Reuben and The Dark (+ Ombre) – L’Anti Bar & Spectacles, 27 février 2019

Reuben and The Dark – Photo : Adrien Le Toux

Près de six mois après son dernier passage dans la Vieille Capitale, Reuben and The Darkrécidive au même endroit, à l’Anti. Par un mercredi soir au froid canardesque, Reuben Bollock et ses potes musiciens de Calgary avaient la tâche ardue de réchauffer nos coeurs… et nos oreilles. Résultat final, la délégation, propulsée par la réputée maison de disque Arts & Crafts, a enchanté l’audience avec ses envoûtantes aventures néo-folk. Clairement, un des thèmes principaux de la soirée a été la sortie des sentiers battus. Une mention spéciale à notre revenant et vétéran du clic photographique, Adrien Letoux, à cet effet. En masochiste que je suis, j’ai aussi tenté l’expérience d’écrire cet article dans la langue de Shakespeare (à lire très bientôt sur notre version anglaise, qui est en cours de préparation). En tentant de résumer du mieux que je pouvais cette soirée en anglais, je me croise les doigts pour recevoir plus de fleurs que de roches.

Précédant le plat de résistance albertain, levons nos verres pour notre groupe on ne peut plus local, Ombre!. Dans un folk introspectif et sensible, Dany Asselin et Gabriel ont formé un duo pour l’occasion.

Mentionnant plus tôt la sortie de leur zone de confort, Bullock et sa bande ont entamé le spectacle a capella/unplugged avec leur propre version de la célèbre Hallelujah. Dès cet instant, une énergie drôlement spirituelle quasi ésotérique émanait des musiciens.

Suite à cette envoûtante introduction, le groupe a grimpé sur la scène pour débuter leur programme « conventionnel ». En plus du charismatique maître de cérémonie qu’est Reuben Bullock, Shea Alain (guitare/clavier), Ian Jarvis (basse) and Dino Soares (batterie) complètent l’alignement. Brillant tel un lever de soleil musical (oui, je suis quétaine), leur indie folk lumineux résonne à merveille aux quatre coins de l’Anti. Nous assistons à une session presque privée.

« How many of you guys were there the last time we played in Quebec City? »
« Cuz we sold the same amount of tickets »
« But hey! We will keep coming back » – Reuben

Reuben and The Dark – Photo : Adrien Le Toux

D’un positivisme déconcertant, Reuben nous a promis d’apprendre quelques mots de français pour leur prochain passage en ville. Enchaînant principalement les pièces du deuxième opus « Arms of Dreams », ils ont ajouté au programme leur succès (ou cours de tir à l’arc mélancolique) nommé Bow & Arrow. Fermez vos yeux, ouvrez vos oreilles et profitez du moment.

You’re a bow and arrow
A broken guitar
While the rain, water washes away who you are
We go over the mountains and under the stars
We go over the mountains and under the stars

Ironiquement, Bullock grattait une vieille branche arrachée en guise de guitare. Plusieurs passages mémorables restent de cette soirée mais un de mes préférés est certainement l’interprétation de Heart in Two.

And I broke my heart in two,
one for me and for you…

« Oh you broke mine too Reuben! »

Une écoute de Reuben and The Dark est un voyage imaginaire à travers rivières et montagnes. Expressément créé pour des escapades planifiées ou improvisées, nous pouvons facilement s’imaginer entourés d’impressionnants panoramas. À l’instar de ce velours personnel, celui de Bullock est de se pavaner à travers la foule, chantant et fixant les amateurs directement dans le globe oculaire.

Reuben and The Dark – Photo : Adrien Le Toux

L’exercice de « tenter quelque chose de nouveau » continue lorsque Reuben a repoussé ses limites de l’inconfort en jouant seul sur les planches. Rejoint par ses comparses un peu plus tard, ils ont greffé à la soirée un hommage à Gord Downie avec la reprise de Bobcaygeon, popularisée par The Tragically Hip, dont Gord était le leader. Cette dédicace officielle a été enregistrée à titre d’oeuvre caritative et tous les fonds amassés iront à la fondation Gord Downie and Chanie Wenjack, venant en aide aux Premières nations. À parier que Gord Downie serait fier!

La perfo s’est conclue de la même manière dont elle avait débuté…. débranchée, une seule guitare à l’appui et la chorale à notre hauteur. Une splendide démonstration de voix puissamment chaudes mais aussi d’une forte connexion avec l’audience captivée.

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