Fred Fortin – « Microdose »

Fred Fortin
Microdose
(Grosse Boîte)

SURPRISE! Le grand Fred Fortin nous sort une galette que personne n’attendait sans crier gare! Intitulé Microdose, ce sixième album du maestro du Lac est une collection hétéroclite de chansons oubliées dans les tiroirs et de nouveaux morceaux qui ont peu de choses en commun, à part le fait que ce sont, comme toujours, de fort jolies tounes.

Premier constat : on est loin d’Ultramarr, l’album quasi-parfait de Fortin paru il y a quelques années déjà. C’est enregistré dans l’urgence, à la va-comme-j’te-pousse, à Saint-Félicien, tantôt avec le vieux camarade Olivier Langevin, tantôt avec la lapsteel à Joe Grass, tout le temps avec l’acolyte Pierre Girard.

Pour Microdose, Fortin voulait quelque chose de plus spontané, plus brut, qui se rapproche davantage d’un Le plancher des vaches dans sa folie et sa spontanéité. Fuck les nuances, fuck le polissage. On passe à autre chose, pis qui m’aime me suive. C’est réussi et les fans de la première heure pleurent déjà leurs vies en écoutant l’album en boucle depuis sa sortie.

Parlant de folie, avouez que vous auriez jamais pensé entendre de la flûte traversière dans une toune de Fred. Et pourtant… dans cette chanson qui se moque gentiment de San Francisco et de ce qui est cool, dès la cinquième seconde de la chanson, on y entend Erik Hove et sa flûte traversière sur un fond très west coast des années 1970.

La suite de l’album est un peu moins étonnante, mais elle demeure néanmoins satisfaisante. On y retrouve un Fortin qui rocke pas propre comme sur Électricité, Cracher en l’air ou Cuite (ça sonne Gros Mené en titi). Un Fortin folk-rock aux chansons qu’on chante en choeur comme sur Led Zeppeline ou King Size. Et plein d’autres choses encore, comme ces doux moments d’introspection que sont Cave et Bocal, qui nous montrent qu’en plus de savoir rocker, Fortin a toujours le coeur d’un grand sensible.

On va se le dire honnêtement, Microdose n’est clairement pas l’album le plus rassembleur de Fortin. On est très loin d’Ultramarr, un album qu’on a rapidement mis sur le haut de nos listes de lecture permanentes. Y’a pas de fil conducteur, de thématique, de mot d’ordre. Pas de classique en devenir comme 10 Piastres ou Molly. Seulement 36 minutes de bonne musique en douze (maudites bonnes) chansons.

Peut-être que ce son encore un peu maquette va déplaire à certains. Who cares? Les tounes sont bonnes, Fred est en forme, pis il réussit encore à nous faire hocher la tête en gang. Mentionnons au passage la pochette, signée Martin Bureau, qui est un petit clin d’oeil à la pochette de Wish You Were Here, où c’est un chien qui serre la main d’un homme en feu (un autre clin d’oeil, celui-là à Wendy, sa chienne décédée qui a elle aussi sa toune…).

Fred Fortin sera à L’Anti Bar & Spectacles les 20 et 21 novembre prochains. Billets en vente chez EXO et sur lepointdevente.com.

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