Pulsart Trio lance le mini album Swing Theory

Pulsart Trio
Swing Theory
Arté Boreal

C’est dans la foulée du succès critique récolté par leur premier long-jeu que le trio jazz de Québec Pulsart trio a décidé de récidiver en publiant un EP de quatre titres faisant encore honneur au genre. 

Loin de s’en tenir aux formes habituelles du genre quant à son instrumentation, ils emploient encore une fois la formule qui a fait leur succès : un vibraphoniste (Jérémie Carrier) et un organiste (Olivier Madore-Millette) s’alternent ou se complètent avec brio pour propulser la mélodie alors que le cap rythmique est maintenu de main de maître par la batterie de Simon Beauséjour-Boudreault. Pas de contrebasse? pas de saxophone? pas de piano? Pas de problème! N’en demeure pas moins que c’est du jazz à part entière, solide et complet comme on l’aime, oscillant moins entre le fusion et le funk que précédemment. 

On remarque rapidement que leur son est ici plus traditionnel, alors que le premier album se permettait quelques libertés stylistiques, des moments plus ambiants seyant mieux son concept d’hommage à l’exploration spatiale. Dès les premières notes, on comprend qu’il s’agira d’un recentrement sur l’histoire du jazz, qui prouve bien la maîtrise des standards dont font preuve les musiciens, également impliqués dans des projets desquels semblent se nourrir ce EP. On retrouve par exemple Jérémie Carrier avec le Jean Michon Trio et Olivier Madore-Millette est à la barre des soirées Dimanche Orgue Jazz du Ste-Angèle, deux projets qui mettent à l’honneur le jazz plus traditionnel, comparativement à ce que Pulsart Trio faisait sur son premier album. 

Le premier titre, c’est Blue Monk, qui est d’ailleurs un arrangement d’une composition du légendaire Thelonious Monk, permettant tout de suite de comprendre l’évolution stylistique du trio. Le vibraphone est vraiment à l’avant-plan tout au long de la pièce alors que l’orgue assure l’ambiance sonore, mis à part un solo assez solide qui vient compléter le jeu du vibraphoniste vers la fin. 

S’ensuit Fou-Bar, une pièce hommage à un haut lieu du jazz à Québec qui est fort apprécié du trio. De la même manière, on retrouvait le Haut-Boc Boogie sur « Élévation » pour rendre hommage à un autre lieu que le groupe a pris plaisir à visiter. La mélodie fort sympathique met encore le vibraphone à l’avant-plan malgré le fait que ce soit une composition de l’organiste. Une occasion de plus d’être impressionnés par la complicité du trio qui agit vraiment à titre d’équipe; comme les trois coins d’un triangle revêtent généralement la même importance, ici tout le monde semble prendre sa place sans voler celle des autres. 

Une nouveauté remarquée pour la troisième pièce, c’est la présence d’une invitée aux vocaux, avec l’invitation lancée à Karine Champagne, dont la voix magnifique rappelle celle des grandes dames du jazz, surtout Billie Holiday. For Every Love I Can Imagine, There’s You, c’est une balade jazz composée par Olivier Madore-Millette, qui y prend d’ailleurs le contrôle au milieu de la pièce pour s’offrir un solo velouté, au tempo plus lent que ce à quoi le trio nous a habitués, en se permettant tout de même une accélération afin d’accueillir une performance de scat inspirée par le travail d’une autre grande dame du jazz, soit Ella Fitzgerald. 

Ma pièce préférée du EP arrive en dernier, mais ne s’en trouve pas amoindrie. Blues for Max, c’est une composition du vibraphoniste au tempo plus chaud et qui met bien en vedette le talent de Carrier, rendant hommage par la présente au grand Milt Jackson, un de ceux qui ont permis de populariser cet instrument et de lui remettre ses lettres de noblesse. La pièce a tout ce qu’il faut pour clore une performance live aussi, parce qu’elle est structurée de telle sorte que les prouesses de Simon Beauséjour-Boudreault puissent y prendre la vedette à plusieurs occasions, après un autre beau solo d’orgue. 

La fin abrupte du EP après un peu moins de vingt minutes en sa compagnie donne seulement envie de le faire rejouer, alors je ne saurais que trop vous recommander de l’écouter et surtout, lorsque vous en aurez la chance, d’aller assister à son interprétation sur une des scènes jazz de Québec. Du travail de professionnel, fort ludique et inspiré, permettant de prouver que Québec n’a pas grand chose à envier au reste du monde quand vient le temps de voir des projets de grande qualité publiciser et animer sa scène musicale. 

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