ça crée une belle dualité », commente Laurence. Et Jim d’ajouter: « C’est comme quand tu penses qu’une plante est morte, puis qu’elle repousse malgré tout et que ça devient un élément important de ta journée de checker comment elle va ».

C’est beau à voir et à entendre, et on est heureux de vous annoncer, d’ailleurs, que d’autres chansons de Pure Carrière ainsi que de différents projets passés des membres du duo ( tels MOM jeans, Vie, etc.) auront aussi droit au même traitement en vue de la sortie d’un prochain album du groupe, promis en février prochain.

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