Cabaret Festif, soir 1 : du talent, en veux-tu? En v’là!

Homebrew Remedy – Photo : Charline Clavier

Après une très, très, très longue pause, le Cabaret Festif était de retour samedi dernier en nous proposant une première soirée de qualifications qui promettait beaucoup (et qui a répondu à toutes les attentes). Dans un Cabaret de la Maison Otis rempli à craquer (so long, distanciation physique) de mélomanes masqués (faut y aller progressivement, même si c’est dissicile), on a pu voir du folk-bluegrass pas mal technique, du rock doux, mais intense, du rock and roll pas mort pantoute et de la pop pleine de candeur et de désinvolte.

Compte rendu d’une soirée où votre humble serviteur a eu beaucoup de plaisir.

HomeBrew Remedy

Homebrew Remedy – Photo : Charline Clavier

Eh boy! Si HomeBrew Remedy avait terminé la soirée plutôt que de l’ouvrir, le toit du petit cabaret de Baie-Saint-Paul aurait probablement été soufflé. Parce que voyez-vous, le septuor montréalais en avait dedans! Le groupe aime ça commencer lentement, le temps de bien installer son histoire. Ensuite, l’entrain monte progressivement avant de nous permettre d’atteindre une apothéose qui aurait bien pu se transformer en moshpit si on avait été sur une scène extérieure du Festif. Les seuls (petits) reproches qu’on pourrait leur faire, c’est qu’on ne comprenait pas toujours les paroles (dommage, parce que sur papier, il s’agit de maudites belles histoires qui méritent d’être entendues). Quand on fait ce genre de musique, l’histoire est super importante, et je pense qu’il faudrait s’assurer que tout le monde puis vivre cette histoire avec le groupe. En outre, on sentait une grande nervosité qui a amené les membres du groupe à faire preuve de prudence (ça a miné un peu leur communication avec le public). Mais dans le contexte, on comprend tout à fait, parce que côté niveau de difficulté, on était loin d’un band qui ne propose que trois accords.

En tout cas, le jury a été fortement impressionné, car il a envoyé HomeBrew Remedy directement en finale! Ça sent la prestation à Forainville!

Gawbé

Gawbé – Photo : Charline Clavier

Ça fait un petit bout que Gawbé est sur notre radar. On l’aime beaucoup, on aime bien son rock smooth (mais pas trop), et on adore sa voix puissante, qui se démarque par rapport à pas mal tous les projets féminins qu’on peut entendre ces temps-ci, et elle écrit de fort jolis textes pour accompagner sa musique. On a vu la jeune femme à quelques reprises, et c’était la première fois qu’on la voyait avec le Gawband, un groupe de gentils bums qui sont venus ajouter trois ou quatre couches de textures aux pièces déjà pas mal riches de l’artiste. Pas besoin de vous dire que nos attentes étaient très élevées! Le défi a été relevé avec brio, mais on aurait aimé là aussi voir un peu plus d’interaction avec le public, on sait qu’elle est tout à fait capable de le faire. À suivre, parce que Gawbé participe également aux Francouvertes, et elle devrait faire bonne impression.

Caractère gras

Caractère gras – Photo : Charline Clavier

Ensuite, le groupe de la place, Caractère Gras, est venu nous dire que le rock and roll n’était pas mort. Clairement le groupe le plus expérimenté de la place, celui-ci se débrouille fort bien avec ses instruments et il est là pour se faire du fun (et nous en donner aussi). Une belle présence scénique, une belle communication avec le public (y’avait des fans dans la salle, ça aide), le genre de groupe que t’invites au Festi-Plage pour vendre beaucoup de bière. On aurait aimé un peu plus d’originalité, tant du côté des mélodies très radiophoniques que des textes un peu convenus. Par contre, il y a un énorme public pour ce genre de rock, et Caractère Gras ne manquera pas d’ouvrage, parce que l’exécution est top notch.

Loïc Lafrance

Loïc Lafrance – Photo : Charline Clavier

La première fois que j’ai vu Loïc Lafrance l’été dernier, je trouvais qu’il avait une petite vibe Gab Bouchard qui s’est levé de bonne humeur. Samedi dernier, j’ai trouvé que son pop-rock plein de candeur avait un petit côté Valence en un peu plus brouillon. Loïc, c’est la candeur, c’est le soleil même quand il pleut, c’est le plaisir de se retrouver une grosse gang sur une scène, c’est la légèreté des chansons et l’omniprésence de petites choses qui nous font sourire en les écoutant. Le genre de gars qui peut se permettre de faire deux ou trois erreurs sur scène sans qu’on le lui reproche parce qu’il nous a tous mis dans sa petite poche d’en arrière dès le départ. C’est le charme du gars qui considère tous les membres du public comme ses amis de longue date et qui jamme avec ses chums. S’il était nerveux, ça n’a jamais paru. Un naturel qui commence à peine la vingtaine, crisse. À mettre sur votre radar au plus sacrant.

D’ailleurs, le public a été fort impressionné, car il a voté pour Loïc, qui affrontera les choix des deux autres soirées dans un vote (où seul les titulaires de passe-curieux pourront voter – fini le concours de popularité!).

Le Cabaret Festif se poursuit le 26 mars (ainsi que les 9 et 30 avril) à Baie-Saint-Paul.

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