Bellflower – « Upside Down »

Bellflower
Upside Down
(La Tanière)

Bellflower nous avait offert un très beau premier album il y a trois ans, et on avait bien hâte d’entendre le successeur de « The Season Spell ». C’est donc avec le plus grand des plaisirs qu’on a sauté sur « Upside Down », une collection de 11 chansons qui nous plonge dans l’univers cinématographique d’Em Pompa et de ses 7 camarades.

On est un peu pris par surprise par la première chanson, la pièce-titre de l’album, qui amène la formation dans un territoire un peu plus uptempo que ce à quoi on nous avait habitués. Oui, les éléments jazzy sont toujours là, les harmonies vocales sont toujours grandioses, mais cette pièce a un peu plus de mordant que le reste de l’album.

Une fois la surprise passée, on retrouve Bellflower dans son élément : pop atmosphérique, percussive, qui mélange les voix de Pompa (et de Kathryn Samman, qui s’avère le contrepoids parfait) à la chaleur des cuivres (Alex Dodier, Nicolas Boulay et l’omniprésent Félix Petit), aux doigts de fée de Jérôme Beaulieu, à la basse de Jérémi Roy et à la batterie de William Côté (qui coécrit également la musique avec Em Pompa). Et si vous pensez qu’ils allaient se contenter d’être huit, il faut ajouter les cordes (arrangées par Olivier Hébert et Pompa), qui viennent ajouter quelques couches à la musique déjà riche et complexe du groupe.

Y’a plusieurs grosses tounes sur cet album en montagnes russes, autant dans la trame musicale que dans les émotions transmises par la bande. On se promène entre l’ombre et la lumière, entre la douceur et les cris du coeur, entre la simplicité et le mur sonore. Oui, les arrangements sont très complexes (à quoi s’attendre d’une gang de trippeux de jazz et de prog), mais rien n’est superflu, tout s’imbrique comme dans Tetris, et Pompa et sa bande s’amusent à faire tomber quatre lignes à la fois à plusieurs moments sur l’album.

Je disais donc qu’il y avait plusieurs grosses tounes. Release, Vivian, Bullets, trois morceaux qui prennent de l’ampleur au fil de la pièce, sont des feux d’artifice d’émotions, mais ce n’est encore rien par rapport à My Crown, cette pièce en deux temps qui sent la tristesse du début à la fin, mais qui commence de façon mélancolique pour se terminer avec une intensité qui donne immanquablement des frissons.

Après plusieurs écoutes, force est de constater que cet album va rester longtemps près du système de son, prêt à être lancé en toutes occasions. C’est un album d’automne, qu’on écoute en regardant les feuilles jaunir, rougir, puis tomber. C’est un album prêt pour la pluie froide qui se transforme lentement en neige.

Bellflower sera au Théâtre Petit-Champlain le 12 octobre prochain. Si vous êtes touchés par l’album, vous allez tomber en bas de votre chaise en spectacle. Ce groupe-là est tight sans bon sens, mais c’est pour l’énergie du groupe que vous allez tomber en bas de votre chaise. Il reste encore quelques billets, on vous conseille de pas trop niaiser. (BILLETS)

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