Nos événements préférés de 2020

The Blaze Velluto Collection. Photo : Nicolas Padovani

On ne vous apprendra rien en vous disant que 2020 aura été une année plutôt difficile pour les artistes. On vous en a parlé un peu dans notre revue des albums de l’année, la COVID a chamboulé quelques plans.

Pourtant, c’était fichtrement bien parti. Des beaux p’tits shows de lancement comme celui de Beat Sexü en janvier, ça te rend optimiste pour la suite des choses. Pis y’a Québec qui brillait de mille feux au tout début des Francouvertes pis lors des préliminaires du Cabaret Festif! de la relève! Pis on peut tu vous rappeler à quel point le Phoque OFF 2020 était mémorable (même si on en a oublié quelques petits bouttes)?

Comment te scrapper tout ça? Parlez-en à Gab Bouchard, qui lançait sa tournée « mondiale » à L’Anti. Sa tournée s’est arrêtée drette là, pis même lorsque les mesures de confinement ont été allégées, ça n’a plus jamais été pareil. On s’est donc tourné vers les Facebook Live, qui nous ont donné quelques moments agréables, puis vers une solution plus stable : les shows virtuels. On va juste souligner ici que L’Anti Bar & Spectacles s’est bâti une maudite belle expertise en ce domaine au cours des derniers mois en présentant de nombreux shows.

Puis, quand le beau temps est arrivé, on a commencé à sortir dehors, à se rassembler à « deux mètres » l’un l’autre. Le maire Labeaume nous a invités à lancer des fêtes de rue qui ont été de grands succès, attirant même quelques artistes avec leurs guitares! On a pu aller écouter des records avant tout le monde à Baie-Saint-Paul. On a aussi vu quelques shows à l’intérieur, notamment au Grand Théâtre et à l’Impérial Bell. Hey, on a même réussi à avoir une dose homéopathique de festivals! C’est pas rien, même si c’est très dilué par rapport à une année normale!

L’équipe au grand complet a eu assez de bons moments pour qu’on vous les présente ici. Vous allez voir, on y voit beaucoup la créativité de nos prefs préférés ici :

Les choix de Noémie Rocque

Spectacle de lancement de Mon Doux Seigneur au D’Auteuil

Mon Doux Saigneur – Photo : Noémie Rocque

Mon avant-dernier show avant le confinement, et tout qu’un! Emerick et sa gang étaient précédés par Élégie, complètement disjoncté et distribuant dans la foule des Mini-Eggs qui aujourd’hui auraient été sans nul doute la source d’une éclosion de COVID! Puis, éclata toute la puissance de Mon Doux Saigneur! Alors que les rifts d’Emerick et d’Étienne Dupré guidaient nos corps en mouvement, la batterie et les percussions nous martelaient de rythmes. Je me souviens encore de notre petite Mary au beau milieu de tous ces inconnus sautillants les uns sur les autres. C’était le 5 mars, on n’aurait jamais cru ce soir-là que le reste de l’année serait aussi tranquille.

Phoque OFF 2020

Phoque OFF – Photo : Jacques Boivin

Mon premier festival en tant que média! J’ai été surprise de l’accueil de chaque nouvelle personne que je croisais, de la richesse des conversations que j’ai eu avec les différents acteurs de l’industrie émergente. J’ai compris, dans ce contexte unique et intime, la beauté de la communauté musicale du Québec, mais aussi et surtout, ma fierté de faire partie de l’équipe d’ecoutedonc.ca et de contribuer au rayonnement du talent d’ici!

Fête de la Musique de Québec 2020

Delazur – Photo : Jacques Boivin

Je n’aurais pas pu mieux terminer la saison estivale qu’au FMQ : Isabelle qui se lançait pour ses premières lignes alors que Jacques et moi, on avait la face dans nos kodaks, les headbangs, les genous qui swing, les danses illégales! Mais aussi et surtout, la qualité des artistes pour une édition in extremis! J’y ai fait de nombreuses découvertes, certaines que j’ai appris à connaître sur le coup et d’autres que j’ai appris à aimer un peu plus tard! Dans tous les cas, le temps d’une fin de semaine, la vie dans mes souvenirs, me semblait presque normale. J’ai même fait l’after!

