Chroniques d’Austin – no. 7 : février

Illustration – Madeleine Aubin

Austin Music Awards, 27 février 2019

Organisée par l’hebdomadaire culturel local The Chronicle, la 37e édition des Austin Music Awards avait pour thème le slogan Many Sounds, One City. C’est un descriptif que les Awards portent bien, étant donné la panoplie de genres représentés dans la longue liste de catégories et qui fleurissent maintenant en abondance dans la capitale texane: country, bluegrass, rock, folk, mais aussi jazz, funk, électro, expérimental… Et j’en passe. Les Awards sont aussi l’occasion de souligner à la fois le talent d’artistes émergents ainsi que la présence à long terme d’acteurs importants de la scène locale. En effet, après le dévoilement en fin de soirée du Best New Band of the Year , l’évènement s’est terminée avec un hommage tout en rap en l’honneur du défunt MC Overlord (dont le plus grand point d’intérêt fut, pour ma part, l’usage de vraies tables tournantes pour faire les sons de scratching !). On a aussi remis deux prix d’honneur à des personnes qui, avec les années, se sont révélées indispensables dans l’évolution de la scène locale. Ainsi, le prix Townes Van Zandt for Songwriting a été remis à Alejandro Escovedo et le prix Margaret Moser for Woman in Music , à Dianne Scott. Finalement, nous avons eu droit à de multiples prestations, autant encore une fois de la part d’artistes émergents que de légendes de la scène locale et au-delà. C’est ainsi que j’ai pu entendre, entre direct, la célèbre pièce Tom’s Diner de Susanne Vega ainsi que la d’autant plus célèbre voix de Jakob Dylan, des Wallflowers. Sans plus tarder, voici en galerie photo un aperçu de cette soirée et des prix remportés.

Bon, maintenant que les Awards et vous avez fait connaissance, place aux faits saillants en rafale.

  • J’ai été particulièrement étonnée par le bon roulement du gala, qui d’ailleurs s’est terminé à l’avance (du jamais vu, apparemment, dans le monde des Awards).
  • Le surplus de temps en a justement surpris plus d’un, y compris le récipiendaire du prix Musician of the Year, Shakey Graves, qui s’est donc permis de se lancer dans le récit biographique de sa vie: partant de rien – je veux dire, seulement de quelques rôles au cinéma, comme dans Spy Kids 3 – cet artiste country-folk est rapidement devenu très populaire. Il incarne en quelque sorte le rêve américain pour tous ces groupes locaux qui emménagent à Austin dans le but de vivre de leur musique. Fait intéressant, sa carrière a été marquée par un spectacle de Bob Log III, le même que certains ont pu voir au Festif! l’été dernier.
  • Certains groupes, tels que The Black Pumas, qui a remporté le prix du groupe de l’année et de la chanson de l’année avec Black Moon Rising , étaient réellement issus de la scène locale. Notons-le, les Pumas n’ont même pas encore d’album à leur actif, seulement un groove sans pareil et un son musclé. Or, j’ai été surprise de constater que certains prix dits «de l’année» aient été remportés par des artistes établis tels que Willie Nelson ( Best Country) ou encore Emily Gimble ( Best Keyboards) . Si vous avez lu mes chroniques, ironiquement, vous savez de qui je parle.
  • «I am here to remind you that women are taking over!», nous annonçait l’animatrice en début de soirée. Comme de fait, le prix Best Guitar fut remporté cette année par l’artiste afro-américaine Jackie Venson, qui a soutenu dans son discours de remerciement que ceci était un nouveau pas franchi pour les femmes en musique, et ce en particulier pour les femmes noires. Le prix Best Punk, quant à lui, a été remporté par un groupe ouvertement féministe, Sailor Poon. Quand on vous dit qu’Austin est un ilôt progressiste dans une marée républicaine! C’était d’ailleurs la troisième fois que ce prix Best Guitar était gagné par une femme au Austin Music Awards (je sais, en 37 ans… lentement mais sûrement, à ce qu’on dit).
Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *