Le 8 juillet dernier, Thomy Robitaille m’accueillait chez lui en compagnie de son acolyte Xavier Carrier-Beaudin. Leur groupe Sweet Tooth a tout juste un an et ils préparaient leur spectacle du 10 juillet dans le cadre du FEQ. Une soirée qu’on a couvert d’ailleurs. Malgré les absences de Patrick Guérard (basse) et Xavier Laprade (batterie) lors des discussions, Thomy et Xavier ont répondu pour eux. Une entrevue sans filtre aux allures d’un verbatim à 80%.

Photo: Gabriel Tremblay

«On en a besoin man, comme de l’oxygène… Donnez-moi, Donnez-moi de l’oxygène! c’était bon ça, mon père la faisait en show».

Parlant d’oxygène, quel gars déplace de l’air dans le groupe, est-ce que vous êtes tous aussi perfectionnistes?

Xavier: «Moi et Xavier Laprade on est les deux plus téteux, on compose pendant les jams. On veut faire du classic rock, notre ligne directrice, c’est le rock.»

On veut rester les deux pieds sur terre, on veut que nos jams soient efficaces tout en sortant de l’ordinaire. L’indie populaire, on en écoute, on aime ça mais c’est pas ce qui sort de nous naturellement.

-Pourquoi avoir choisit Sweet Tooth? La dent sucrée est en quel honneur? Je sais que vous ne vous êtes pas rencontrés dans une confiserie…

Thomy: C’est Xavier qui a choisi ce nom-là.

Xavier: Ça ne vient pas de mon amour pour les bonbons. Même si on en mange présentement. C’est surtout pour désigner les petits plaisirs de la vie.

Thomy: La connotation de la saveur, du côté frivole, une petite gâterie. C’est simple à prononcer aussi, phonétiquement parlant. On ne peut pas associer le nom à un style non plus.

Xavier: On pourrait être un soundcloud rapper pis tu le saurais pas. J’ai lancé l’idée et ça a pris un certain temps d’acceptation, on laisse ça sur la glace et si vous trouvez mieux, vous m’en parlerez. Le jour de notre premier show, on avait besoin d’un nom.

Photo: Sweet Tooth

Décrivez-moi votre première rencontre, comment le groupe est-il né?

Thomy: En plusieurs étapes, mais on s’est rencontrés parce qu’on travaillait au même magasin de musique. Je cherchais un chanteur et Xavier m’a dit « moi, je chante!».

Xavier: J’avais jamais chanté dans un band, c’était un mensonge! Je chantais dans ma douche, dans mon appart, je me trouvais bon.

Thomy: On l’a essayé et ça a été un agréable coup de pelle au visage. Une vraie perle!

Xavier: Avant même qu’on arrive au studio, Thomy me demandait «Tu chantes comme qui?». Comme le chanteur de Rival Sons mais finalement, je chante pas du tout comme lui. Malgré tout, ce band-là est une une grosse influence pour Thomy et moi.

Justement, parlez-moi de vos influences précises, selon votre style stoner/rock psychédélique.

Xavier: On se voit plutôt comme un groupe classic rock qui peut passer d’une lourde stoner à une ballade blues.

Thomy: Personnellement, j’ai grandi avec Led Zeppelin, Pink Floyd et AC-DC donc oui, ces groupes-là sont des influences de jeunesse. En vieillissant, les projets de Jack White m’ont beaucoup influencé.

Thomy et moi avons échangé, comme dans un match de ping-pong, se relançant sur ses groupes favoris: The White Stripes, Dead Weather, The Raconteurs…

Thomy a enchaîné sur l’amour qu’il a pour l’électro, notamment pour M83 et Ratatat. Xavier a raconté son passé emo et l’origine de sa voix aïgue, nommant des groupes comme The Used ou From First To Last. Bref, on étaient trois mélomanes qui se balancent des bands et en jasent pendant vingt minutes.

Xavier: Un noël, mon père m’a acheté un paquet de CD d’AC-DC et pendant un an, je n’écoutais que ça! Bon Scott, le premier chanteur d’AC-DC est une immense influence pour moi. Définitivement ma plus grande source en tant que chanteur.

 

Photo: Sweet Tooth

Parlez-moi des deux autres membres, Patrick et Xavier.

Thomy: «Si on parle des autres membres, Patrick est aussi mélomane que nous, il s’y connaît beaucoup en black metal, entres autres». Pat se laisse aller, c’est libérateur pour lui de jouer avec nous. Il voulait un band comme le nôtre. «Xavier Laprade, notre drummer, je pense que sa plus grande influence est John Bonham (Led Zeppelin). Xavier est le gars le plus formé de notre groupe, il est toujours à l’école d’ailleurs. Xavier est celui qui donne l’esprit à nos chansons. Souvent, il déconstruit, pour le mieux, ce qu’on avait à l’origine».

