Ragers
Raw Footage

Avec la parution de Raw Footage, Phil Marcoux-Gendron et les frères Prévost (Jake et Jay) nous proposent un premier long jeu aux saveurs hip hop méticuleusement concoctées. Après la production de leurs EP intitulés Joshua et Unum, sortis respectivement en 2017 et en 2016, le trio sud-montréalais entame la saison estivale avec énormément de panache. Relativement méconnu des scènes de la Vieille-Capitale, le collectif jouit d’une popularité grandissante chez nos alter ego de la région métropolitaine.

Comme en témoigne cette galette thématique d’une génération frivole, la démarche artistique des Ragers prône le collectivisme. Contrairement à certains MC qui s’isolent pour l’écriture de leurs verses, les représentants du « sale sud » s’unissent en totalité lors des sessions de studio, que ce soit pour l’écriture ou pour l’ajout de couches instrumentales. Dans un univers hip hop contemporain où les « simples » productions digitales créent l’ambiance entière, je lève mon chapeau aux rappeurs comme eux qui mélangent leurs sons aux basses et batteries organiques.

Ragers est un projet évolutif alliant une panoplie de différents alliés de la scène urbaine. Raw Footage ne déroge pas du cadre fusionnel, et les collaborations d’envergure sont nombreuses sur l’album. On y compte de grosses pointures comme Rymz ou Valaire et s’additionnent des étoiles montantes comme Mike Shabb, Flawless Gretzky et Lou Phelps. Je ne pourrais passer sous silence le court mais ô combien puissant verse de David Lee sur Jeunes & Fly. Cette dernière se retrouve d’ailleurs dans ma sélection printanière parue la semaine passée (imaginez-vous un clin d’oeil). 

Tantôt incisives, tantôt posées, les portions instrumentales des « enragées » varient drastiquement de morceau en morceau. À l’écoute, les oreilles fines entendront des sonorités soul, trap et parfois même nu-disco. Parlant de disco, la décontractée Alright composée avec les gars de Valaire sort positivement du lot avec sa finale cuivrée.

Suivant l’ordre de l’album, ou l’ordonnance (autre clin d’oeil), la Medicine contre la rage est une injection teintée de funk administrée par le docteur Phelps.

Évidemment, leur Medicine fait référence aux substances illicites et à la gent féminine. La pièce d’introduction, Fools, est selon moi la claque au visage idéale pour entamer un opus. « Proprement » dit, elle est probablement la plus raw ou explicite, si vous n’êtes pas familier avec le sens urbain du terme.

Cru mais si bien rendu, le produit qu’a livré Ragers vendredi dernier peut déjà être considéré, à mon humble avis, comme un des albums hip hop de l’année. À quand le prochain passage à Québec?

 

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