Après avoir clairement célébré nos artistes locaux, émergents et indépendants préférés mercredi, nous nous sommes dit : « Jeudi, on se gâte ». Nous sommes donc allés rejoindre quelques dizaines de milliers de vieux trentenaires et de jeunes quadragénaires sur les Plaines, question de tripper pendant quelques heures avec une légende de notre génération : Beck Hansen.

On vous raconte notre journée :

LaF – Photo: Marion Desjardins

LaF

D’entrée de jeu, LaF nous invite dans sa Casa Libre éphémère qui a pignon sur rue au cœur du FEQ. Malgré l’heure hâtive de ce concert hip/hop, la scène Fibe abonde d’amateurs du genre. Le collectif rap montréalais, gagnant des dernières Francouvertes en est à sa première prestation dans notre grand village. Décidément, Les MCs Bkay, Jah Maaz et Mantisse ont prit leurs vitamines. Avec de l’énergie à revendre, un flow du dimanche et de la haute voltige sur les planches, les gars de Ville-Marie alternent les morceaux du EP Jello et de la galette complète de Monsieur-Madame. Le contraste des voix est un élément tellement rafraichissant dans l’univers de LaF. De vives voix, le français purement québécois et presque joual de Mantisse s’agence tellement bien à celui plus normalisé de Bkay et au français posé de Jah Maaz. Le dj/beatmaker BLVDR s’occupe de tourner les sons, tantôt cloud actuelle (éternelle), parfois gangsta rap vieillot (6h30). On ne peut passer sous silence l’excellente utilisation de l’ensemble de la scène. Parlez-en à Mantisse qui saute à gauche et à droite tout en balançant ses verses. (Gabriel Tremblay)

Zach Zoya – Photo: Marion Desjardins

Zach Zoya

Un vrai diamant trouvé dans les mines d’Abitibi-Témiscamingue, la coqueluche de 7e Ciel est de retour à Québec pour enflammer le pigeonnier. En ouverture de grosses pointures comme London on Da Track et MGK, le rappeur québécois est là pour affirmer que son trap anglophone n’est pas seulement un feu de paille. En voilà un autre qui grouille énormément sur scène, surtout sur Who Dat, titre phare de sa lancée hip/hop. Rassembleur, il amène ses acolytes près de lui pour une chorégraphie finale aux notes reggae. L’histoire du jeune mc ne fait que commencer mais elle est déjà prometteuse. Tenez-vous au jus! (Gabriel Tremblay)

Girls in Hawaii – Photo : Jacques Boivin

Girls in Hawaii

C’est devant des Plaines encore dégarnies que Girls in Hawaii, un sextuor belge, avait la tâche d’ouvrir une soirée rock fort prometteuse sur la plus grosse scène de festival. La troupe qui connait un bon succès en Europe a offert un indie-rock efficace bien que parfois un peu convenu. On navigue dans une musique aux nombreuses références britanniques, mais aussi à des pointures comme The Shins ou Grandaddy. C’était une belle mise en bouche, mais le groupe aurait été plus percutant dans un cadre plus intime comme le parc de la francophonie. (Julien Baby-Cormier)

Phoenix – Photo : Jacques Boivin

Phoenix

La troupe française venait pour la première fois défendre son répertoire à Québec. Le FEQ, juste avant le légendaire Beck, représentait pour eux une fantastique occasion de faire bonne impression devant une imposante foule. Leur pop lourde a tôt fait d’attirer l’attention des festivaliers emballés d’enfin profiter de la présence de ce groupe mythique des dernières années.

Les pièces Lisztomania et 1901, toutes deux issues du prisé album Wolfgang Amadeus Phoenix sorti en 2009 ont été spécialement bien reçues par le public. Le percussionniste Thomas Hedlund est spécialement distrayant à voir à l’oeuvre, lui qui se retrouve souvent debout derrière sa batterie avec un enthousiasme débordant. Le chanteur Thomas Mars semblait aussi passer un très bon moment, lui qui s’est payé deux bains de foule pendant le concert. Ce fut donc une performance réussie et assurément satisfaisante pour ces Français! (Julien Baby-Cormier)

Beck – Photo : Jacques Boivin

Beck

Un des irritants majeurs dans un festival, c’est de voir un artiste qu’on attend avec impatience charcuter sa grille de chansons par manque de temps. Hier, suite à des retards possiblement causés par des performances un peu plus longues des premières parties, Beck a pris la scène avec une quinzaine de minutes de retard. Le couvre-feu semble plutôt strict au FEQ (n’est pas Foo Fighters qui veut!) et le résultat direct fut qu’il ne restait qu’une petite heure à Beck pour faire son set principal. Lorsqu’on prend connaissance de la demi-douzaine de chansons supplémentaires jouées à Laval plus tôt dans la semaine, on en vient à regretter un peu qu’on n’ait pas eu droit au concert complet. Parfois une seule première partie avec une tête d’affiche qui commence à 21h, ça peut aussi fonctionner!

Beck – Photo : Jacques Boivin

En conséquence, on a essentiellement pu profiter de deux trucs: des récentes pièces issues du sirupeux disque Colors lancé l’an dernier et des grosses bombes tirées de la dizaine d’albums de sa fructueuse carrière. Les morceaux moins connus furent donc pratiquement tous mis de côté à l’exception de Go It Alone. Il n’a d’ailleurs par perdu de temps en offrant dès le départ Devils Haircut et Loser, un excellent moyen de conquérir la foule. Il a ensuite alterné entre les classiques et les nouveautés qui avaient le point commun d’être des chansons de party visant essentiellement à faire bouger ses admirateurs, visiblement vendus d’avance. Mixed Bizness, Wow et The New Pollution ont tous touché la cible sans aucune difficulté, Beck évoluant sur scène avec l’aisance et le charisme qu’on lui connait. En milieu de parcours, il a offert un trio de pièces acoustiques jouant d’abord la ballade Debra (en y ajoutant un sympathique clin d’oeil à Québec) avant de tenter en vain d’obtenir la participation de la foule pour entonner Raspberry Beret de Prince. Il a tout de même demandé à celle-ci de choisir entre deux chansons (Lost Cause et Blue Moon, qui fut l’heureuse désignée) pour clore ce segment avec le reste de ses musiciens. Tout ça s’est terminé le pied au plancher avec Dreams, la puissante Girl et l’indémodable E-pro.

Beck – Photo : Jacques Boivin

Après une heure c’était déjà la fin et nous avons eu droit à un long rappel tournant autour du succès Where it’s at, pendant lequel il a présenté ses acolytes qui y sont allés de courtes reprises variées. Il a aussi joué de l’harmonica en chantant une de ses premières chansons One Foot in the Grave, un moment particulièrement sympathique.Beck a entonné une dernière fois le refrain de Where It’s At et c’en était fait. À voir les mines déçues lorsque les lumières du festival ont annoncé la fin du concert, on peut conclure que la majorité des spectateurs ont adoré leur soirée et en auraient pris davantage. (Julien Baby-Cormier)