Valence au MNBAQ

Valence – Photo : Jacques Boivin

Les petits spectacles du MNBAQ en collaboration avec le pantoum avaient un petit je ne sais quoi de fabuleux! Malgré l’espace entre les stations d’écoutes et le nombre limité de places, on sentait la chaleur humaine nous envelopper. Guidée par Vincent, la foule participait pour soutenir les musiciens retranchés de moitié pour cause de distanciation sociale. Pour ma part, j’avais une impression de retrouvaille avec ma famille du blogue et avec ses artistes, sur scène comme dans la foule, qui m’inspirent chaque jour. Parce que parfois, le vrai bonheur, c’est tout simplement le sourire de ceux qu’on apprécie! 

Lancement de Beat Sexu – Deuxième Fois

Beat Sexü – Photo : Jacques Boivin

C’était jampack au Maelstrøm! Il faisait chaud, les fenêtres et les lunettes dans la face de Jean-Étienne étaient complètement embuées! Je me souviens de Mary qui me disait que la foule était un grand rassemblement de la famille émergente de Québec, juste avant qu’elle me présente comme la nouvelle recrue toutes les cinq minutes! Il y avait dans cette salle une énergie incroyable, une fusion de passions électrisantes! Je suis tombée en amour ce soir-là, dans toute cette vibe Sexü. Depuis, chaque fois que la musique de Deuxième Fois joue, je sens une joie immense m’envahir. Pour moi, c’est exactement ce que devrait être la musique, des expériences inoubliables!

Les choix de Charline Clavier

Les Deuxluxes, le d’Auteuil, mars 2020.

Les Deuxluxes – Photo : Charline Clavier

Jasant avec Anna-Frances et Étienne du petit virus qui trainait, on pensait clairement pas que la situation s’envenimerait autant au cours des prochains jours. Et pourtant, ce fut notre dernier show avant la pandémie. Et quel show! Une bonne heure à exulter toute notre joie et à scander notre lighter fluid dans une salle bien heureuse et unie dans le rock. I’m a Man restera pour longtemps mon titre phare qui me donne envie de kicker des fesses. 

Gus Englehorn – Fête de la musique de Québec, septembre 2020.

Gus Englehorn – Photo : Jacques Boivin

J’avais un peu fait le deuil d’avoir un coup de cœur live avec un nouveau band en 2020, lorsqu’est apparu Gus Englehorn sur la scène de la fête de la musique à Québec. Leur allure de Babyshambles nord-américain m’a tout de suite happée. Brut et efficace c’est avec un album contenant 10 titres que ce couple a rythmé mon été.

Lou-Adriane Cassidy – Musée des beaux-arts X Le Pantoum, septembre 2020.

Lou-Adriane Cassidy – Photo : Charline Clavier

La douceur chantée de Lou-Adriane est une valeur sûre. C’est donc avec elle, sous un soleil de fin de journée, que la glace du confinement s’est brisée. Accompagné du talentueux Simon Pedneault, Lou-Adriane nous a délivré des chansons de son album et quelques nouveautés, dans une fragilité certaine, mais créative.

Narcisse – Fête de la musique, septembre 2020.

Narcisse – Photo : Jacques Boivin

Dansant, même à deux mètres de distance, ce fut un spectacle faisant l’effet d’un câlin revigorant. Les masques dessinés sur les visages ne servaient plus à se cacher mais plutôt à assumer et à accepter toutes nos couleurs. Une valse pour le coeur, et une envie de découvrir le chemin de ce collectif qui décrochera plus tard dans l’année la deuxième place des Francouvertes! 

