Victime, FET.NAT et Absolutely Free – Le Pantoum, 23 mars 2019

Photo : Émilie Tremblay (collaboration très spéciale)

(Photos : Émilie Tremblay – collaboration très spéciale)

Avec toutes ces options de sortie, la « brasse-ville » se donnait des airs de fourmilière à mélomanes en ce week-end occupé. En ce jour du sabbat, notre (mon) incubateur de prédilection est le Pantoum. Une houblonnée dans les mains, des pantoufles aux pieds et une combinaison éclatée noisy punk/jazz expérimental dans les oreilles. Mention honorable au collectif synth pop torontois Absolutely Free, prédécesseur de Fet.Nat et de Victime. Remerciements distingués à Émilie Tremblay et son oeil de lynx photographique. Votez Tremblay! (Sauf peut-être pour Jean, habitants de Saguenay).

FET.NAT

Photo : Émilie Tremblay (collaboration très spéciale)

Le premier « lancement protocolaire » appartient à ces messieurs de l’Outaouais. À travers un électro free jazz et des textes parlés/criés des plus capotés, l’expérience FET.NAT est foutrement divertissante. FET.NAT est absurdement assumé, et cette déconstruction volontaire suscite l’intérêt, qu’on apprécie musicalement ou non. Longue histoire courte, le groupe gatinois lance son long jeu intitulé Le Mal. Aussi maléfique que la voix amplifiée de JFNO puisse paraître, celle-ci ajoute une couche d’immersion au live jam du collectif. Comme si, à bord d’un vaisseau spatial en déroute, une voix agressive nous sermonnait dans les haut-parleurs. Même si l’électro jazz est prédominant, les courants musicaux s’entremêlent, se dispersent et causent une altercation auditive assez prononcée. FET.NAT sont des élèves assidus; ils ont même apporté leurs supports visuels pour rehausser la prestation. Avec les cartons thématiques écrits au feutre, l’audience pige (ou non) la décantation théâtralement déjantée. L’affiche « Poule Mange Poule » désigne même une de leurs pièces. Blague à part, la révolte anti-policière scandée par le groupe est suivie d’une critique sociale antiraciste des plus appréciées. Je reçois même un « léger » velours en la personne de JFNO lors de sa descente aux enfers. Tenant son panneau cartonné « Tiens-moi la vie », il se lâche mollement dans nos bras avant de marcher à travers les pantoumiens et pantoumiennes. Bon, je dois aussi dire que le fait de troquer un sax ténor immense pour un minuscule sopranino me fascine énormément.

Des exemples de cartons :

« Trust Cops », « No Money », « Ginette/Jazz », « Poule Mange Poule », « Tiens-moi la vie »

Photo : Émilie Tremblay (collaboration très spéciale)

Victime

Photo : Émilie Tremblay (collaboration très spéciale)

Suite à sa naissance le trois mars dernier, la bestiole à six pièces Mi-tronc, mi-jambe prend forme devant nos yeux. Littéralement à la maison, Victime est plus que confortable sur la scène du Pantoum. Étrangement/agréablement « tranquilles » en début de perfo, Laurence Gauthier-Brown, Simon Provencher et Samuel Gougoux prennent leur erre d’aller en déclinant leur nouveau bébé. Certes, je les trouve plus posés qu’à l’habitude, même si l’attitude punk se fait sentir à plein nez. À noter que certains morceaux « mélodieux » et cuivrés rehaussent ce sentiment « paisible », avec Dénégation pour exemple marquant. La disposition scénique est visuellement attrayante et originale, la batterie de Gougoux étant mise en évidence au centre de l’action, sonnant les cadences. À peine un mois après la succulente vitrine au District dans le cadre du Phoque OFF, je perçois, encore une fois, une harmonie méticuleuse entre les accords saccadés du trio. Véritable savant fou à cordes raides, « PouPou » Provencher agence parfaitement son jeu de pédales en pied de bas et son picking. Même combat pour Laurence G-B avec le rythme de ses lignes de basse et ses incantations criées.

Victime est un dérapage contrôlé ou le noisy punk prend tout son sens, même dans le fossé.

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