Illustration © Madeleine Aubin

Même si je virevolte entre le Québec et le Texas, je suis certes une créature d’habitude. C’est pourquoi, en février dernier, vous auriez encore pu me trouver (si vous étiez là) au Cheer Up Charlies, au Hole in the Wall ou bien au café Radio, lieux qui m’ont apprivoisée avec leurs charmes bien différents. Permettez-moi, d’ailleurs, un petit interlude poétique afin de vous en donner une meilleure idée (de toute façon, vous n’avez pas vraiment le choix).

 

Ode aux lieux de mes habitudes

Cheer Up Charlies, j’aime tes couleurs flamboyantes, je me perds dans les filets et les marées de lumière qui décorent ta scène extérieure, où les artistes défilent sans relâche. Tes tater tots réchauffent mon coeur et rendent mes doigts graisseux pendant que tes mocktails créatifs me désaltèrent.

En février j’y ai retrouvé Being Dead lors d’un «double-lancement», coincé quelque part entre cinq autres prestations tout aussi savoureuses.

Hole in the Wall, tes toilettes méritent à elles seules un poème. Murs roses par plusieurs endroits défoncés. Pas de cabines mais deux toilettes côte à côte, «pour les amis vraiment proches». D’innombrables graffitis et collants décorant murs et miroir, affichant toutes les strates d’histoires banales qui se sont accumulés entre ces quatre petits murs, le temps d’un soulagement de vessie. Tu es le lieu des débuts et des fins de parcours, l’escale obligée des créatures d’habitudes qui aiment à se retrouver.

Ce mois-ci The Oysters y a joué à l’occasion de l’ouverture officielle d’une cuisine dans cet endroit hétéroclite, qui accueillait pour la même occasion un tatoueur (bien sûr). En tout cas, les frites étaient bonnes!

Radio, ton voisin fait les meilleurs tacos en ville, et c’est génial parce qu’ils se marient bien avec ton kombucha en fût – on est hip ou on ne l’est pas. Toi, tu es hip avec tes soirées quiz, tes compétitions de skateboard ou encore tes groupes indie, bluegrass…

…ou jazz, comme le quatuor de manouche Scrapelli, dont les deux guitares, le violon et la contrebasse présentaient des voix bien distinctes et créatives sous les mains de leurs compétents propriétaires.

 

Bon. Je m’éloigne encore du vif d’or du sujet. Habitudes, disais-je. Or, parce qu’il faut un équilibre entre coutumier et inhabituel, j’ai aussi fait le plein de nouvelles expériences musicales, ce qui a culminé le 27 février lorsque je suis allée assister à la 37e édition des Austin Music Awards. Mais d’abord, un mot sur mes découvertes musicales du mois.

 

Découvertes musicales – Février

Go Fever

Avec une énergie rayonnante, les musiciens de Go Fever naviguent quelque part entre la New Wave des seventies tardives et l’indie-pop bien contemporaine. Je ne peux m’empêcher d’y entendre aussi la petite touche ensoleillée et rebondissante du Sud. J’ai eu l’occasion de les voir pour la première fois le 2 février dernier, alors qu’ils rockaient le Cheer Up Charlies et  lançaient leur dernier album, « Daydream Hawker ». Or, l’auteure-compositrice-interprète à la tête du groupe m’était familière; en effet, Acey Monaro m’avait déjà marquée par la qualité de ses textes et son énergie contagieuse lors des Sample Sessions, en décembre.

Jeff Olson

Bien que Jeff Olson débute à peine son parcours d’auteur-compositeur-interprète et que son jeu à la guitare soit encore chambranlant, son écriture révèle la richesse de son bagage en tant que batteur ainsi que sa formation en jazz. Ses mélodies sont originales, ses harmonies recherchées et ses textes, remplis d’esprit. Un tout nouveau projet encore à éclore et qui promet d’afficher de belles couleurs. Entendu lors de sa dernière itération au Hole in the Wall (alias le meilleur endroit pour présenter des ébauches de projets musicaux) alors que l’artiste y complétait une résidence d’un mois, les mercredis.

The Ibervillianaires

Lorsque j’étais allée en Nouvelle Orléans, l’automne dernier, j’avais cherché en vain sur Frenchmen Street d’authentiques groupes de Dixieland Jazz. Or, alors que j’étais à nouveau de passage dans cette ville chargée d’histoire, je n’ai pas eu à faire deux pas que je suis tombée nez à nez avec The Ibervillianaires. Se produisant depuis maintenant plusieurs années au 21st Amendment  – un bar sur la rue Iberville – leur musique résulte de la festive rencontre de la clarinette, la trompette, la guitare et la contrebasse tandis que, sur cet ensemble richement coloré, le chanteur Chance Bushman exécute ses pas de claquettes! Puisant dans la riche tradition néo-orléanaise, les musiciens jouent avec une précision et une verve impressionnante, laissant chacun entendre leur voix propre au cours des improvisations individuelles et collectives. Un cocktail suffisant, à lui seul, pour me faire danser jusqu’aux petites heures du matin!

Tourne la page! (Austin Music Awards, 27 février 2019)

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