Dany Placard – « J’connais rien à l’astronomie »

Dany Placard
J’connais rien à l’astronomie
(Simone Records)
Dany Placard
J’connais rien à l’astronomie
(Simone Records)

Il y a quelques mois, Dany Placard annonçait qu’il était en pleine création d’un nouvel album et que ce serait un virage assez rock. Il présente en ce début 2020 J’connais rien à l’astronomie, un album qui poursuit le virage rock amorcé sur Full Face. Les amateurs des ballades country-folk qui ont ponctué la première décennie de la carrière solo du chanteur seront peut-être décontenancés; ici Placard offre un voyage aux confins du psychédélisme.

L’album s’ouvre avec un diptyque intitulé There was a friend, pièce progressive dont la première partie instrumentale pave la voie à une planante mélodie qui supporte un texte éclaté en franglais: « Ça beef le jambon chicken pas pire / ça drive le bacon s’un moyen temps ». À partir de Tu me manques, on retrouve des sonorités plus proches de ce à quoi Placard nous a habitués. Cette pièce s’ouvre sur des paroles on ne peut plus directes: « Hier soir j’ai vomi dans le bain, tu me manques mon amour ». Ça le mérite d’être clair! Pulperie, le premier extrait partagé est en quelque sorte le coeur de cet album. La mélodie et les paroles sont des références claires aux joies et aux dangers des psychotropes; Placard y raconte ses hallucinations sur le mush. Quelque part, cette chanson est une belle analogie de l’expérience musicale vécue par l’auditeur. Too Late, c’est l’exception sur l’album; la seule pièce qui puise directement dans les racines folk du chanteur. Plancher, un de mes coups de coeur sur l’album, offre une dynamique “loud-quiet-loud” un peu grunge. C’est une pièce drôlement efficace. Le Lièvre est un autre délire psychédélique qui semble parler des affres du métier de musicien; c’est un moment déconcertant et un peu hermétique. Puis, il y a Maman, une costaude pièce de neuf minutes qui vient clore l’album en force avec un rock progressif qui rappelle un peu Waiting For the Sun des Doors. Le protagoniste de cette chanson tente de convaincre sa mère qu’il va bien sans visiblement trop y croire. Le tout supporté par une des compositions musicales les plus jouissives de l’album.

Dans l’ensemble les chansons sont chargées, ça part dans plusieurs directions et si le tout manque un peu d’unité, Placard offre un album (très) rock réussi et surprenant. Peut-être  s’aliènera-t-il quelques amateurs de la première heure, mais il pourrait en conquérir de nouveaux.

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