Prendre l’apéro avec Valence trio!

Valence – Photo : Jacques Boivin

J’avais entendu dire que le confinement avait été une opportunité pour Vincent Dufour de créer de nouveaux airs pour Valence. Je me suis donc présentée à l’apéro musical du MNBAQ avec une certaine fébrilité et curieuse de voir ce que nous avait préparé la gang du Pantoum.

À peine arrivée sur place, on m’informait que les règles de distanciation avaient retranché le groupe en deux puisque la scène qui nous faisait face ne pouvait fournir la distance de deux mètres nécessaire entre chaque ménage, les limitant de ce fait à trois membres. Les spectateurs ont donc accueilli un Valence réinventé pour l’occasion et composé de Vincent Dufour, d’Alexis Taillon-Pellerin et d’Antoine Bourque.

Pour la fidèle auditrice de Cristobal Cartel que je suis, l’expérience m’a d’abord projeté hors de ma zone de confort. Les fioritures instrumentales complexes et riches meublant habituellement leur univers sonore laissaient leur place au synthé et au drum électronique. L’atmosphère qui en résultait était totalement autre et se manifestait en une sorte d’hybride de rock indé alternatif et de pop psychédélique. Plus le programme se révélait à nous et plus nous redécouvrions ces chouchous de la vieille capitale. Au terme, l’expérience aura été aussi séduisante pour les néophytes que pour les habitués.

Valence – Photo : Jacques Boivin

Ces conditions étaient en conséquence plus que propices pour nous introduire aux nouveautés qui avaient germé dans la tête de Dufour. Dès la deuxième pièce, celui-ci a délaissé sa guitare et s’est installé exceptionnellement derrière le piano pour America et Le miracle du soleil Victorien. Inspirant les road trips et les piques- niques couchés sur l’herbe du parc Victoria, on y retrouve la prose lyrique de l’univers de Vincent. Et tant qu’à déroger aux titres qui figurent sur leur premier micro-album, les trois jeunes hommes en ont profité pour s’approprier Laisser l’été avoir 15 ans de Claude Dubois, une version rétro nouveau genre comme ils savent si bien le faire.

Nouveautés, reprises ou morceaux endisqués, c’est toujours avec authenticité que nous sont livrées chacune des chansons, comme si le groupe était habité d’une force tranquille d’où émane une grande intelligence émotionnelle. Et le public en redemande ! Pour le rappel, pas celui qui est prévu d’avance, mais celui que la foule réclame et qui surprend les artistes. Vincent est remonté sur scène le temps d’Entre deux, la troisième nouveauté de la soirée, nous laissant dans l’impatience d’un deuxième album.

Les cinquante minutes de la prestation ont défilé à une vitesse fulgurante. Bien que diminués de moitié, les membres de Valence ont su livrer une performance à la hauteur, sollicitant la participation de la foule pour bonifier et enrichir l’expérience auditive. On peut donc dire «  mission accomplie » pour Valence trio!

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