Comment Debord, ou un lancement sur le bord de quelque chose…

Comment Debord – Photo : Jacques Boivin

Quand ils ont appris que Comment Debord pourrait finalement lancer son album devant public à Montréal, notre duo de guerriers passionnés ont tété une dérogation au grand boss d’ecoutedonc.ca afin de couvrir ce spectacle hors festival, hors Vieille-Capitale. 

Organisé par Audiogram en collaboration avec CISM, ce spectacle était le premier d’une série de cinq intitulée La plage musicale, événements qui se dérouleront au Village au Pied-du-Courant tout le long du mois de septembre. Le lieu, une chute à neige réaménagée en plage urbaine avec installations éphémères, avait un charme certain et semblait être le l’endroit tout indiqué pour rouvrir le bal des spectacles à Montréal. 

Comment Debord – Photo : Jacques Boivin

Le groupe s’est installé nonchalamment tandis que les Montréalais présents s’habituaient à échanger avec un si grand nombre d’autres être humains dans la vraie vie. Au son des premières lignes de guitare bien groovées de Ville Fantombe, on s’est approchés de la scène (comme on pouvait en respectant le 2m) et on s’est calés les deux pieds dans le sable pour apprécier la suite du spectacle. 

Sur une trame définitivement influencée par les années 70, Rémi Gauvin frappait droit au but avec ses paroles aussi sagaces qu’accessibles, chantées dans un québécois vraiment propre au groupe. On a rapidement été transportés de la ville fantombe au Chalet tant rêvé, « sur le bord de quelque chose ». Impossible de s’empêcher de chanter avec le groupe, dont pratiquement tous les musiciens chantaient en choeur. 

Suivant plus ou moins l’ordre des pistes du disque, les musiciens ont enchaîné avec la langoureuse Mots d’église avant d’augmenter la cadence sur l’irrésistible Papier foil, qui nous a permis de nous dégourdir un peu les jambes avec sa finale disco boostée aux stéroïdes. On a voyagé jusqu’à Ogunquit sous les orages – pas ceux dans le ciel, ceux dans la toune, grâce à un bâton de pluie – et accompagnés par les savoureuses lignes de clavier de Willis Pride.  

Comment Debord – Photo : Jacques Boivin

Ce qui est le fun avec Comment Debord, c’est que malgré le fait que les textes soient bien mis à l’avant, chaque membre du groupe a aussi l’occasion d’y déployer son talent de musicien. Sur Bay Window, une chanson qui parvient à être catchy sans se répéter, c’est d’abord Alex Guimond qui a pu prendre les devants à la voix avant que Karolane Carbonneau se gâte un solo de guitare bien bluesé. 

Au rappel, ce fut au tour d’Olivier Cousineau à la batterie et de Lisandre Bourdages aux congas de briller en se lançant dans un duo rocambolesque sur Je me trouve laide, une pièce de leur premier EP qui s’est d’ailleurs lentement transformée en grand jam généralisé après qu’Étienne Dextraze-Monast ait renchéri d’une autre de ses bonnes grosses lignes de basse.

À voir le sourire dans nos faces (et dans celles du public) juste après le show, et ce malgré la grosse pluie qui a choisi d’éclater à ce moment-là, je crois qu’on peut dire que ça a valu le détour. 

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