Accompagnée de ses fougueux Bélugas, l’auteure-compositrice-interprète Fria Moeras était aux Apéros FEQ du District Saint-Joseph le 12 avril dernier pour lancer son EP La peur des animaux, un maxi de quatre pièces aux accents résolument rock et bien définis (surtout quand on considère que le projet n’a qu’un an et demi…).

Si on se fie au public présent, la (très) jeune femme à l’attitude plus qu’originale compte déjà de nombreux fans, qui sont venus expressément pour l’écouter (attentivement en plus, ce qui est loin d’être toujours le cas à l’heure de l’apéro).

Se plaignant d’un léger mal de gorge, Fria nous a avertis que sa voix ne serait pas à son meilleur. Pourtant, ceux qui l’ont vue à plus d’une reprise (dont votre humble serviteur) n’y ont vu que du feu. Faut dire qu’on ne se concentre pas uniquement sur les textes, on écoute aussi attentivement la musique, où le mélomane chevronné trouve son compte : les influences sont nombreuses, mais subtiles (le vieux croûton que je suis y entend quand même quelques touches de The Cure, début des années 1980).

Fria en a profité pour faire quelques reprises, dont une exquise d’un certain Jean Leloup (à qui elle dit tout devoir)… Johnny go, chantée au lieu d’être rappée, pendant que ses musiciens s’en donnent à coeur joie, en plus de Nos corps, de Jimmy Hunt, plus groundée que l’originale tout en étant aussi efficace.

Ces chansons s’intègrent parfaitement à l’univers coloré de Fria Moeras. Peut-être est-ce parce que justement, ces deux artistes lui ressemblent un peu : capables de mettre un peu de mordant dans des histoires plus introspectives ou, au contraire, d’adoucir les tempêtes.

Si vous ne l’avez pas encore fait, nous vous conseillons d’aller écouter La peur des animaux. Vous y entendrez le travail d’une jeune femme qui, à l’aube de la vingtaine, présente déjà pas mal tous les signes d’une artiste d’ici qui ira très, très loin. On vous le garantit.