Les choix de François-Samuel Fortin

FME

Photo – François Larivière

Probablement le festival qui avait le plus l’air de « la vraie affaire » de tout ce que j’ai pu vivre en 2020, regroupant une brochette d’artistes incroyables que je devais absolument voir ou revoir. Des recontres inoubliables, des moments riches en émotions, une bulle hors du temps et de l’espace et un accueil légendaire avec lequel même l’authentique parfum de la Toscane ne pourrait rivaliser. Backxwash dans un bar « bondé » (selon les standards covid), Flore Laurentienne à la pluie battante, Le Couleur en concert « spontané » dans la rue, Meggie Lennon ou Gus Englehorn sur un terrain de golf, autant de moments qui ont fait encore une fois de cette édition quelque chose de magnifique.  

Montréal Magique Musique Show

Trois soirées regroupant une programmation fort digne, culminant avec une représentation donnée par le légendaire Mac DeMarco en direct de son salon. Fort coup de coeur pour la soirée francophone toutefois, qui avec sa programmation aussi solide que variée, a permis de faire des découvertes (Totalement Sublime, prometteur) et de pogner des frissons avec des valeurs sûres (Flore Laurentienne), de verser une larme de nostalgie (Maude Audet) ou de recevoir une dégelée en pleine gueule (Population II, Laurence-Anne). L’animation légèrement awkward rendait le tout encore plus sympathique.

• Le Petit OFF

Anachnid – Photo : Noémie Rocque

Probablement les premiers concerts sur scène qu’il était donné de voir à bien des gens depuis quelques mois, les cinq concerts du Petit OFF (remplaçant un mois et demi plus tard l’édition régulière annulée pour cause de vous savez quoi) ont aussi été l’occasion de faire des découvertes même pour les mélomanes chevronnés. La Cour arrière du réacteur a été le théâtre de performances mémorables, toutes superbement captées permettant d’avoir accès aux faits saillants de ces performances. Cinq projets d’une grande qualité, quarante chaises pliantes et beaucoup de plaisir, Narcisse sous le soleil qui donne un show souvent dansant et gesamtkuntswerkesque, Gaspard Eden et son incroyable band qui nous bercent dans la mélancolie shoegaze, Yoo Doo Right qui nous hypnotise de son post rock psychédélique, Perséïde avec son trip rock psyché plus lumineux et Anachnid, le parfait amalgame de tradition autochtone et de modernité électronique.

Rues Festives

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Le maire Labeaume qui gâte son peuple en lui octroyant la licence d’organiser lui-même de petits évènements, ce à quoi le peuple répond par l’affirmative, dans la joie et l’allégresse, on ne se serait pas attendu à ça. Cet été, on pouvait boire une bière en plein milieu de la rue, pis regarder des shows des fois ou se brasser le derrière sur les sélections des DJs. C’était assez incroyable comme sensation de voir tout ce beau monde profiter de la vie, que ce soit pendant une performance de Gab Paquet, sur son 31 et généreux comme toujours, ou de Jérôme 50, en feu et parfois accompagné de Hubert Lenoir, son compagnon de busking de jeunesse (bon, sont pas encore si vieux non plus). Espérons que le retour à la « normale » puisse permettre à ce genre d’initiatives d’avoir lieu à nouveau. 

The Blaze Velluto Collection – Lancement en direct du Pantoum

The Blaze Velluto Collection. Photo : Nicolas Padovani

Un spectacle généreux et grandiose pour présenter un des meilleurs albums de l’année, comment est-ce que cela pouvait mal tourner? Les interprètes s’en sont donné à coeur joie, ce fut l’occasion de découvrir que l’artiste de grand talent Sheenah Ko fait maintenant partie du groupe, le nouveau matériel a eu la part belle, les incontournables du premier album se sont glissés dans le set, voilà pourquoi cette soirée fut si magique. Le rendu télévisuel comme tel était vraiment très bien fait, avec de beaux angles de caméra dynamiques permettant souvent de se concentrer sur la personne qui prenait les devants musicalement. Parmi les moments forts, les superbes singles présentés par le groupe avant la sortie de l’album, de Love You Black où le erhu (violon chinois traditionnel) était remplacé par un synth à la sauce thérémine. Du grand art! 

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