Thomy, tu ne seras peut-être pas d’accord mais Xavier, est-ce que tu trouves que ta voix ressemble à celle de Robert Plant?

Xavier: J’aime pas vraiment me comparer à un groupe aussi hot que Led Zep et j’ai pas la prétention de chanter comme Robert Plant. Oui, il est une grosse influence malgré tout.

Thomy : Oui. La première fois que tu l’entends, tu te dis «OK, Robert Plant est en train de me jouer dans la face» mais quand on l’analyse, il va chercher un côté plus nasillard et aïgu.

Xavier : Thomy aussi, Jimmy Page l’a influencé. Le côté croche que Thomy aime, ça vient de Led Zeppelin.» Les Rolling Stones nous ont influencés, on en avait pas parlé mais j’adore la présence sur scène de Jagger. Si je peux être comme lui à son âge, je vais être content. Je suis pas parti pour ça mais bon… (Ajouter un rire en canne de nous trois à, l’image d’un mauvais sitcom)

GT: Toi Thomy, voudrais-tu être comme Keith Richards?

Thomy: «Tellement, c’est pour ça que je continue à fumer!»

Plus tôt, on jasait de votre style, vous le décrivez comment?

Xavier et Thomy : Du classic rock revival, non pas parce que le rock est mort, mais plutôt en référence à nos influences des années 60 et 70. Au final, on est large et on ne veut pas s’imposer de style niché, comme le stoner. L’important c’est que les gens aiment, peu importe le style qu’on nous donne. Par exemple, Have you no love ou All over again ne sont pas stoner selon nous. On va même chercher des sons plus blues et soul en spectacle.On veut qu’en écoutant l’album, que chaque titre soit différent, qu’on passe du coq à l’âne.

 

Vous parliez de l’album, on peut l’attendre pour quand?

Thomy : «On va le sortir au bon moment!» Justement, après le Festival d’été, on va embarquer dans une grosse zone. On pense à sortir un long-jeu, directement. On a un peu laissé de côté l’idée du EP. Pour ce qu’on a déjà sur le bandcamp, c’est moi qui a mixé donc c’est vraiment «self-produce». On s’occupe de la promo, du booking, on s’occupe de tout. Ça reste dans la famille! Pour l’instant, on veut juste susciter un engouement et répandre la bonne nouvelle. L’important présentement c’est d’amener du monde à nos prestations. On aime beaucoup les collaborations, notre show du FEQ par exemple, tu l’as deviné mais on va avoir un sitar. On veut que nos spectacles soient uniques, autant pour les amateurs que pour les connaisseurs. Pour revenir à la question, on aimerait avoir quelque chose de physique pour le début 2019.

Xavier : On dirait que maintenant, avec le modèle que les plateformes comme Spotify a amené, on se dirige vers la sortie de singles de temps en temps. On a aussi le projet de faire un live session bientôt. On se dit que si on sort du matériel régulièrement, on reste dans la tête des gens et c’est ce qu’on veut. On est aidés par Antoine Boily (Tiger Tea Club) pour ce qui est de l’enregistrement et des prédispositions, surtout à la batterie et à la basse. On s’entend que pour notre modèle, pour nous faire connaître, sortir des morceaux régulièrement, c’est gagnant. On va le faire notre album en vinyle, mais ça ne sera pas payant!

«Ark c’est à la réglisse noire!» – Thomy

«Prenez-ça en note, Sweet Tooth n’aime pas la réglisse noire» – Xavier

 GT: C’est pas assez sucré!

Vous avez un musicien/groupe à faire revivre pour un soir seulement, vous choisissez qui?

Xavier : Sans hésiter, Bon Scott, le premier chanteur d’AC-DC. «Il y en a d’autres mais c’est vraiment lui que je voudrais entendre, qu’il me crache dans la face!»

Thomy : Je vais être «odd» un peu et c’est même pas un guitariste. Je ramènerais Janis.

GT: Janis Joplin est aussi mon choix et on ne s’étaient pas consulté avant!

Thomy : Probablement que Laprade prendrait John Bonham.

Xavier : Pour Patrick, c’est une bonne question! Tupac!!! Ouais, Tupac. Ses beats ont bien vieilli.

Êtes-vous stressés pour mardi (10 juillet)? L’Anti, c’est presque votre cours-arrière.

Thomy : On est résident là-bas! Pas vraiment sérieux et de toute façon, on est jamais prêts pour nos shows.

Xavier : Non, on a rien de prévu, c’est un peu notre vision aussi.

Les gars se sont bien débrouillés d’ailleurs!

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here