Robert Charlebois – Grand Théâtre de Québec, 25 mai 2019

Robert Charlebois - Photo : Karoline Boucher

Robert en « CharleboisScope » est une production visuelle originale de 4U2C et Champagne Club Sandwich.

Avant de déconstruire textuellement ce spectacle d’envergure, remercions particulièrement Karoline Boucher pour les clichés de cette soirée mémorable.

Après 55 années de carrière, le montage audio-visuel est un réel bonbon, autant pour la réalisation que pour la réception. Rétrospective cinématographique à l’arrière plan, le pétillant septuagénaire à la chevelure symboliquement frisée franchit la scène de Louis-Fréchette en costume blanc, de la tête au pied. Appuyé par un « big band » rock de huit musiciens en alternance, Charlebois nous balance d’entrée de jeu une récente parution. Le Manque De Confiance en soi, inspiré d’un texte inédit des années 1970 écrit par Réjean Ducharme.

On va manquer not’ coup On va faire foulball
on va faire pétak
On va manquer not’ coup
On va s’faire pogner
Pis on va t’y gouter

Robert Charlebois – Photo : Karoline Boucher

Parlant d’y goûter, le Montréalais réserve ses meilleurs coups de langue à sa guitare en guise de notes. Ne tardant pas à retomber dans ses succès d’autrefois, la salle comble se réjouit incessamment d’entendre Les Ailes D’un Ange. Qui sait, monsieur Charlebois a peut-être réellement utilisé les ailes d’un ange pour atterrir à Québec ce soir-là. Si le mystère des ailes reste à déterminer, on peut affirmer sans retenue que Charlebois ne fait pas ses 74 piges. Ses jambes vigoureuses grouillent dans tous les sens tel un jeune guitariste dans la fleur de l’âge. D’ailleurs, l’auditoire le constate à merveille sur la psychédélique Ent’ deux joints. Entre ses deux joints, la légende montréalaise a visiblement pris une gorgée dans la fontaine de jouvence. J’ose croire qu’il ne boit pas seulement de la Unibroue. Ensuite, il délaisse sa guitare (splendide Gretsch crème et or) question d’être Tout Écartillé en bonne et due et forme. J’attendais ces deux dernières pièces, aux notes pop-rock déphasées, avec impatience. Même si certains préfèrent sa pop française chansonnée du milieu des années 1960, j’affectionne particulièrement le son de 69 à 75 parfois très psyché, quasiment expérimental.

Robert Charlebois – Photo : Karoline Boucher

Avec une discographie aussi volumineuse que celle de Charlebois, les titres phares et moments forts de ce concert se comptent par dizaines. Visuellement, la diffusion du film western « Un génie, deux associés, une cloche » pendant l’interprétation de Fu Man Chu  captive vivement l’assistance. Mettant en vedette le principal intéressé, la sollicitation multisensorielle reçue nécessite une sacrée concentration pour apprécier l’ensemble de l’oeuvre.

Impérativement digne de mention, l’arrivée de son amie de longue date, Louise Forestier, en ravit plusieurs. Vêtue de blanc elle aussi, elle n’a également rien perdu de son lustre vocal. D’entendre California mais surtout Lindberg en version intégrale et de ressentir la chimie entre les deux, je me sens privilégié, rien de moins.

Au terme d’une prestation frôlant les deux heures, garnie de trois rappels incluant notamment J’taime comme un fou et Je reviendrai à Montréal, un jeune mélomane de 25 ans est comblé, tout comme la foule de nostalgiques présents au Grand-Théâtre en ce samedi 25 mai.

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