Jugez-moi : je suis entrée au Maelstrøm pour couvrir Choses Sauvages et Foreign Diplomats alors que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre… genre no clue at all. N’ayant pas eu le courage de mordre dans le fruit « Diplovage » en solo un vendredi soir, j’ai réussi à convaincre un bon pote, fan inconditionnel d’Iron Maiden, de m’accompagner, le tout à l’aide d’arguments plutôt vagues sur la nature de ce qui nous attendait.

Choses sauvages – Photo : Jacques Boivin

À notre arrivée, nous avons pu constater que les friperies de Saint-Roch avaient dû vivre une recrudescence d’achalandage dans les jours ayant précédé l’événement, parce qu’une proportion appréciable des hipsters de la basse-ville (comme moi) ont trouvé refuge au café trendy, transformé en salle de spectacle indie pour l’occasion. On ne pouvait pas espérer dans un tel lieu une acoustique de l’envergure de celle du Palais Montcalm; le premier groupe au menu a dû composer avec les contraintes de cette vieille petite salle rectangulaire dépourvue de promontoire pour faire résonner adéquatement leur groove électro-pop. La surcharge des graves et la difficulté à bien percevoir la voix vaporeuse du chanteur (j’ai constaté qu’il chantait en français à la deuxième chanson seulement… oopsie) ont affecté un peu notre appréciation initiale de leur prestation, mais l’ambiance survoltée et l’enchaînement de beats plus délicieux les uns que les autres ont fini par compenser la petite déception. La salle était comble, l’auditoire, plus que fébrile, et le mercure n’a cessé de grimper au rythme des sons endiablés de leur plus récent album éponyme Choses Sauvages paru sous l’étiquette Audiogram. Le quintette franco issu de la métropole nous a offert avec beaucoup d’énergie et un soupçon d’immaturité bon nombre de titres formant leur discographie, notamment leur single L’Épave trouée et leur tube La valse des trottoirs, sur lesquels tout le monde a chanté et s’est trémoussé. Nous avons même entrevu un mosh pit sur Superstition. (Cette toune me rappelle d’ailleurs le jeune Dumas, vous ne trouvez pas?)

Foreign Diplomats – Photo : Jacques Boivin

La table était particulièrement bien mise pour la deuxième moitié du spectacle dit « intime-ish » (haha, elle est bonne!) assurée par Foreign Diplomats. Les cinq talentueux musiciens étaient en feu, se départissant bien vite de leurs vêtements superflus pour s’adonner à leur art sans contrainte. Ils ont livré avec aplomb leur pop indie déjantée, qui demeure, je pense, plus accessible que le style de leurs prédécesseurs. J’étais légèrement déçue de ne pas être aux premières loges, ayant l’impression de passer à côté de l’essence du spectacle, mais c’est la vie! La qualité sonore était nettement supérieure à cette étape de la soirée, du moins d’où nous étions, et l’ambiance était toujours, sinon plus festive, alimentée par l’énergie contagieuse des gars sur scène. J’ai particulièrement apprécié l’arrivée majestueuse du trombone, qui a fait éclater la baraque (était-ce sur Mexico? Je ne me rappelle pas, mais c’était génial). J’espère que le plancher ancestral du Maelstrøm a tenu le coup, parce qu’il a clairement vibré accoté toute la soirée!