Découvredonc.ca : Carol of May

Illustration : Roxanne Landry

Avec ma nouvelle chronique Découvredonc.ca, je vous inviterai, au fil des prochains mois, à découvrir une panoplie de projets musicaux émergents de la ville de Québec. Depuis mon arrivée dans la Capitale-Nationale, en 2017, j’ai l’impression d’entendre un nouveau band local à chaque semaine; j’ai donc eu l’idée de partager mes coups de cœur méconnus pour ecoutedonc.ca.

Carol of May

Maxime Payeur – Photo : Christelle Bilodeau

J’ai connu le groupe Carol of May l’an dernier, par l’entremise de mon ami, l’excellent guitariste Frank Cayer, qui joue avec moi dans pas mal tous mes projets (tsé, les âmes soeurs musicales). Il me parlait souvent de ses samedis à St-Agapit où il jammait avec un genre de génie autodidacte qui trippe sur le post-punk et qui s’était monté un studio maison dans son sous-sol. Étant moi-même un gros fan de post-punk, j’attendais avec impatience d’entendre leur premier extrait, que j’ai d’ailleurs adoré. Voici donc une incursion dans l’univers de Maxime Payeur de Carol of May.

C’est en 2013 que commence à poindre l’idée de Carol of May dans la tête de Maxime. Sans formation musicale, mais avec un amour incontesté de la musique, il décide de se bâtir un studio dans sa nouvelle maison de St-Agapit. Il se découvre alors un talent pour composer des chansons et produire sa propre musique, presque par hasard. Il le dit lui-même: « J’ai été très surpris de découvrir que j’étais capable de composer de la musique. Après ça, le désir d’enregistrer n’est jamais disparu ».

En jasant un peu de son processus créatif, j’ai rapidement réalisé que Maxime était un musicien instinctif. En fait, il admet qu’il a un peu de difficulté à exposer comment il compose ses chansons. Il peut partir d’un nouveau riff ou encore créer un nouveau son sur ses synthés, puis s’en inspirer. Comme c’est souvent le cas pour les musiciens d’instinct (voire, pour la plupart des compositeurs), c’est rendu à l’étape des arrangements et de l’enregistrement que le défi se corse un peu. C’est pourquoi l’arrivée de Frank Cayer dans le projet a changé la donne. Non seulement Frank est un guitariste absolument versatile, mais il est également un excellent arrangeur ainsi qu’un très louable ingénieur de son : l’ajout parfait au projet. Lorsqu’il me parle plus spécifiquement de la chanson Over the clouds, Maxime m’explique avoir tout de suite imaginé le vidéoclip, s’être acheté une poignée de spotlights et même une machine à fumée pour faire des shows. « En l’espace de quelques jours, l’album s’est formé dans ma tête. Dès que j’ai entendu les guitares de Frank sur mes compositions, j’ai su qu’on était partis ! ».

Carol of May au Mont-Radar – Crédits : Christelle Bilodeau et Maxime Payeur

Au départ grandement influencé par les sons de Beach House (on voit clairement l’inspiration des synthés « marché aux puces » du super duo américain), le fait de commencer à utiliser un drum machine l’a emmené vers un style plus froid, plus carré, typique de l’âge d’or du post-punk. Placebo est aussi l’une de ses inspirations, surtout pour la façon de chanter et de composer les mélodies vocales. En revanche, les pièces de Carol of May dégagent, selon moi, une connotation plutôt triste et mélancolique, ce qui fait en sorte que le groupe se démarque vraiment sur la scène post-punk. En général, dans le post-punk, on aborde souvent les thèmes de société, d’actualité, mais rarement des sujets plus intimes comme ceux abordés par Maxime. Il me dit d’ailleurs viser de faire la musique la plus triste et la plus intense du Québec; être le band que le monde veut entendre durant une peine d’amour. 

Finalement, je tenais vraiment à parler de Carol of May, car Maxime a, selon moi, le type de personnalité que ça prend pour connecter avec son public. Loin de se prendre pour un autre, c’est plutôt son insécurité qui le rend si attachant. C’est tout à fait normal pour un artiste autodidacte de sentir le « syndrome de l’imposteur » et je crois que dans le cas de Maxime, ça le sert plutôt bien: on a juste envie de le réconforter.

Carol of May, un groupe à ajouter à votre liste de lecture si vous appréciez Beach House, Depeche Mode, Weezer, Indochine, ou n’importe quelle machine à hits des années 90.

1 commentaire
  1. Excellente chronique Gabriel! Je vais suivre Carol of May avec intérêt et j’espère bien pouvoir les avoir à DiapaZone CKRL 89,1 un de ces jours!

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