Le 9 novembre dernier, nous avons eu droit à un orage rock d’une grande violence pour nos tympans et nos vertèbres cervicales. Un trio de groupes remplis d’énergie et proposant des déclinaisons variées du guitare-basse-batterie. La bière coule à flots, y’a une belle crowd, ça va être chaud.

The Castagnes’s – Photo : Nicolas Padovani

Premier groupe à monter sur scène, le duo frère-soeur montréalais The Castagne’s a surpris à peu près tout le monde avec son énergie brute et son « fuckin’ sens de la mélodie » (c’est exactement ce que j’ai noté). Comment décrire leur musique? Euh… mettons que The Castagne’s est ben trop propre pour être punk. Par contre, le duo est en même temps ben trop power pour être pop. Ça joue vite, ça joue fort, ça joue bien. Pis des bonnes tounes. Les riffs de Phil sont aussi simples qu’ils décoiffent. À la batterie, Marj en impose, alternant son attention entre sa batterie et un public encore timide mais vachement attentif pour une première partie de show rock à Québec. La batteuse s’est même transformé en chanteuse à quelques reprises, venant même nous dire un petit bonjour sur le parterre. Une grosse demi-heure de musique interprétée avec aplomb. À revoir.

 

Bronco – Photo : Nicolas Padovani

Après une courte pause, question de se rafraîchir le gosier, un groupe de Québec que j’ai déjà vu à quelques reprises, mais avec qui les retrouvailles sont toujours joyeuses : Bronco. La troupe menée par la chanteuse Gabrielle Bégin, qui est présentement en mode écriture, s’est permis de faire une petite sortie, question de nous ressortir quelques vieux morceaux de hard rock bien bluesé et nous présenter un peu de nouveau matériel. Comme toujours, on se laisse aller au son des guitares bien lourdes, de la rythmique imposante et de la voix assurée de Bégin. On a hâte d’en entendre davantage.

 

Fuudge – Photo : Nicolas Padovani

Ne restait plus que la tête d’affiche, le groupe qui avait cassé la baraque à Coup de coeur francophone quelques jours plus tôt et qui lançait le jour même une tonne de briques condensée dans une galette intitulée Les Matricides : Fuudge. Après avoir lu le compte rendu de mon camarade Louis-Philippe Labrèche du Canal Auditif, pas besoin de vous dire que j’étais gonflé à bloc, comme la plupart de mes camarades de rock pour la soirée. La foule, jusque là très sage, s’est approchée de la scène et votre humble serviteur, qui avait passé une bonne partie de la soirée seul aux premières loges, était subitement entouré de gars (surtout) et de filles (quand même nombreuses) prêts à se faire aller les cheveux.

Au menu : un show en trois parties, où « Les Matricides » sont mises en vedette. Et ça commence comme sur l’album, avec une Capricorne si planante qu’on oublie momentanément que ces gars-là jouent généralement la pédale au fond. Pendant quelques instants, je me suis revu avec mes chums à 14 ans, debout sur une chaise de plastique sur le parterre du Stade olympique, en train de crier tout le contenu de mes poumons (encore roses à l’époque). Je planais de même.

Fuudge – Photo : Nicolas Padovani

Fuudge nous sort brutalement des années 1960-1970 pour nous ramener à 2018 avec une combinaison gauche-droite des plus brutales : Toé t’as toute fucké la game et Je sais pas comment faire avec les filles. Ça, c’est un peu comme si tu faisais suivre Shine on You Crazy Diamond par In Bloom et Heart-Shaped Box. C’est là qu’on se rend compte que David Bujold niaisait pas quand il disait rêver de croiser Syd Barrett et Kurt Cobain.

Avec sa voix haut-perchée et son jeu de guitare lourd et intense, Bujold nous aspire dans son univers parallèle, où il nous accueille avec ses complices de choc : un Olivier Laroche aussi heavy que brillant à la batterie, qui martèle ses beats comme autant d’uppercuts bien placés; un Pierre Alexandre qui mélange groove et pesanteur à la basse et qui prend énormément de place derrière les guitares fuzzées de Bujold, notamment sur À temps; et un Vincent LaBoisonnière aussi nuancé aux claviers que les autres sont brutaux.

Fuudge – Photo : Nicolas Padovani

Après une À temps qui nous ramène joyeusement dans le gros prog mathématique, on profite d’un petit moment de répit avec la psychédélique Toi aussi, suivi d’une Satan qui nous annonce un bon gros bloc bien baveux de vieilles tounes tirés des EP du band. On passe à travers le « bon vieux temps » avec joie, on trippe, on headbang, on sourit à nos voisins qui nous renversent de la bière dessus, on se dit qu’un gros show avec Gros Mené (on pourrait appeler ça Gros Fuudge), ça serait vraiment trop bon au Parc de la Francophonie en juillet prochain, on crie ben fort notre enthousiasme à la fin de chaque toune pis ouais, on embarque même dans le moshpit.

On est déjà pas mal repu au moment de retourner aux chansons des Matricides. Face B, à l’envers. Pas grave. Avec des tounes comme On est une gang de moumounes et Si c’est ça qu’tu veux, il reste encore de belles séances de headbanging à venir. Comme de fait, après une Les Matricides psychédélique à souhait, dès que le rock lourd revient avec Pauvre enfant, on se fait aller la tête, on se brasse entre nous, ça fait longtemps que j’ai pas eu autant de contacts physiques avec du monde (ça aide de laisser la photo à Nicolas).

Et si le show finit avec pas mal plus de décibels qu’il a commencé, nous, au pied de la scène, malgré la fatigue, l’alcool, les bleus sur les bras et l’odeur de bière sur notre linge, on a le même enthousiasme qu’au début.

Fuudge est un groupe d’exception et son leader est un musicien redoutable, comme tous ses complices. Depuis quelques années, chaque rendez-vous est un incontournable et chaque fois, on en ressort avec le besoin de prendre un rendez-vous chez le chiro, mais surtout, avec un sourire béat à chaque fois.

Ça nous permet d’oublier toute la sloche qui nous attend à la sortie.

 

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