Klô Pelgag et l’attente d’un nouveau monde

Peinture par Florence Obrecht d’après une photographie de Marc Etienne Mongrain

Le confinement nous aura rappelé que l’attente n’est pas quelque chose de négatif. Déambuler de bord en bord de ton 4 et demie ne fera pas défiler le temps plus vite. Tu peux t’asseoir, regarder à la fenêtre, un peu, beaucoup, longtemps. Tu peux voir les choses que minimalement tu ne prenais pas le temps d’observer. Puis, tu peux accueillir les brides de musique échappées par la douce et mélancolique Klô Pelgag. 

Notre cher et tendre funambule des émotions a partagé au monde un nouveau-né en mars dernier. Par le biais d’une vidéo nous expliquant la genèse de son prochain album « Notre dame des sept douleurs », nous ressentons les chemins tortueux que l’artiste a pris et façonnés depuis l’enfance pour en sortir, enfin, des chansons d’une lumière aveuglante. 

L’histoire de ce village à la frontière de l’imaginaire nous donne envie de nous cacher les yeux avec nos mains, tout en gardant nos doigts écartés. Les monstres te passent entre les jambes, et leurs poils te laissent une pellicule sur les mollets. Et finalement, s’il ne s’agissait pas plutôt de poissons? 

J’aurai les cheveux longs nous berce par ses cordes, et l’image tendre des bras d’un ancien ami. L’apaisement des individus résonne encore et encore. L’égo de côté, on dirait que tout serait plus doux, comme cette chanson. La résignation du noir laisse place à la magnificence du lien. Klô Pelgag nous accueille au creux de son être, et il me semble que nous pourrions tous nous y retrouver.  

Rémora, seule délivrance vidéo clippé, nous amène dans un cercle plus agité, plus horrifique. Des sbires monstrueux nous emmènent dans leur danse. Spectateurs d’une traversée émotionnelle, nous assistons à la transformation de notre protagoniste. Le rythme entêté nous donne envie de nous enduire, nous aussi, le corps de pâte et de plume.  

Umami, dernière échappée en date, explose de part en part le cocon de la dépression. Toujours soutenue dans des vocalises à en faire danser en slow motion les âmes, Umani déverse la tristesse au fond d’une jarre en verre. Le surmenage et les voix contraires tourbillonnent le long des parois. Trônant au sommet d’un foyer, nous les voyons encore, les traces d’un trop long hiver. 

L’attente est longue, mais moins que les jours qui ressemblent aux nuits. Klô Pelgag nous fera offrande de son album le 26 juin prochain. En attendant, respire, regarde le temps passé, puis expire. 

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