Valence – « Cristobal Cartel »

Valence
Cristobal Cartel

Après avoir, avec Medora, été un phare de l’indie rock à Québec, Vincent Dufour est de retour, cette fois avec Valence, qui lance aujourd’hui son premier EP intitulé Cristobal Cartel.

Assurant à la fois le rôle d’auteur, de compositeur et de réalisateur, Dufour nous présente ici une petite collection de cinq chansons auxquelles il a collé une étiquette « art-pop » tout à fait dans l’air du temps, sans jamais se répéter (OK, l’exercice est peut-être plus facile sur un EP, mais bon…).

Puisque les comparaisons sont inévitables, faisons-les tout de suite. Si, avec Medora, Dufour avait un petit côté post-punk, un brin brutal, ici, on a droit à exactement le contraire : Cristobal Cartel est un maxi smooth au maximum. Plutôt qu’un torrent de guitares, on est emporté par un doux ruisseau de synthés et dirigé par une douce brise provenant de ce sexy sax qu’on entend un peu partout au fil du EP.

On aime beaucoup le petit côté désinvolte de Jupes aquariums, qui a l’effet rafraîchissant des jeux d’eau du parc du quartier. De son côté, Cristobal est plus langoureuse, mais on y reconnaît ici très rapidement les lignes mélodiques de Dufour. Genre, c’est pas du Medora pantoute, mais c’est ce qui s’en rapproche le plus. Mais c’est tellement plus… sexy!

Le hit de ce mini-album, c’est Sophie, le premier extrait publié à la fin de l’hiver. Il y a un petit côté Destroyer/Timber Timbre dans cette chanson qui est complètement irrésistible avec l’omniprésence du saxophone. Et une immense envie d’évasion :

Si nos jambes se plaisent à contourner les bombes 
Ou si on se fait prendre à défier les violences 
On pourra toujours décrisser 

Tant qu’à sortir des paroles, parlons-en, notamment à propos de la chanson Parasols. Si Dufour n’est pas un Leloup, il a quand même une maudite belle plume (mais on le savait déjà). Il ne se perd pas dans un champ lexical trop vaste, il ne passe pas son temps le nez dans son Grand Druide des synonymes. Sa poésie est simple, directe, va droit au but :

Réveille-moi, arrache-moi 
De mon sommeil, de mon coma 
Si tu t’abandonnes emmène-moi 
Loin de l’ombre, des parasols 

Pourtant, ça reste efficace et imagé sans tomber dans la facilité. Point : Valence.

Cristobal Cartel se termine avec La démesure de nos désirs est une émeute, douce, langoureuse, chaude comme l’eau de la piscine au retour du Festif. C’est beau, ça nous rappelle plein de souvenirs d’été, ça donne envie de chiller sur la plage pendant que Valence joue en arrière-plan.

Même si Dufour se tape le gros de la job, ici, il faut souligner le travail de ses collaborateurs, dont Aubert Marsolais aux percus, Alexis Taillon-Pellerin à la basse, Olivier Bresse aux synthés, et Benjamin Tremblay-Auger et Antoine Bourque aux vents. Si ça sonne comme une tonne de briques, c’est un peu grâce à eux.

Alors voilà. On en aurait pris plus, mais c’est un maudit beau début. Un mini-album pour romantiques écrit, composé et réalisé par un grand romantique qui ne se prend pas trop au sérieux.

Mais vous savez tous aussi bien que moi qu’avec Valence, comme tous les autres projets de Dufour, c’est sur la scène que ça va se passer. Et c’est pour ça qu’il faut que vous soyez là au lancement, qui aura lieu le 6 juin prochain au Maelstrom Saint-Roch, pis que vous reveniez faire votre tour au Festival OFF (deux ambiances : tard le soir, pis au brunch).

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