Félixe – « Prélude »

Félixe
Prélude
(Rozaire)

Aujourd’hui, le miroir de Véronique Bazin nous renvoie un tout nouveau reflet d’elle-même, sous des notes aux couleurs puissantes et dark, toujours avec cette même énergie qui véhiculait à travers son ancien projet musical qu’est Véronica Winter. Cependant, c’est maintenant le masque de FÉLIXE qu’elle porte sur scène, telle une seconde naissance de l’artiste sur la scène musicale québécoise pop rock ambiant. Mais pourquoi FÉLIXE? Nom faisant référence à ce frère qui n’aura jamais vu le jour, elle souhaite faire hommage à sa mère et sa famille, et on ne peut que constater à l’écoute de son nouveau projet l’introspection faite dans la lourdeur et la beauté de ses drames intérieurs.

C’est ainsi qu’elle lance le 13 septembre dernier sous ce nouveau personnage de scène ce premier album qu’elle nomme Prélude. Je me demande alors s’il est trop tardif pour partager mon appréciation de l’album malgré qu’un mois s’est écoulé depuis sa sortie. Ah, pis let’s go! Mieux vaut tard que jamais, surtout que je sais pertinemment que cette artiste sera une surprenante découverte musicale pour plus d’un d’entre nous, comme il en a été le cas pour moi tout récemment. Voyage dans l’univers de Prélude.

J’écoute les premiers titres de l’album pour découvrir une ambiance parfois pop, parfois grunge puis rock, mais toujours sur une trame planante et poignante, emplie de nuances sombres et profondes. En écoutant sa voix, je ne peux m’empêcher de penser à Salomé Leclerc; artiste que j’ai découverte cet été dans le cadre du FME en Abitibi et qui avait été mon coup de coeur du festival, par son approche féminine et douce du rock. Je fais cette analogie ainsi comme un grand compliment. Je retrouve en Prélude une atmosphère planante mais assumée, où la guitare électrique occupe une belle place au sein de l’album et qui vient faire une étonnante détonation avec la douceur de la voix et les paroles mélancoliques. Elle nous parle d’amour, de dérapage, de solitude, d’un écho qui ne nous revient pas toujours comme on l’aurait souhaité, toujours avec une profondeur sentimentale qui vient nous prendre par les tripes. FÉLIXE est celle qui crie les couleurs qui l’ont saturée, qui construit une puissance par la simplicité.

J’ai notamment en tête la composition La vérité c’est que qui m’a inspiré un message de résistance et de force tout au long de la trame, et qui fait nuance à la toute fin par les paroles « j’ai besoin de toi ». La vérité c’est que reste cependant ma préférée, suivie par Pas le temps. Contrastes entre les rythmes, les timbres et les ambiances différentes à chacune des composition tout en gardant le fil conducteur qu’est son cri du coeur, je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ces nuances que l’artiste nous propose. Elle expose à sa façon la beauté de la langue québécoise en utilisant des mots rauques et poétiques qui viennent nous chercher dans le ventre et notre culture.

Puis, lorsque l’écoute de Prélude s’achève, une drôle de sensation apparaît en moi, celle d’avoir réglé mes insécurités avec moi-même, d’avoir traversé avec elle une époque difficile, sans jamais perdre espoir que l’histoire se terminera par une victoire. C’est à ce moment qu’on partage le sourire en coin avec FÉLIXE, pour qui les cris de guerre n’auront été au final qu’une forme de déploiement.

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